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Saccages après PSG-Arsenal : plusieurs médias voient flou

2 juin 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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Après le sacre européen du PSG face à Arse­nal, la presse française s’est divisée entre célébra­tion sportive, bilan sécu­ri­taire et rel­a­tivi­sa­tion poli­tique. Un mort, des cen­taines d’interpellations, des forces de l’ordre blessées : cer­tains jour­naux regar­dent les casseurs, d’autres préfèrent accuser ceux qui les dénoncent.

La deux­ième Ligue des cham­pi­ons con­séc­u­tive du PSG aurait pu offrir une séquence sim­ple : un exploit sportif, des scènes de liesse, des unes tri­om­phales. Mais la nuit du 30 au 31 mai 2026 a imposé un sec­ond réc­it, moins vendeur : Paris et plusieurs villes français­es ont con­nu des vio­lences, pil­lages, tirs de mortiers d’artifice et dégra­da­tions. Le min­istère de l’Intérieur a finale­ment compt­abil­isé 890 inter­pel­la­tions, 721 gardes à vue et 178 policiers et gen­darmes blessés. Un jeune homme est égale­ment mort sur le périphérique parisien.

Les journaux qui célèbrent d’abord

Une pre­mière famille de presse a logique­ment priv­ilégié l’exploit sportif. Assez naturelle­ment, L’Équipe a con­sacré sa une du 31 mai aux « Invin­ci­bles », clin d’œil à Arse­nal (dont c’était le surnom en 2004) et hom­mage à un PSG capa­ble de con­serv­er son titre européen. Le Parisien a lui aus­si salué « la deux­ième étoile » et « la saga » parisi­enne, en insis­tant sur l’entrée du club dans une nou­velle dimension.

Cette hiérar­chie se com­prend pour un jour­nal sportif : le PSG a bat­tu Arse­nal aux tirs au but, après un match nul 1–1, devenant la pre­mière équipe depuis le Real Madrid de Zidane à con­serv­er la Ligue des cham­pi­ons dans l’ère mod­erne. Mais elle pro­duit un effet de cadrage plus déroutant pour un jour­nal général­iste, fut-il local : les vio­lences devi­en­nent un arrière-plan, une ombre sur la fête, plutôt qu’un objet cen­tral d’analyse.

Ceux qui mettent les incidents en une

À l’inverse, Le Jour­nal du dimanche a choisi un cadrage frontal : « Un exploit his­torique, des casseurs pathé­tiques ». Sa une artic­ule les deux réal­ités : la deux­ième étoile du PSG et « ceux qui ont voulu gâch­er la fête ». TF1info, France 24 ou Le Parisien ont égale­ment don­né un bilan pré­cis : un mort, des blessés, des inter­pel­la­tions, des com­merces pil­lés, des com­munes touchées. France 24 évo­quait notam­ment une soirée « dans le chaos et la vio­lence un peu partout en France », avec abribus explosés, véhicules incendiés et inci­dents à Toulouse, Mont­pel­li­er, Bor­deaux, Rennes, Lyon, Nice, Stras­bourg ou Annecy.

Ce cadrage a le mérite élé­men­taire de ne pas dis­soudre les faits dans la « fête pop­u­laire » qui n’était pas franche­ment pop­u­laire pour quiconque prend la peine de regarder les images.

En revanche le choix des mots est ici encore élo­quent. BFMTV a ain­si évo­qué « quelques ten­sions ».

Par ailleurs, quand on par­le de cen­taines de gardes à vue, de policiers blessés et d’un mort, le mot « débor­de­ments » devient presque hygiénique.

Ceux qui relativisent, ou déplacent la faute

Une troisième famille médi­a­tique préfère dénon­cer la « récupéra­tion ». L’Humanité a ain­si titré que, « en voulant faire de la récupéra­tion sur les inci­dents », ce serait « l’extrême droite qui gâche la fête ». Libéra­tion, qui a tou­jours une analyse bien seg­men­tée de la vio­lence, dans l’article trans­mis, reprend une logique proche : le prob­lème prin­ci­pal serait le réc­it sécu­ri­taire de la droite, du RN et même des médias Bolloré.

Ce réflexe rejoint celui de LFI. Dans le direct du Monde, Clé­mence Guet­té accuse les forces de l’ordre d’avoir « chargé des gens qui ne com­met­taient aucun débor­de­ment » et tiré des grenades « sur des familles » ; Manuel Bom­pard, coor­di­na­teur nation­al de LFI, regrette, lui, l’absence de fan­zones.

La mécanique est con­nue : après les vio­lences, on déplace l’attention du casseur vers le main­tien de l’ordre.

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