Dans des décisions rendues publiques mardi 10 février, l’ARCOM a annoncé avoir infligé deux nouvelles sanctions à CNews. Cela porte désormais à 26 le nombre de fois où le régulateur a réprimandé la chaîne de Vincent Bolloré depuis 2019.
L’année commence sur les chapeaux de roues pour le gendarme de l’audiovisuel. Ce mardi 10 février 2026, l’ARCOM a en effet pris la décision d’infliger deux nouvelles amendes à la chaîne CNews, le tout pour un montant global de 100 000 euros.
Dans des décisions disponibles en ligne, le régulateur explique avoir acté ces sanctions « pour des manquements dans deux éditions de l’émission l’Heure des pros 2 Été, les 8 et 12 août 2025. »
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Une séquence sur la rétention des étrangers
Dans le détail, la première séquence visée par l’ARCOM portait sur la rétention des étrangers en situation irrégulière. En plateau, l’ancienne ministre déléguée aux Affaires européennes, Noëlle Lenoir, avait déclaré, au lendemain d’une décision du Conseil constitutionnel : « Vous avez des millions d’Algériens qui présentent des risques majeurs, qui peuvent sortir un couteau dans le métro, dans une gare, dans la rue, n’importe où, ou prendre une voiture et rentrer dans une foule. »
Une prise de parole jugée, par le gendarme de l’audiovisuel, « de nature à inciter à la haine et à encourager des comportements discriminatoires à l’égard des ressortissants algériens vivant en France ».
L’ARCOM dénonce en outre le manque de contradictoire en plateau, indiquant dans sa décision rendue publique que « ces propos litigieux n’ont pas été contredits ou modérés par les personnes présentes en plateau ».
Pour cette séquence, l’ARCOM a donc décidé d’infliger une amende de 25 000 euros à la chaîne.
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Une autre séquence sur les Palestiniens
Le deuxième passage mis en cause par le régulateur intervient quatre jours plus tard, le 12 août 2025. Ce jour-là, lors d’une séquence de L’Heure des Pros 2 été, portant sur un contrôleur aérien suspendu pour avoir dit « Free Palestine » à l’équipage d’une compagnie israélienne, la chroniqueuse Françoise Laborde reprend à son compte une observation de la journaliste britannique Mélanie Phillips.
Voici, avec précision, les mots de Françoise Laborde :
« La deuxième chose que je voudrais dire, je voudrais reprendre à mon compte une observation qu’a faite notre confrère britannique qui s’appelle Melanie Phillips. Elle a dit une chose qui me semble très juste. Elle a dit pendant, aujourd’hui, tout l’Ouest libéral, tous les penseurs de l’Ouest libéral, qui pendant très longtemps se sont dits “on est dans le camp du bien, on doit soutenir les opprimés, etc.” ont soutenu les Palestiniens en se disant “les Palestiniens sont des opprimés, c’est épouvantable, il faut les soutenir”, très bien. Arrive le 7 octobre. Et qu’est-ce qu’ils découvrent avec horreur ? Tous ces… j’allais dire, naïfs occidentaux, que ces gens, ces opprimés qui étaient des gens qu’il fallait absolument défendre, se révèlent être les sauvages sanguinaires les plus épouvantables qu’on puisse imaginer, et font un pogrom le 7 octobre […]. Et comme c’est absolument impensable pour toute cette bien-pensance occidentale de se dire que ces pauvres gens qu’ils défendaient sont en fait des sauvages, et bien il y a une sorte d’inversion de la victime. C’est-à-dire que la victime est devenue le criminel et que […] la cible est devenue au contraire l’agresseur. Et c’est ça qui se passe depuis le 7 octobre. C’est-à-dire que depuis le 7 octobre, c’est toute la bonne conscience du wokisme de gauche, du libéral occidental qui est mise en cause par des gens dont on disait “vraiment il faut aider ces pauvres gens”, se révèlent être des sanguinaires épouvantables. […]. »
Dans sa décision, l’ARCOM indique « qu’en associant ainsi l’ensemble des Palestiniens aux auteurs des attaques terroristes du 7 octobre et en les qualifiant notamment de “sauvages” et de “sanguinaires épouvantables”, les propos imputent à l’ensemble des Palestiniens, sans distinction, des comportements d’une particulière gravité ».
Le gendarme de l’audiovisuel dénonce par ailleurs à nouveau le manque de nuance et de contradiction en plateau, « de nature », selon lui, « à encourager auprès des téléspectateurs des comportements discriminatoires à l’égard des Palestiniens ».
Pour cette séquence, l’ARCOM a là décidé de taper fort en infligeant une amende de 75 000 euros à la chaîne de Vincent Bolloré.
Avec ces deux nouvelles sanctions, l’ARCOM aura donc réprimandé, depuis seulement sept ans, à 26 reprises la chaîne CNews, le tout pour un montant coquet de 630 001 euros d’amendes. Un acharnement remarquable et remarqué.
Lorelei Bancharel

