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Quartier La Chapelle-Pajol, chronique d’un buzz médiatique

27 mai 2017

Temps de lecture : 3 minutes

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Quartier La Chapelle-Pajol, chronique d’un buzz médiatique

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Quartier La Chapelle-Pajol, chronique d’un buzz médiatique

27 mai 2017

Des problèmes de sexisme à grande échelle dans un quartier de Paris envahi depuis un an par les « migrants » ? Les médias ont failli jouer le jeu de l’information… avant de rétropédaler. La réalité est décidément incompatible avec leur idéologie…

Tout est par­ti d’une péti­tion mise en ligne le 19 mai sur le site change.org et d’un arti­cle du Parisien du 18 mai con­sacré à des « femmes vic­times de har­cèle­ment dans les rues du quarti­er Chapelle-Pajol » à Paris.

Que dis­ent les auteurs de la péti­tion ? Qu’elles subis­sent des insultes, dans toutes les langues, des vols à la tire, les pick­pock­ets, l’alcoolisme de rue, les crachats, les déchets partout, l’odeur entê­tante d’urine, les trafics et des man­i­fes­ta­tions d’hostilité. Les femmes inter­viewées dans le Parisien expri­ment leurs dif­fi­cultés quo­ti­di­ennes à cir­culer dans leur quarti­er. « Des groupes de dizaines d’hommes seuls, vendeurs à la sauvette, dealeurs, migrants et passeurs, tien­nent les rues, harce­lant les femmes ».

Le buzz est lancé. Est-ce à cause du sujet ou du nom­bre de com­men­taires pub­liés à la suite de l’article du Parisien, anor­male­ment impor­tant ? Ceci mal­gré une mise à jour de l’article qui a pour effet d’annuler les com­men­taires de la ver­sion précé­dente. Nul ne le saura.

Le 20 mai, une vidéo sur le site du jour­nal donne de nou­veau la parole à des habi­tantes du quarti­er. Par­mi les pre­miers jour­naux et édi­tions en ligne à réa­gir, Le Figaro et Valeurs actuelles repren­nent le sujet du Parisien de façon assez factuelle.

On n’avait encore rien lu !

France Info donne la parole à Car­o­line de Haas le 21 mai. La can­di­date aux lég­isla­tives à Paris déclare qu’il faut « élargir les trot­toirs, met­tre de l’éclairage ».

L’Obs pub­lie une tri­bune d’une habi­tante du quarti­er. Selon elle, « le prob­lème de La Chapelle, ce ne sont pas les hommes ou les harceleurs. C’est le trop de tout : les voitures, la pol­lu­tion, la foule. On étouffe. ».

Libéra­tion s’interroge le 19 mai : « une “no-go zone” inter­dite aux femmes à Paris ? ». « Ce quarti­er cos­mopo­lite du XVIIIe arrondisse­ment est devenu, ces dernières années, un car­refour où se retrou­vent de nom­breux exilés au milieu de leur par­cours migra­toire. Mais les migrants, mal­gré les ten­ta­tives des pou­voirs publics de les invis­i­bilis­er, n’ont pas dis­paru ». Le quo­ti­di­en donne la parole à des habi­tants du quarti­er dont l’un regrette « l’utilisation de pré­textes fémin­istes à des fins racistes ». Un autre estime que cette affaire « est bour­rée de trucs faux ».

Medi­a­part met en ligne le 21 mai une vidéo cen­sée représen­ter « les habi­tantes du quarti­er La Chapelle ». L’article intro­duc­tif reprend un témoignage selon lequel « les migrants, (qui) sont dis­crets et plutôt pro­tecteurs envers les femmes ». « Les habi­tantes répon­dent dans une vidéo : Le prob­lème ce n’est pas les réfugiés, c’est votre pro­pa­gande xéno­phobe qui salit notre vie de quarti­er ! ».

Les Inrocks nous offrent le cou­plet stan­dard du “pas‑d’amalgame” : « la péti­tion prend le risque de stig­ma­tis­er une pop­u­la­tion majori­taire­ment immi­grée, comme le laisse d’ailleurs sous-enten­dre la pho­to illus­trant le texte, qui mon­tre des hommes métis ou noirs, cer­tains por­tant sweats et cas­quettes. Sur­git ain­si la fig­ure de l’Étranger, cet Autre dan­gereux qui serait la cause de l’instabilité sociale voire de l’insécurité des femmes ».

France Inter (73e minute du 7/9) nous l’assure et nous ras­sure : les femmes cir­cu­lent dans le quarti­er ! La parole est don­née au maire social­iste du 18ème arrondisse­ment qui indique que « la péti­tion ne représente pas la sit­u­a­tion de l’ensemble des femmes qui vivent sur le ter­ri­toire à deux femmes ». Deux femmes s’expriment, l’une à qui « rien n’est jamais arrivé » par­le d’une atmo­sphère « un peu oppres­sante », l’autre est surtout tra­cassée par les con­di­tions dans lesquelles vivent les migrants.

Trop de monde, des trot­toirs trop étroits, mal éclairés, une pro­pa­gande men­songère, une atmo­sphère pas cool, nos fins lim­iers ont trou­vé d’autres pistes aux allé­ga­tions de quelques habi­tantes excédées. On est presque rassurés…

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