Isabelle Sommier, Erwan Lecœur, Ugo Palheta… Ces trois sociologues ont égrené les plateaux télé ces derniers jours pour dénoncer la menace de l’extrême droite mais leurs engagements politiques mettent en doute leur neutralité.
La déclaration a lancé la polémique sur les réseaux sociaux. Au point d’ailleurs de pousser le député de l’Oise Alexandre Sabatou à saisir l’ARCOM.
Mardi 24 février 2026, Erwan Lecœur, sociologue invité sur le plateau de France Info, martèle : « 10 % des gens qui sont en prison aujourd’hui sont membres du Rassemblement national. »
⚠️ Je saisis l’@Arcom_fr
M.Erwan Lecoeur, invité en tant que « sociologue et politiste » sur @franceinfo a avancé des propos sans fondement, prétendant que « 10% des prisonniers sont membres du Rassemblement National », sans aucune source ni vérification.
‼️Je saisis l’ARCOM… pic.twitter.com/scDm8F3fHF
— Alexandre Sabatou (@ASabatou) February 27, 2026
Un sociologue condamné par la justice
Cet argument d’autorité n’est pourtant étayé par aucune statistique, aucune étude, aucun sondage, mais peu importe pour ce sociologue qui voulait placer un bon mot à la télévision.
🔴“10 % des gens en prison sont membres du RN” : le sociologue Erwan Lecœur — qui a avancé sur FranceInfo une statistique ne se basant sur aucune étude et donnée crédible — se révèle être un militant écolo et l’ancien directeur de la communication d’Éric Piolle. pic.twitter.com/SbC2dzQYPr
— Observatoire du journalisme (Ojim) (@ojim_france) March 2, 2026
Erwan Lecœur est docteur en sociologie et chargé de cours à l’Institut d’études politiques de Paris en communication publique ; on s’attend donc à davantage de sérieux et de précaution oratoire de sa part.
Là où le bât blesse, c’est au niveau de ses engagements politiques. En 2009, le sociologue a en effet été conseiller en stratégie et communication pour les écologistes. Cinq ans plus tard, en mai 2014, il devient directeur de la communication de la municipalité de Grenoble alors dirigée par l’écologiste Eric Piolle. Il maintiendra ce poste jusqu’en 2017.
Le sociologue ayant déjà eu un engagement politique, il est donc juge et partie par rapport au RN. De surcroît, Erwan Lecœur a été condamné en 2023 avec Éric Piolle à 8 000 euros d’amende avec sursis pour favoritisme dans l’attribution d’un marché public qui le visait depuis 2018.
Une méthodologie douteuse et des liens avec LFI et la Jeune Garde
À l’instar d’Erwan Lecoeur, Isabelle Sommier a elle aussi un engagement militant. La professeure de sociologie politique à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a participé aux universités d’été de LFI en 2023. On la voit s’exprimer au micro aux côtés du député Ugo Bernalicis lors d’une conférence intitulée : « Violences contestataires et violence d’État », à laquelle participe également le député LFI Antoine Léaument.

Capture d’écran : YouTube/La France insoumise
Lors de l’émission C ce soir diffusée le 23 février, Isabelle Sommier accuse l’extrême droite de tous les maux : « Ça ne fait aucun doute. Sur la période 1986–2016, parmi les morts provoqués par les groupes idéologiques, 9 morts sur 10 sont dus à des militants radicaux de droite. Depuis 2022, il y a eu 8 morts de l’ultra-droite et 1 mort de l’ultra-gauche, Quentin ».
Paul Sugy, journaliste au Figaro, lui fait remarquer pendant l’émission que la méthodologie utilisée par la sociologue pour catégoriser les crimes d’extrême droite est bancale. En effet, la plupart des morts qu’attribue Isabelle Sommier à des groupes d’extrême droite sont le fait d’individus isolés qui n’ont pas agi en tant que membres de l’ultra-droite. A contrario, les membres de la Jeune Garde qui ont battu à mort Quentin Deranque étaient présents à Lyon en tant que militants antifascistes.
Ugo Palheta, un sociologue qui prône la violence
De même, Ugo Palheta, autre intervenant dans l’émission C ce soir, est lui aussi un militant d’extrême gauche. L’homme a participé, en octobre 2023, à un colloque intitulé « L’extrême droite : le dessous des cartes. Comment la vaincre », organisé par l’institut La Boétie, think tank de formation de LFI.
Il anime, par ailleurs, un podcast dans lequel il a notamment invité le député LFI Raphaël Arnault dont les assistants parlementaires sont impliqués dans la mort de Quentin Deranque. Le même Ugo Palheta était invité à un débat par Philippe Poutou, ancien candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) à la présidentielle.
Ugo Palheta, lors d’un débat dans la librairie de @PhilippePoutou
-affirmait que la non violence n’était pas une option pour lutter contre les fascistes.
-trouvait anormal que Keir Starmer déplore l’assassinat de Charlie Kirk.NB : il est invité sur les plateaux de France TV. pic.twitter.com/GneHRqMIoT
— David Dobsky (@dobsky33) February 25, 2026
Il a déclaré à cette occasion que la non-violence n’était pas une option contre les fascistes et critiquait le choix des chefs d’État –– dont Keir Starmer — de rendre hommage à Charlie Kirk.
Voir aussi : C ce soir : inversion accusatoire et renversement médiatique
Jean-Charles Soulier

