Salamé quitte le 20 Heures : déontologie en vitrine, campagne en coulisses
Raphaël Glucksmann candidat à l’Élysée, Léa Salamé quitte comme promis le « 20 Heures » de France 2. Une décision déontologique annoncée depuis des mois, mais précédée d’un feuilleton médiatique soigneusement prolongé, jusqu’aux très opportunes photos corses du couple dans Paris Match dix jours avant l’officialisation.
La surprise est relative. Dimanche 23 août, Raphaël Glucksmann se déclarait candidat sur TF1. Dès le lendemain matin, sa compagne s’est appliquée la règle annoncée.
Dès février, devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, Léa Salamé avait en effet été limpide : « S’il est candidat, je sors de l’antenne » et même « je quitte le 20 heures immédiatement ».
Un départ écrit depuis longtemps, l’occasion de tirer la couverture
« J’en avais pris l’engagement dès le premier jour et je m’y tiens », a écrit la journaliste sur Instagram, qualifiant sa décision d’« évidente et difficile ». Elle affirme vouloir « protéger la rédaction de France Télévisions » et ajoute : « Partout où se tiendra la campagne, je m’efface ».
Le retrait est réel mais partiel : Salamé conserve Quelle époque !, qui sera privée de politique pendant la campagne, tandis que Jean-Baptiste Marteau récupère le « 20 Heures ». Le bilan de la présentatrice est d’ailleurs mitigé depuis un an avec quelques bonnes audiences mais aussi de gros loupés, comme l’entretien avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui avait viré à la Bérézina.
À la Société des journalistes de France Télévisions, Valéry Lerouge résume assez lucidement le feuilleton : « C’était écrit d’avance ». Et de rappeler que « cela fait trois présentateurs en trois ans, alors qu’on a besoin de stabilité ». Car le suspense médiatique aura surtout consisté à attendre l’annonce officielle d’une conséquence connue depuis des mois.
ParisMatch a miraculeusement trouvé la planque de Raphaël Glucksmann en Corse, où il est réfugié avec Léa Salamé pour échapper aux agents russes qui le traquent pour faire échouer sa campagne électorale. pic.twitter.com/SBCGSziyP0
— Dion Jack (@DionJack2) August 13, 2026
Paris Match, ou l’art du hasard bien préparé
Dix jours avant la candidature, Paris Match avait offert au couple une exposition particulièrement opportune. Sur la Une du 13 août, un encart montrait Salamé et Glucksmann s’embrassant dans les eaux corses, prélude à un sujet sur « l’heure des grandes décisions ». L’hebdomadaire décrivait « le débatteur et l’intervieweuse » se réduisant « tendrement au silence ». La spontanéité très photogénique de l’ensemble a suscité quelques sourires.
Rien ne permet d’établir que les clichés aient été organisés par le couple, leur esthétique et surtout leur calendrier ont néanmoins alimenté l’idée d’une « fausse paparazzade ».
De son côté, Glucksmann a quant à lui tempêté début août contre les ingérences russes le visant, ingérences passées inaperçues avant qu’il n’en parle aux médias.
De l’antenne à la campagne, la frontière sous surveillance
Le retrait de Léa Salamé est loin de faire l’unanimité. Sur RMC, Charles Consigny l’a au contraire jugé indispensable : « C’est normal. Elle a bien fait. « On ne peut pas avoir un candidat à la présidentielle et quelqu’un qui assure l’un des principaux journaux d’information du pays ».
Antoine Diers défend une lecture exactement inverse : « Léa Salamé aurait pu rester au 20 H. Je trouve cette jurisprudence idiote. Aujourd’hui, c’est le fantasme de la neutralité. D’autres resteront à l’antenne sans être mariés avec Glucksmann ». Deux réactions qui résument assez bien le problème : pour les uns, le retrait est une exigence élémentaire de crédibilité, pour les autres, une précaution symbolique qui ne garantit en rien la neutralité du reste du paysage médiatique et notamment du service public.
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