Accusé d’être adhérent au parti Identité-Libertés de Marion Maréchal, le patron du média Frontières Erik Tegnér a formellement démenti. Son avocat annonce une plainte en diffamation contre Splann !, dont l’information a été reprise par Mediapart et d’autres médias. L’affaire devait embarrasser CNews et Frontières, c’est finalement la gauche médiatique qui a repris le boomerang dans la figure.
Elle pourrait finalement se retourner contre ceux qui l’ont lancée. Après une enquête du média breton Splann ! affirmant le 30 mai qu’il était membre du parti Identité-Libertés, info reprise le 10 juin par Mediapart dans un article sur l’émission 100 % Frontières, Erik Tegner a produit un démenti catégorique.
Son avocat, Me Frédéric Pichon, affirmait le même jour sur X qu’un constat d’huissier établissait l’absence d’adhésion au parti de Marion Maréchal, annonçant une plainte pour diffamation contre Splann !, un média lié à Mediapart. D’autres poursuites seraient à l’étude contre la personne à l’origine de cette allégation.
Une accusation politique devenue argument médiatique
L’affaire s’inscrit dans une séquence tendue autour de l’émission 100 % Frontières, diffusée sur CNews. Selon Mediapart, Amine Elbahi, juriste et chroniqueur de la chaîne, a discrètement saisi à la fin du mois de mai l’Arcom pour demander que soient examinées les conditions de présence d’Erik Tegnér à l’antenne. Selon lui, le directeur de Frontières « avançait masqué » politiquement, notamment en raison de son supposé statut de membre d’Identité-Libertés. Une torpille envoyée après des désaccords en plateau sur l’islam et l’identité française.
L’accusation était lourde : si Erik Tegnér avait effectivement été adhérent d’un parti engagé dans la présidentielle, la question de son temps de parole et de la transparence de son rôle sur CNews aurait pu se poser. Mais encore fallait-il que l’information soit exacte.
Le rétropédalage de Splann !
Or Splann ! a depuis modifié son article. Dans sa « boîte noire », le média breton indique désormais que, contrairement à ce qui figurait dans une première version, Erik Tegnér « n’est pas membre » d’Identité-Libertés, tout en le présentant comme proche de Marion Maréchal. La nuance est essentielle. On peut être proche d’une personnalité politique, lui apporter un soutien, partager une ligne idéologique ou organiser une levée de fonds sans être adhérent à son parti.
C’est précisément cette confusion que dénonce le camp Tegnér. Dans une vidéo, l’intéressé affirme :
« Je ne suis adhérent à aucun parti politique. »
Son avocat parle, lui, d’une « fausse adhésion » reprise « sans prudence » par Mediapart.
Quand Mediapart se précipite
La responsabilité de Mediapart mérite ici d’être interrogée. Le média d’investigation a largement contribué à donner une portée nationale à cette accusation, reprise ensuite par Libération, Puremédias, Ouest-France ou encore Diverto. Plusieurs de ces articles ont rapporté le démenti d’Erik Tegnér, mais le mal médiatique était déjà fait : une appartenance partisane non établie avait été utilisée pour nourrir le récit d’un animateur « masqué » à l’antenne.
Cette affaire illustre un classique du journalisme militant : une information fragile devient un angle, puis un procès d’intention. Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ?

