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Trump  et les médias : incassable, malgré Soros

25 janvier 2017

Temps de lecture : 4 minutes
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Trump et les médias : incassable, malgré Soros

La campagne de déstabilisation de Donald Trump se poursuit, depuis la rencontre du 13 novembre 2016 tenue à l’hôtel Mandarin de Washington entre George Soros, un groupe de donateurs, ainsi qu’un certain nombre de leaders démocrates, dont Nancy Pelosi et Elizabeth Warren.

Après avoir tout essayé pour « annuler » l’élection (man­i­fes­ta­tions, recomp­tages, argu­ment russe, argu­ment FBI, intim­i­da­tion des Grands Électeurs du col­lège élec­toral, argu­ment uro­ma­ni­aque…) la cam­pagne s’est pour­suiv­ie avec méth­ode, fuites des agences de ren­seigne­ment à la clé, afin de dénier à l’administration Trump le droit de proclamer un man­dat clair, lim­ité par une vic­toire « tech­nique » mais pas « légitime ».

Règlements de comptes

Aus­sitôt au pou­voir, le Prési­dent Trump inflige un car­ton jaune aux jour­nal­istes. Mes­sage : « à par­tir de main­tenant, les règle­ments de comptes, ça va marcher dans les deux sens ».

Réca­pit­u­lons :

  • Le 18 jan­vi­er 2017 CNN se pose la ques­tion des con­séquences con­sti­tu­tion­nelles d’un assas­si­nat de Trump sur­venant le 20 jan­vi­er, jour de sa presta­tion de ser­ment. Sans doute afin de ras­sur­er le public.
  • Le 19 jan­vi­er, une soix­an­taine de par­lemen­taires démoc­rates (vis­sés à des sièges solides) con­fir­ment leur boy­cott de la céré­monie, et les médias insis­tent sur la dif­fi­cile tâche des ser­vices de sécurité.
  • Le ven­dre­di 20 jan­vi­er la police arrête plus de deux cents casseurs qui ne parvi­en­nent pas à per­turber le déroule­ment d’une céré­monie qui s’est déroulée devant quelque 700 000 personnes
  • Le même jour Nielsen estime le nom­bre de téléspec­ta­teurs de l’évènement à 31 mil­lions.
  • Après son intro­n­i­sa­tion, et un dis­cours provo­quant, Trump déje­une avec les lead­ers par­lemen­taires des deux par­tis, ain­si qu’avec des invités de mar­que. Ils font ensem­ble une ova­tion à Hillary Clinton.
  • Suiv­ent les défilés et parades, puis un bref séjour à la Mai­son-Blanche, avec la presse, afin de sign­er quelques ordon­nances, avant de par­ticiper à trois bals (les mil­i­tants, les citoyens, et les mil­i­taires et anciens com­bat­tants — ce dernier en lien vidéo avec des sol­dats postés en Afghanistan)
  • La journée se ter­mine avec deux ban­der­illes de la presse : un tweet com­para­nt deux pho­tos qui lais­sent con­clure que Trump a échoué dans sa mobil­i­sa­tion des mass­es com­par­a­tive­ment à Oba­ma en 2009; et un jour­nal­iste de Time Mag­a­zine annonçant que le buste de Mar­tin Luther King a dis­paru du bureau prési­den­tiel [faux], alors que celui de Win­ston Churchill (qu’Obama avait retiré) y est réap­paru [vrai]
  • Le lende­main, 21 jan­vi­er, voit la man­i­fes­ta­tion d’un mil­lion de femmes à Wash­ing­ton, venues de tout le pays, encadrées par les stars du show­biz et du cinéma.
  • C’est le jour du car­ton jaune : Sean Spicer, porte-parole et pit-bull de la Mai­son Blanche, con­voque la presse afin de la tancer sur son irre­spon­s­abil­ité dans l’affaire du buste, qu’il présente comme un brûlot racial et inten­tion­nel, en dépit d’excuses tar­dives. Il en prof­ite pour revenir sur la céré­monie inau­gu­rale, insis­tant sur le fait que l’évènement a réu­ni le plus grand pub­lic de toute l’histoire des présidentielles.
  • Dans l’après-midi, Trump se rend au siège de la CIA, en com­pag­nie de son futur directeur, Mike Pom­peo, pour faire con­nais­sance avec l’agence. Il y reçoit un accueil chaleureux de la base. Il en prof­ite pour étriller les médias devant des agents gogue­nards, notam­ment sur la mau­vaise cou­ver­ture de sa céré­monie inaugurale.
  • Trump rebon­dit le lun­di suiv­ant sur un sujet neuf : le respect de ses promess­es élec­torales. Le 23, Trump lance une journée-marathon, sig­nant décrets et ordon­nances, annule la par­tic­i­pa­tion améri­caine au Parte­nar­i­at Transpaci­fique (TPP), ren­con­tre à quelques heures d’intervalle les patrons des grandes entre­pris­es indus­trielles et ceux des syn­di­cats (qui avaient soutenu Clin­ton), tous radieux à la sor­tie de leurs réu­nions respectives.
  • Trump reprend ain­si dès lun­di le con­trôle total de la thé­ma­tique de la semaine : « jobs, jobs, jobs». Puis il finit la journée avec les lead­ers démoc­rates et répub­li­cains pour lancer une nou­velle bombe, leur rap­pelant « en privé » (donc espérant la fuite) qu’il s’est fait « vol­er » le vote pop­u­laire par le vote fraud­uleux de 3 à 5 mil­lions d’immigrants illé­gaux orchestré par les démoc­rates. Rap­pel­er que c’est bien l’administration Trump qui a reçu un man­dat « franc et mas­sif » des électeurs.
  • Et son porte-parole Spicer de boucler la boucle le même jour dans une con­férence de presse  : l’auditoire de Trump lors de son intro­n­i­sa­tion a bien été phénomé­nal, si l’on rajoute à la par­tic­i­pa­tion physique et à la Télévi­sion les suiv­is sur inter­net et YouTube.
  • Pour ensuite rajouter, dans sa con­férence du 24 jan­vi­er, qu’une enquête sur la fraude élec­torale des illé­gaux n’est pas à exclure, « cer­taines études » (Pew Research) ayant mon­tré que 14 % des votants sont illé­gaux. Fake news ou avertissement?

La meilleure défense c’est l’attaque

En con­clu­sion, tel le chilien Sal­vador Allende il y 43 ans, Trump sait qu’il n’a pas encore gag­né, c’est encore la guerre. Il entame main­tenant sa 3e cam­pagne, celle de la con­sol­i­da­tion, garante de sa légitim­ité. Excel­lant sur Twit­ter, il traite la presse comme son par­ti d’opposition, lui faisant annon­cer le 21 jan­vi­er par Spicer qu’ils ne sont plus des dieux (Spicer a ain­si com­mencé à cass­er les droits acquis de la grande presse, présen­tant dès le 23 de nou­velles règles du jeu qui la dilueront par­mi « petits » ou provinciaux).

Mais c’est l’alliance glob­al­iste de George Soros, liant extrême droite libérale et extrême gauche social­iste, qui préoc­cupe Trump. Car elle sem­ble vrai­ment vouloir le « sor­tir », du fait de son rejet de l’ordre mon­di­al et de son inten­tion de ne pas être une potiche.

Pour la pre­mière fois, Fox News, donc les Mur­doch, laisse pass­er sur ses ondes le com­men­taire selon lequel Soros veut faire tomber Trump, d’abord avec Newt Gin­grich (reprenant le 22 jan­vi­er sur Fox News une infor­ma­tion du NYT parue le 20), puis avec Bill O’Reilly, la star de la chaine. Ce dernier, dans ses Talk­ing Points du 23 jan­vi­er, explique qu’il voit un effort organ­isé pour évin­cer Don­ald Trump, expli­quant que les récentes march­es des femmes et autres casseurs ont été financées par 50 groupes eux-mêmes financés par Soros à con­cur­rence de 90 millions.

Le har­cèle­ment con­tin­ue : la con­sti­tu­tion­al­ité de son élec­tion est attaquée main­tenant en jus­tice par un groupe activiste, cepen­dant que cer­tains par­lemen­taires veu­lent soumet­tre un pro­jet de loi lui refu­sant l’accès à l’armement nucléaire. D’autres enfin veu­lent lui lim­iter le droit d’annuler les récentes sanc­tions con­tre la Russie.

Voir notre dossier : L’influence de Georges Soros sur les médias américains

Crédit pho­to : H. Boell-Stiftung via Flickr (cc)

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