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RN et Bardella dans le viseur : la campagne médiatique de 2027 est lancée

5 juillet 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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À quelques jours de la déci­sion qui peut écarter Marine Le Pen de la prési­den­tielle, la séquence est chargée : perqui­si­tions, plainte visant Jor­dan Bardel­la, note stratégique et édi­to­ri­aux alarmistes. Alors que l’appareil judi­ci­aire suit son cours, une par­tie des médias paraît déjà dis­tribuer les rôles du scrutin de 2027.

Mar­di 30 juin, des perqui­si­tions ont été con­duites dans qua­tre pays, dans le cadre de l’enquête du Par­quet européen sur les 4,33 mil­lions d’euros que l’ancien groupe Iden­tité et démoc­ra­tie auraient « indû­ment dépen­sés ». Le 6 juil­let, la cour d’appel devra stat­uer sur l’inéligibilité de Marine Le Pen. Un téle­sco­page qui méri­tait d’être relevé, un an avant la prési­den­tielle atten­due au print­emps 2027.

La justice a son calendrier, les médias aussi

« Comme à chaque fois, les procé­dures judi­ci­aires annon­cent le cal­en­dri­er élec­toral », a réa­gi Jor­dan Bardel­la dans la foulée. Bien sûr, rien ne prou­ve que les mag­is­trats choi­sis­sent leurs dates à des fins poli­tiques et médiatiques.

Mais les précé­dents ali­mentent la sus­pi­cion : le 19 juin 2024, la con­damna­tion du RN dans l’affaire des kits de cam­pagne deve­nait défini­tive onze jours avant le pre­mier tour des lég­isla­tives. Et le 16 avril 2022, Medi­a­part révélait un rap­port de l’Office européen de lutte antifraude met­tant en cause Marine Le Pen… huit jours avant le sec­ond tour prési­den­tiel. Avant cela, le 20 févri­er 2017, le siège du FN avait été perqui­si­tion­né deux mois avant le pre­mier tour.

La « R&D politique » entre en campagne

D’autant plus que cette ini­tia­tive judi­ci­aire se dou­ble d’une offen­sive intel­lectuelle et médi­a­tique mieux assumée. La Fon­da­tion Jean-Jau­rès pub­lie ain­si, ce 1ᵉʳ juil­let, au lende­main des perqui­si­tions, une étude sur les « failles » de Bardel­la et inau­gure « Sis­mo », un dis­posi­tif de « R&D poli­tique » des­tiné à rap­porter les mou­ve­ments de son élec­torat « à celles et ceux qui enten­dent les exploiter ». Le Nou­v­el Obs, citant cette note, en a extrait aus­sitôt les cri­tiques visant le « manque de matu­rité » de Jor­dan Bardel­la, son « syn­drome Tru­man Show » et le spec­tre d’un « Macron bis ». Libéra­tion sort de son côté les gros sabots évo­quant tout bon­nement : « les amis néo­fas­cistes de Le Pen et Bardel­la dans le viseur ». Le vocab­u­laire précède volon­tiers le jugement.

Le risque poli­tique pour le RN est de céder à la panique sous pres­sion. Un pre­mier signe de défail­lance a pu être per­cep­ti­ble avec le député Philippe Bal­lard qui a qual­i­fié Marine Le Pen de future « tutrice » de Bardel­la, offrant ain­si au Huff­Post et aux adver­saires du par­ti un procès en imma­tu­rité prêt à publier

L’angoisse médiatique dopée par les sondages ?

Bien sûr, les médias glob­ale­ment hos­tiles se nour­ris­sent des sondages, large­ment dom­inés par Jor­dan Bardel­la. Dans les baromètres Odoxa de juin 2026, il atteint 40 % d’opinions favor­ables. Il devance d’un cheveu Marine Le Pen (39 %) et tous les autres (Philippe 30 %, Attal 28 %). Il est aus­si crédité de 35 à 37 % des inten­tions de vote au pre­mier selon le sondage Ifop-Fidu­cial du 26 juin. Selon Tol­u­na-Har­ris en mai dernier, il domin­erait au sec­ond tour Édouard Philippe (54/46 %) et serait aus­si large­ment vain­queur (68/32 %) con­tre Jean-Luc Mélenchon.

Les « sérieux » entrent en scène

Pen­dant que Bardel­la devient un dan­ger méthodique­ment aus­culté, les fig­ures jugées respon­s­ables sont remis­es en orbite. Dans La Libre, le 29 juil­let, Philippe Aghion assur­ait qu’« il y a un vrai dan­ger Bardel­la » et que « Mélen­chon est un marchep­ied pour le Rassem­ble­ment nation­al ». Le lende­main, jour des perqui­si­tions, il répé­tait son numéro sur France Inter. Le prix Nobel, ancien inspi­ra­teur de la poli­tique économique d’Emmanuel Macron, ren­voie ain­si les deux prin­ci­paux opposants hors du cer­cle de la raison.

La cam­pagne est lancée puisque son cadrage médi­a­tique paraît déjà bien avancé.

Olivi­er Frèrejacques

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