Le 29 juillet, CNews a écopé d’une amende de 200 000 euros de l’Arcom pour « incitation à la haine fondée sur l’origine et la religion ». La sanction vise deux interventions du chroniqueur Erik Tegner, en juin et septembre 2025, dans lesquelles il avait qualifié de « barbares » des casseurs et présenté l’islam comme « une religion de conquête ». La chaîne, qui conteste la décision, a annoncé un recours devant le Conseil d’État.
Pour toucher CNews, l’Arcom a cette fois visé Erik Tegner.
Le jour même de l’annonce d’expulsion de sa chroniqueuse Xenia Fedorova, et un mois à peine après sa dernière mise en demeure, la chaîne a de nouveau été sanctionnée financièrement. Le 29 juillet, le gendarme de l’audiovisuel a infligé une amende de 200 000 euros contre le média de Vincent Bolloré pour « incitation à la haine fondée sur l’origine et la religion ».
Deux séquences fondent la décision de l’autorité de Martin Ajdari : en juin 2025, le chroniqueur Erik Tegner, dans l’émission 100 % politique, avait qualifié de « barbares » les casseurs, au lendemain de la victoire du PSG en Ligue des champions. « Il faut arrêter de financer ces quartiers », avait-il tempêté.
L’ARCOM sanctionne CNEWS d’une amende de 200 000€ car il est interdit de dire ça en France 🤔: pic.twitter.com/rKnskJvCJk
— Destination Télé (@DestinationTele) July 29, 2026
Selon le régulateur, la chaîne n’a pas apporté suffisamment « d’éléments de contexte et de contradiction » : « ont été diffusés des propos qui véhiculent des stéréotypes particulièrement infamants et inquiétants à l’encontre des personnes supposées issues de l’immigration, qui sont présentées comme un élément irréductiblement allogène au sein de la population française ». Et surtout qui constituerait « pour le reste de celle-ci », « en raison d’une particulière propension à la violence et d’un ressentiment qui trouveraient leur racine dans leur appartenance à une civilisation étrangère, un danger grave et croissant ».
Dans une seconde séquence, de septembre 2025 cette fois, Erik Tegnér avait fustigé les déclarations d’une élue belge de Molenbeek, qui avait enjoint les critiques de l’immigration à « dégager » de sa ville. Le chroniqueur avait dénoncé en retour « L’islam, ça reste une religion de conquête ». Et d’ajouter : « une partie de cette population peut aussi avoir une logique de contre-colonisation. C’est-à-dire […] ‘Maintenant, on prend notre vengeance, on prend notre revanche’, pardonnez-moi ».
Si l’Arcom a noté une tentative de modération en plateau, elle a néanmoins estimé les précautions « insuffisantes » pour « atténuer le fort caractère stigmatisant » des propos.
CNews engage un recours devant le Conseil d’État.
La chaîne a indiqué à l’AFP « contester » cette décision et « engager » un recours devant le Conseil d’État.
C’est la troisième sanction visant le média de Vincent Bolloré depuis le début de l’année. C’est la 63ᵉ fois depuis 2017, pour un total de 830 000 euros.
Le 11 juillet dernier, Martin Ajdari, Président de l’Arcom, a démenti au micro de RTL vouloir « fermer CNews ». Pourtant, l’Ojim a dévoilé dans deux études exclusives la partialité de l’Arcom à l’égard de LCI, France Info et BFM TV, moins visées que CNews.
La chaîne n’est d’ailleurs pas la seule à être condamnée. Le 18 juin dernier, Erik Tegner l’a été, à six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende, par le tribunal correctionnel de Bobigny, sur le fondement de l’article 223–1‑1 du Code pénal issu de la loi « Samuel Paty ». Un texte interdisant la divulgation de données personnelles des avocats. Son magazine, Frontières, avait publié une enquête sur le « business migratoire ».
Edouard Chanot
Voir aussi : Expulsion de Xenia Fedorova : rideau de fer sur le pluralisme

