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L’Officiel : le « sauvetage chinois » AMTD vire à la guerre judiciaire

11 janvier 2026

Temps de lecture : 3 minutes
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L’Officiel : le « sauvetage chinois » AMTD vire à la guerre judiciaire

Temps de lecture : 3 minutes

L’Officiel : le « sauvetage chinois » AMTD vire à la guerre judiciaire

Trois ans après son pas­sage sous pavil­lon AMTD, L’Officiel se retrou­ve au cœur d’un affron­te­ment judi­ci­aire et pat­ri­mo­ni­al. La famille Jalou, pro­prié­taire his­torique, dénonce une opéra­tion de « pré­da­tion » et des mon­tages des­tinés à siphon­ner mar­ques et act­ifs. Une enquête finan­cière est ouverte à Paris.

Der­rière les cou­ver­tures glam­our et l’image d’une insti­tu­tion née en 1921, le feuil­leton révèle une bataille très con­tem­po­raine : celle du con­trôle d’une mar­que média mon­di­al­isée, de ses licences et de ses archives… Avec en toile de fond, un acquéreur chi­nois alors que l’Empire du Milieu s’est tou­jours mon­tré dis­cret, mais pas inac­t­if, dans le secteur médi­a­tique.

De la reprise en 2022 à la rupture

En 2022, le con­glomérat chi­nois AMTD entre au cap­i­tal du groupe édi­to­r­i­al Jalou, alors en redresse­ment judi­ci­aire, avec un réc­it de relance à l’international et d’accélération dig­i­tale. Fash­ion­Net­work, plate­forme inter­na­tionale d’in­for­ma­tion B2B (busi­ness-to-busi­ness) spé­cial­isée dans l’ac­tu­al­ité de la mode, décrivait une stratégie tournée vers les fran­chis­es, le Web3 et la ratio­nal­i­sa­tion du papier.

Dans sa com­mu­ni­ca­tion, AMTD met­tait en avant l’ampleur inter­na­tionale de la mar­que (édi­tions inter­na­tionales, audi­ences numériques), tout en présen­tant l’opération comme une con­sol­i­da­tion. (Ces chiffres sont déclarat­ifs, non des don­nées d’audit de diffusion.)

Une plainte, puis une enquête financière

Le 6 jan­vi­er 2026, l’AFP rap­porte que le par­quet de Paris a con­fié une enquête à la BRIF après une plainte déposée le 5 mars 2025. La famille Jalou vise des faits allégués de « con­tre­façon, fraude fis­cale et abus de biens soci­aux ». Elle évoque un préju­dice « d’au moins 40 mil­lions d’euros » pour les créanciers et con­teste un mon­tage autour d’une mar­que val­orisée à près de 85 mil­lions d’euros dans des doc­u­ments boursiers.

Le point cen­tral d’achoppement con­cerne le plan de redresse­ment courant jusqu’en 2028 qui inter­di­rait de céder ou trans­fér­er des fonds de com­merce et des mar­ques, ce que les plaig­nants esti­ment con­tourné via des enreg­istrements à l’étranger et des trans­ferts de licences.

Marques, licences, archives : la bataille des actifs immatériels

Selon l’AFP, les griefs por­tent sur des mon­tages entre plusieurs places (Paris, Hong Kong, New York, etc.) visant à « dilapi­der » les act­ifs, tan­dis que des parte­naires inter­na­tionaux auraient été invités à traiter directe­ment avec les nou­veaux pro­prié­taires. Plus sen­si­ble encore, la ques­tion des archives pho­tographiques qui seraient « portées dis­parues » con­stitue un enjeu pat­ri­mo­ni­al majeur pour un titre qui cap­i­talise sur un siè­cle d’images.

À ce stade, il s’agit d’allégations au cœur d’une procé­dure et le con­glomérat AMTD demeure dis­cret, mais dans une péri­ode de crise du papi­er, la vente des titres pres­tigieux peut être ten­tante pour des groupes en déclin. Des investis­seurs étrangers en mal de renom pour­raient bien pour­suiv­re leurs emplettes en France avec le risque de voir des affaires ana­logues se repro­duire avec tou­jours des sus­pi­cions d’ingérences étrangères.

Rodolphe Cha­la­mel

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