Accueil E Veille médias E Tegnér adhérent à Identité-Libertés : la fake news qui revient en boomerang

Tegnér adhérent à Identité-Libertés : la fake news qui revient en boomerang

13 juin 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

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Accusé d’être adhérent au par­ti Iden­tité-Lib­ertés de Mar­i­on Maréchal, le patron du média Fron­tières Erik Teg­nér a formelle­ment démen­ti. Son avo­cat annonce une plainte en diffama­tion con­tre Splann !, dont l’information a été reprise par Medi­a­part et d’autres médias. L’affaire devait embar­rass­er CNews et Fron­tières, c’est finale­ment la gauche médi­a­tique qui a repris le boomerang dans la figure.

Elle pour­rait finale­ment se retourn­er con­tre ceux qui l’ont lancée. Après une enquête du média bre­ton Splann ! affir­mant le 30 mai qu’il était mem­bre du par­ti Iden­tité-Lib­ertés, info reprise le 10 juin par Medi­a­part dans un arti­cle sur l’émission 100 % Fron­tières, Erik Teg­n­er a pro­duit un démen­ti catégorique.

Son avo­cat, Me Frédéric Pichon, affir­mait le même jour sur X qu’un con­stat d’huissier étab­lis­sait l’absence d’adhésion au par­ti de Mar­i­on Maréchal, annonçant une plainte pour diffama­tion con­tre Splann !, un média lié à Medi­a­part. D’autres pour­suites seraient à l’étude con­tre la per­son­ne à l’origine de cette allégation.

Une accusation politique devenue argument médiatique

L’affaire s’inscrit dans une séquence ten­due autour de l’émission 100 % Fron­tières, dif­fusée sur CNews. Selon Medi­a­part, Amine Elbahi, juriste et chroniqueur de la chaîne, a dis­crète­ment saisi à la fin du mois de mai l’Arcom pour deman­der que soient exam­inées les con­di­tions de présence d’Erik Teg­nér à l’antenne. Selon lui, le directeur de Fron­tières « avançait masqué » poli­tique­ment, notam­ment en rai­son de son sup­posé statut de mem­bre d’Identité-Libertés. Une tor­pille envoyée après des désac­cords en plateau sur l’islam et l’identité française.

L’accusation était lourde : si Erik Teg­nér avait effec­tive­ment été adhérent d’un par­ti engagé dans la prési­den­tielle, la ques­tion de son temps de parole et de la trans­parence de son rôle sur CNews aurait pu se pos­er. Mais encore fal­lait-il que l’information soit exacte.

Le rétropédalage de Splann !

Or Splann ! a depuis mod­i­fié son arti­cle. Dans sa « boîte noire », le média bre­ton indique désor­mais que, con­traire­ment à ce qui fig­u­rait dans une pre­mière ver­sion, Erik Teg­nér « n’est pas mem­bre » d’Identité-Libertés, tout en le présen­tant comme proche de Mar­i­on Maréchal. La nuance est essen­tielle. On peut être proche d’une per­son­nal­ité poli­tique, lui apporter un sou­tien, partager une ligne idéologique ou organ­is­er une lev­ée de fonds sans être adhérent à son parti.

C’est pré­cisé­ment cette con­fu­sion que dénonce le camp Teg­nér. Dans une vidéo, l’intéressé affirme :

« Je ne suis adhérent à aucun par­ti politique. »

Son avo­cat par­le, lui, d’une « fausse adhé­sion » reprise « sans pru­dence » par Medi­a­part.

Quand Mediapart se précipite

La respon­s­abil­ité de Medi­a­part mérite ici d’être inter­rogée. Le média d’investigation a large­ment con­tribué à don­ner une portée nationale à cette accu­sa­tion, reprise ensuite par Libéra­tion, Puremé­dias, Ouest-France ou encore Diver­to. Plusieurs de ces arti­cles ont rap­porté le démen­ti d’Erik Teg­nér, mais le mal médi­a­tique était déjà fait : une appar­te­nance par­ti­sane non établie avait été util­isée pour nour­rir le réc­it d’un ani­ma­teur « masqué » à l’antenne.

Cette affaire illus­tre un clas­sique du jour­nal­isme mil­i­tant : une infor­ma­tion frag­ile devient un angle, puis un procès d’intention. Calom­niez, calom­niez, il en restera tou­jours quelque chose ?

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