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Léa Salamé : le grand 20h, les audiences moyennes et le gros problème Glucksmann

30 mai 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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Moins d’un an après son arrivée au 20 heures de France 2, Léa Salamé voit son avenir frag­ilisé par les audi­ences, les polémiques et l’hypothèse d’une can­di­da­ture de Raphaël Glucks­mann en 2027. Le ser­vice pub­lic décou­vre qu’un cast­ing très poli­tique finit par­fois par pos­er un prob­lème… politique.

Léa Salamé voulait incar­n­er le renou­veau du 20h de France 2. Elle se retrou­ve déjà au cen­tre d’un feuil­leton assez embar­ras­sant pour France Télévi­sions : restera-t-elle à l’antenne si Raphaël Glucks­mann, son com­pagnon, se lance dans la prési­den­tielle ? Lors de son audi­tion devant la com­mis­sion d’enquête sur l’audiovisuel pub­lic, en févri­er dernier, elle avait promis :

« Si Raphaël Glucks­mann est can­di­dat, je sors de l’antenne et je sors immé­di­ate­ment. Je ne m’accroche pas. »

Le prob­lème est que l’intéressé se donne du temps, tan­dis que la chaîne doit, elle, envis­ager la suite.

Le 20 heures sans « effet Salamé »

Le cas Salamé est d’abord une affaire d’audience. Son arrivée n’a pas inver­sé le rap­port de force avec le jour­nal de TF1, qui rassem­ble en moyenne un mil­lion de téléspec­ta­teurs de plus pour son 20 heures. Les chiffres récents con­fir­ment cette dif­fi­culté. Le mar­di 26 mai, Gilles Bouleau réu­nis­sait 4,22 mil­lions de téléspec­ta­teurs sur TF1, con­tre 3,04 mil­lions pour Léa Salamé sur France 2. Deux jours plus tard, elle remon­tait à 3,27 mil­lions et 20,3 %, mais restait der­rière TF1, à 4,14 mil­lions et 25,9 %.

Il con­vient néan­moins de rel­a­tivis­er l’échec Salamé à l’aune du duel des 20h qui est dom­iné par TF1 depuis le milieu des années 1980. Repren­dre la tête sur le créneau horaire eût été un grand suc­cès, ne pas y par­venir n’est pas non plus un scandale.

Lavrov, Cohen : une image qui se brouille

À ces audi­ences moyennes s’ajoutent des séquences peu flat­teuses. En mars, son entre­tien avec Ser­gueï Lavrov au 20 heures a été un naufrage. La présen­ta­trice avait été accusée de com­plai­sance, le min­istre russe ayant pu dérouler son dis­cours sans con­tra­dic­tion suff­isante. Un raté non sans para­doxe quand on sait que son com­pagnon Raphaël Glucks­mann se rêve en porte-dra­peau de la lutte con­tre le Kremlin.

Puis est venue la séquence Patrick Cohen dans Quelle époque !. Il y a quelques jours, l’animatrice y a cou­vert son con­frère de louanges, le décrivant comme « l’un des jour­nal­istes les plus respec­tés », « acéré », « pré­cis », « rigoureux » et « courageux », omet­tant d’évoquer l’affaire Legrand/Cohen qui avait révélé sa prox­im­ité avec des social­istes… Un par­ti que Salamé doit elle aus­si un peu con­naître, Raphaël Glucks­mann ayant été tête de liste aux élec­tions européennes de 2024 sur la liste du PS.

Glucksmann, le problème que tout le monde voyait venir

Raphaël Glucks­mann, récem­ment vilipendé par une par­tie de la gauche à la suite de la divul­ga­tion d’un mémo pré­paré par un prestataire pour sa cam­pagne éventuelle, demeure le sujet le plus sen­si­ble. Mais pour­rait aus­si per­me­t­tre à Léa Salamé de don­ner une rai­son autre que l’échec à son départ. Que la présen­ta­trice du prin­ci­pal jour­nal du ser­vice pub­lic partage sa vie avec un pos­si­ble can­di­dat de gauche à la prési­den­tielle n’est pas en soi une faute. Mais cela devient un prob­lème dès lors qu’elle doit inter­view­er, hiérar­chis­er ou com­menter l’actualité poli­tique nationale. Si Raphaël Glucks­mann déclare sa can­di­da­ture, son main­tien sem­ble impos­si­ble, sinon à nuire autant à la chaîne qu’au député européen.

France Télévi­sions assure ne pas vouloir la désta­bilis­er. Léa Salamé, elle, veut réus­sir et ne pas don­ner l’impression de céder à des pres­sions. Mais le para­doxe est cru­el : à force d’avoir voulu faire du 20 heures une vit­rine de pres­tige, le ser­vice pub­lic a instal­lé une présen­ta­trice dont la sit­u­a­tion per­son­nelle rend chaque mois la neu­tral­ité plus dif­fi­cile à vendre.

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