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Privilèges : le Sénat s’attaque à l’abattement fiscal des journalistes (trop) bien payés mais est retoqué
Publié le 

20 décembre 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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Privilèges : le Sénat s’attaque à l’abattement fiscal des journalistes (trop) bien payés mais est retoqué

Adden­dum du 20 décem­bre 2018 : Sous la pres­sion du mou­ve­ment des gilets jaunes et dans un moment poli­tique où l’exigence de jus­tice fis­cale se fait enten­dre, les députés ont accep­té de rabot­er la niche fis­cale des jour­nal­istes. En seront exclus les jour­nal­istes dont le revenu men­su­el brut est égal ou supérieur à 7.800 € brut (6.000 € net), un mon­tant assez élevé pour inclure l’immense majorité des anciens béné­fi­ci­aires.

14/12/2018 — Alors que dans les rues les Gilets jaunes issus de la France qui travaille dur et ne s’en sort pas gronde contre Macron, la « caste » et les privilèges, le Sénat a entrepris timidement fin novembre 2018 de s’attaquer à ce qu’un nombre croissant de français ne supporte plus, certaines niches fiscales abusives. Ainsi, l’abattement fiscal des journalistes très bien payés – trop ? – a été rogné contre l’avis du gouvernement.

Abattement avec un plafond de 6000€ mensuel net

L’amendement du séna­teur rad­i­cal Yvon Collin prévoy­ait de « ne ren­dre béné­fi­ci­aire de l’exonération d’impôt sur le revenu […] que les seuls jour­nal­istes, rédac­teurs, pho­tographes, directeurs de jour­naux et cri­tiques dra­ma­tiques et musi­caux dont le revenu men­su­el est inférieur à 6000 euros nets ». Si le gou­verne­ment avait ren­du un avis défa­vor­able, la com­mis­sion s’en était remise à la « sagesse du Sénat », c’est-à-dire lais­sait chaque séna­teur tranch­er en son âme et con­science.

Le séna­teur Yvon Collin a lui-même pré­cisé que « cet amende­ment vise les jour­nal­istes vedettes ou les patrons de presse, pas les jour­nal­istes qui galèrent ». Il remet l’ouvrage sur le méti­er : en 2013 il était par­venu à lim­iter le seuil de l’exonération à 4000 €, mais les députés étaient revenus sur la déci­sion des séna­teurs.

Des revenus inégaux

En-dessous de 6000 € nets par mois (une jolie somme), cela fait bien des jour­nal­istes qui ne galèrent pas… mais ne se privent pas de déblatér­er sur les salaires des autres, d’exiger de la trans­parence sans en faire en retour et d’appeler à la résorp­tion des iné­gal­ités sans faire eux-mêmes le pre­mier pas. D’autant que les iné­gal­ités exis­tent dans la pro­fes­sion : le salaire moyen des jour­nal­istes en CDI est de 3549€ en 2016, de 1969€ pour les pigistes et 1886 € pour les jour­nal­istes en CDD.

Et cela ne prend pas en compte ces cen­taines de jour­nal­istes indépen­dants, jour­nal­istes télé et autres reporters qui ont renon­cé à deman­der la carte de presse ou se la voient refuser – il y a au moins 550 refus pour 35.000 cartes en cir­cu­la­tion – du fait de con­di­tions de renou­velle­ment ou d’obtention dra­coni­ennes et large­ment périmées du fait des réal­ités du méti­er. Pour la plu­part, ceux-là galèrent vrai­ment… mal­gré des journées de tra­vail à ral­longe et un investisse­ment dans leur méti­er qui dépasse large­ment la journée de huit heures.

Une niche protégée

« Cette niche fis­cale a été créée pour les jour­nal­istes en 1934, au nom de leurs frais pro­fes­sion­nels. Ils fai­saient par­tie de la liste de 110 pro­fes­sions pour qui une telle exonéra­tion avait été mise en place. Cette dis­po­si­tion avait aus­si été conçue comme une aide indi­recte aux patrons de presse, leur per­me­t­tant d’embaucher leurs salariés moins cher. Ces dernières années, le coût de l’allocation pour frais d’emplois a été estimé entre 50 et 70 mil­lions d’euros par an », explique Pub­lic Sénat. Elle per­met aux jour­nal­istes de déduire 7.650 € de leurs revenus déclarés, au moment de la déc­la­ra­tion des revenus.

Cet amende­ment du Sénat a été reto­qué par le gou­verne­ment et a peu de chances d’être adop­té, les autorités ont trop besoin de l’indulgence des jour­nal­istes – surtout les édi­to­ri­al­istes bien rémunérés – au beau milieu de la révolte des gilets jaunes.

Crédit pho­to : Daniel Kak­i­uthi via Flickr (cc)

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