Quatre mois après le début de ce que la presse a appelé « l’affaire Legrand-Cohen », le parquet de Paris a finalement tranché au sujet de la plainte déposée par les deux journalistes pour « atteinte à l’intimité de la vie privée par captation ». La justice a décidé de classer sans suite cette plainte, ce qui n’a pas manqué de faire immédiatement réagir les deux intéressés.
L’éclair du 5 septembre 2025
« On fait ce qu’il faut pour [Rachida] Dati, Patrick et moi. » Il n’aura fallu que ces quelques mots – et quelques images captées en caméra cachée – pour abattre la citadelle du service public.
C’était le 5 septembre 2025. Ce jour-là, le média L’Incorrect embrasait la sphère politique et médiatique en diffusant un enregistrement capté dans un café parisien où l’on aperçoit les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen converser longuement avec des cadres du PS.
Voir aussi : Les médias au secours de France Inter, Patrick Cohen et Thomas Legrand
Rapidement accusés de connivence, les deux journalistes, bien décidés à sauver l’honneur bafoué du service public – accusé de partialité – et à clouer au pilori L’Incorrect, ont porté plainte contre le magazine pour « atteinte à l’intimité de la vie privée par captation ».
Ce 28 janvier 2026, le parquet de Paris a rendu son verdict et a finalement classé sans suite la plainte, jugeant que « le secret des sources rendait impossible la recherche de l’auteur ».
L’auteur de la vidéo non identifié
« Le procureur de la République décide de classer notre plainte contre X et contre L’Incorrect au motif que le secret des sources rend impossible la recherche de l’auteur de l’enregistrement que nous considérons comme illégal », ont ainsi écrit Thomas Legrand et Patrick Cohen dans un communiqué transmis à l’AFP.
Selon Ouest-France, qui cite une source proche du dossier, le parquet a indiqué aux avocats des plaignants « que l’enquête n’a pas permis d’identifier l’auteur de la vidéo révélée par L’Incorrect en septembre dernier ».
D’autres actions en justice à venir
Jugeant être victimes d’une machination et « d’espionnage malveillant », les deux journalistes ont indiqué dans la foulée de cette décision qu’ils ne comptaient pas en rester là. « Le procureur nous indique la possibilité de poursuivre notre action en justice par d’autres voies pour qu’un procès ait bien lieu », poursuivent-ils dans leur communiqué, ajoutant vouloir « démontrer qu’ils ont été victimes d’espionnage malveillant ».
« Nos propos ont été manipulés et interprétés pour nous nuire et nuire au service public de l’audiovisuel à travers une opération qui n’a rien de journalistique », clament-ils.
En attendant la suite apportée à cette affaire par les deux journalistes, notons qu’une autre enquête impliquant Thomas Legrand est actuellement en cours. Fin décembre, l’éditorialiste de Libération a en effet porté une nouvelle plainte après la divulgation par Europe 1 d’une autre conversation privée dans un café, cette fois-ci avec l’ancienne patronne de France Inter, Laurence Bloch.
Sur cette affaire-là, la justice « avance », note-t-on chez Radio France. « Selon nos informations, les policiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la préfecture de police de Paris ont saisi les images des deux caméras de surveillance installées à l’intérieur de la brasserie Le Zeyer », lit-on sur le site de service public. Affaire à suivre.
Voir aussi : Thomas Legrand, portrait
Lorelei Bancharel


