Accueil E Veille médias E Accusations de « propagande » : pour défendre Fedorova, Villiers s’attaque à Glucksmann

Accusations de « propagande » : pour défendre Fedorova, Villiers s’attaque à Glucksmann

8 juin 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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Les défenseurs de Xenia Fedoro­va mon­tent au créneau. Alors que de nom­breux respon­s­ables poli­tiques, notam­ment Emmanuel Macron et Jean-Noël Bar­rot, con­tin­u­ent de qual­i­fi­er la chroniqueuse de CNews de « pro­pa­gan­diste » au ser­vice du Krem­lin, Philippe de Vil­liers a retourné l’accusation con­tre l’eurodéputé de Place publique, proche de Kiev.

« Pour défendre Fedoro­va, Philippe de Vil­liers traite Glucks­mann “d’agent de pro­pa­gande ukraini­enne” », s’étranglait ce 8 juin au matin, sur RTL, la chroniqueuse Isabelle Sap­por­ta. À l’en croire, une telle accu­sa­tion fris­erait l’antisémitisme : « Quand on est Philippe de Vil­liers, il est tout à la fois impens­able d’être Juif et Français ».

Il y a quelques jours à peine, ce dernier s’en était en effet pris à l’eurodéputé Raphaël Glucks­mann : « Il est pro-Zelen­sky, il est pro-Ukraine, donc c’est un agent de pro­pa­gande ukraini­enne, faut peut-être qu’on lui retire son titre de séjour », avait-il martelé le 5 juin dans son émis­sion sur CNews, prenant explicite­ment la défense de la chroniqueuse russe Xenia Fedoro­va. Le fon­da­teur du Puy-du-Fou a, lui aus­si, été maintes attaqué pour ses pris­es de posi­tion jugées favor­ables à la Russie.

L’asymétrie des accusations de « propagande »

Car ces dernières semaines, l’ancienne direc­trice de RT France est la cible d’une vio­lente cam­pagne médi­a­tique et numérique. Le 31 mai, Raphaël Glucks­mann avait exigé, aus­si sur RTL, de « retir­er le micro à Xenia Fedoro­va », la décrivant comme « une agente russe » menaçant « directe­ment l’Europe ».

Où l’emballement médi­a­tique s’ar­rêtera-t-il ? Dans la foulée d’une révéla­tion du Monde le 25 mai dernier, évo­quant le renou­velle­ment récent du titre de séjour de Fedoro­va, ses détracteurs exi­gent son ren­voi vers la Russie. Une affaire qui occupe l’exécutif. Con­traint de répon­dre, Emmanuel Macron a, le 4 juin dernier, de nou­veau fustigé RT, selon lui une « agence de pro­pa­gande », tout en esti­mant que les procé­dures en matière de séjour devaient être respec­tées. La veille, les eurodéputés du bloc cen­tral Natal­ie Loiseau et Valérie Hay­er avaient appelé l’UE à sanc­tion­ner Xenia Fedorova.

En réal­ité, Philippe de Vil­liers repre­nait un argu­ment déjà soulevé il y a quelques jours par son ami Éric Zem­mour, sur BFM TV. C’est en effet le patron de Recon­quête qui a, le pre­mier, qual­i­fié Glucks­mann « d’agent de Kiev ». Le tan­dem Zemmour/Villiers applique donc à Glucks­mann le même raison­nement que celui util­isé à l’encontre de Fedoro­va : si l’on retire le micro (ou le titre de séjour) à une voix jugée trop proche d’une puis­sance étrangère, pourquoi ne pas l’appliquer symétriquement ?

Glucksmann donneur de leçons

Le com­pagnon de Léa Salamé a en effet été maintes fois accusé d’agir pour le compte d’États étrangers. Entre 2009 et 2012, il était ain­si con­seiller du prési­dent géorgien Mikheil Saakashvili, qui avait engagé son petit pays dans un con­flit aus­si éclair que désas­treux con­tre la Russie. Sa pre­mière femme était Eka Zgouladze, vice-min­istre de l’intérieur de Géorgie, qui obtien­dra la nation­al­ité ukraini­enne en 2014 avant de la per­dre en 2016. Jean-Luc Mélen­chon avait fustigé dans un tweet en mars 2024 « sa haine des Russ­es », qui l’avait « con­duit à tra­vailler pour le dic­ta­teur géorgien Saakachvili, aujourd’hui en prison pour corruption ».

Il faut dire que Raphaël Glucks­mann est un par­ti­san des poli­tiques d’intégration de l’UE et du rôle de l’OTAN. Depuis qua­tre ans, il a pris fait et cause pour un autre dirigeant, Volodymyr Zelen­sky. En 2024, il défendait une tax­a­tion des hauts pat­ri­moines pour financer le sou­tien à l’Ukraine. En 2025, il appelait à saisir les avoirs russ­es gelés. « Je suis un agent de la France, je suis un patri­ote français », s’est-il défendu la semaine passée sur RTL, répon­dant à Zemmour.

Extension du domaine de la censure

En défini­tive, cet épisode enri­chit l’affaire Fedoro­va d’une nou­velle couche : celle de la réciproc­ité des accu­sa­tions en pro­pa­gande. Une con­tre-attaque notable, alors que sur les réseaux, quelques (rares) voix s’alar­ment des évi­dentes ten­ta­tives du bloc cen­tral d’ex­clure des per­son­nes du débat… à la veille de l’élec­tion prési­den­tielle. Le jour­nal­iste de Radio Cour­toisie Xavier van Lierde dénonçait ain­si une exten­sion dan­gereuse des men­aces à ceux sus­cep­ti­bles de « par­ler comme Xenia », l’eu­rodéputée Valérie Hay­er ayant visé la chaîne youtube Thinkerview.

Plus à gauche, c’est La France insoumise qui s’at­taquait ces derniers jours à la cel­lule numérique du Quai d’Orsay et au compte French Response, les accu­sant de manip­uler les réseaux soci­aux en y mobil­isant des influ­enceurs favor­ables à l’exécutif.

Voir aus­si : Guerre d’in­flu­ence : quand LFI accuse le Quai d’Or­say de manip­uler les réseaux sociaux

 

 

 

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