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CNews perd Sonia Mabrouk : le « cas Morandini » ouvre une crise

9 février 2026

Temps de lecture : 4 minutes
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CNews perd Sonia Mabrouk : le « cas Morandini » ouvre une crise

Temps de lecture : 4 minutes

CNews perd Sonia Mabrouk : le « cas Morandini » ouvre une crise

Sonia Mabrouk a annon­cé son départ de CNews, invo­quant une « altéra­tion cer­taine et effec­tive » de sa rela­tion avec une par­tie de la direc­tion, après sa prise de dis­tance con­séc­u­tive au main­tien à l’antenne de Jean-Marc Moran­di­ni. Une démis­sion qui expose la chaîne à une séquence de turbulences.

Le départ n’est pas un sim­ple mou­ve­ment de mer­ca­to. Il s’inscrit dans un con­flit de ligne et d’image : rester mal­gré tout, ou assumer qu’un vis­age majeur quitte l’antenne au nom de « la préser­va­tion de l’intérêt des victimes ».

Une démission politique autant que professionnelle

Selon Le Parisien, la déci­sion mûris­sait depuis plusieurs semaines, sur fond de ten­sions internes et de dis­cus­sions avec la direc­tion. Chal­lenges rap­pelle que Mabrouk avait été, dès le 20 jan­vi­er, l’une des pre­mières fig­ures de la chaîne à exprimer publique­ment son malaise sur ce maintien.

L’enjeu, pour CNews, dépasse la per­son­ne de Sonia Mabrouk : il touche à la promesse édi­to­ri­ale d’une chaîne qui se veut pre­scrip­trice et « décom­plexée », mais qui se retrou­ve ren­voyée à une ques­tion sim­ple : la cohérence entre dis­cours pub­lic et choix de cast­ing. À l’heure des cri­tiques con­tre l’ancien min­istre de la Cul­ture Jack Lang, mis en cause publique­ment (enfin) pour une affaire de mœurs (plus un dossier fis­cal en pro­pre et un avec sa fille) dans les dossiers Epstein, il devient déli­cat de ne pas penser à la paille et à la poutre…

Morandini maintenu, la chaîne fragilisée

Le main­tien de Jean-Marc Moran­di­ni, con­damné défini­tive­ment pour cor­rup­tion de mineurs, agit comme un révéla­teur : à par­tir du moment où la direc­tion assume, chaque départ ou con­tes­ta­tion devient un coût répu­ta­tion­nel additionnel.

À cela s’ajoute un sig­nal très con­cret : l’isolement pro­gres­sif de l’émission sur le ter­rain poli­tique. Le Monde écrit que Jor­dan Bardel­la a fini par inter­dire aux élus RN de se ren­dre dans « Moran­di­ni Live », après une série de boy­cotts déjà observés chez d’autres respon­s­ables. Autrement dit, l’argument sou­vent invo­qué con­tre les boy­cotts (« ils craig­nent les ques­tions ») se retourne : ici, c’est l’émetteur qui devient le problème.

Postures et dégâts collatéraux : le match de trop ?

La com­mu­ni­ca­tion périphérique n’a rien arrangé. Après l’annonce de la démis­sion, un post du blog Moran­di­ni évo­quant une « place […] libérée » a sus­cité une vague d’indignation, don­nant le sen­ti­ment d’un com­men­taire hors-sol au regard du motif avancé par la journaliste.

En interne, la séquence ali­mente aus­si les rap­ports de force : Pub­lic rap­porte que Philippe de Vil­liers a lais­sé enten­dre qu’il pour­rait quit­ter la chaîne si Moran­di­ni était main­tenu, tan­dis que Lau­rence Fer­rari avait aus­si pris ses dis­tances avec l’animateur. Reste à voir com­ment réa­gi­ra Pas­cal Praud, véri­ta­ble tête d’affiche de la chaîne, alors que Chris­tine Kel­ly a choisi de soutenir l’animateur con­damné en dépit de ses engage­ments con­tre les vio­lences faites aux enfants.

Dans le même temps, à gauche, Poli­tis a pris pour cible la chaîne et ses fig­ures, en décrivant une crise « dix ans trop tard ». D’autres médias de gauche se font plus dis­crets à l’image de ceux de la Mai­son des médias libres dont le mécène Legrain est mis en cause dans une vilaine affaire d’agression sex­uelle.

Enfin, du côté de Libéra­tion, qui a eu des posi­tions pédo-com­pat­i­bles voire pédo-mil­i­tantes dans le passé, on ne s’embête pas pour tir­er à boulets rouges !

CNews se retrou­ve donc face à une équa­tion clas­sique : tenir une déci­sion de direc­tion au nom de la loy­auté, ou lim­iter l’hémorragie au nom du risque de con­ta­gion et d’un pos­si­ble début de déclin pour la chaîne à suc­cès.

Sonia Mabrouk, elle, quitte le navire en plaidant une ligne morale. La ques­tion, désor­mais, n’est plus seule­ment « qui la rem­plac­era ? », mais com­ment la chaîne pour­ra con­tenir une crise qui com­bine image, invités, et cohé­sion interne. Autre élé­ment à suiv­re : où atter­ri­ra Mabrouk, qui est dev­enue au fil des ans une ani­ma­trice télé à grand succès ?

Voir aus­si : Sonia Mabrouk, portrait

Rodolphe Cha­la­mel