Les enfants gâtés de Libération

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Aujourd’hui 19 février a lieu à 15 heures un conseil de surveillance décisif pour le quotidien Libération. Il sera suivi, demain, d’un énième comité d’entreprise. La question du renflouement de la trésorerie du journal par les actionnaires et l’État (au travers du Comité interministériel de restructuration) seront évidemment en première ligne des différents ordres du jour. Sans cet apport de cash, Libération, qui a perdu environ 1,5 million d’euros en 2013, aura du mal à payer les salaires de mars.

À court terme, se pose aussi la question du modèle économique du titre. Libération, coutumier des crises comme celle de 2007, qui avait vu le départ de 55 salariés, semble anesthésié par le corporatisme et le conservatisme de son personnel. À l’image de la gauche, qu’ils soutiennent clairement, ses journalistes s’arcboutent sur leurs prérogatives et le maintien du statu quo. Ce statu quo se heurte pourtant à quelques chiffres terribles pour un quotidien qui tire la majeure partie de ses recettes (60 millions d’euros en 2012) du seul papier. La diffusion individuelle payée (71 855 exemplaires) a baissé de plus de 16% en 2013. La chute est encore plus nette concernant les ventes en kiosques : -28%. Libé ne vend plus au numéro qu’un peu plus de 36 000 exemplaires dans toute la France !

Bruno Ledoux, l’actionnaire de référence (26%) le plus actif, qui réclame quatre millions d’économies en 2014 pour revenir à l’équilibre, propose un plan de développement qui passe par un changement radical de physionomie pour Libération. Il veut adosser au quotidien un nouveau réseau social et accueillir dans son immeuble un centre culturel au sigle de la marque. Il a demandé au designer Philippe Starck de lui faire un projet. Ledoux a annoncé, maladroitement, un déménagement concomitant de la rédaction en proche banlieue. Impensable pour les 150 journalistes de quitter le centre de Paris. En cas de maintien de la rédaction au cœur du futur espace, elle aurait aussi probablement refusé de devenir un zoo ! Les négociations, qui ont redémarré après avoir obtenu vendredi 14 février la tête du directeur de Libé, Nicolas Demorand, ne seront pas plus faciles sur la question, centrale, des salaires. La baisse des rémunérations varierait de 5% pour les journalistes de base, à 15% concernant les rédacteurs en chef et directeurs adjoints de la rédaction. Deux d’entre eux, François Sergent et Eric Decouty, ont déjà clairement annoncé leur opposition, entrainant une réponse cinglante du bras droit de Ledoux, François Moulias. Les négociations portent aussi sur les congés et le temps de travail. À Libération, les journalistes bénéficient au total de 11 semaines de repos (congés payés, récupérations, et RTT). C’est certes moins qu’au Parisien où les chiffres montent à 11 semaines de congés payés et 28 jours de RTT, mais beaucoup plus que la plupart des salariés. Le quotidien des riches Éditions Amaury a d’ailleurs lui aussi remis

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le sujet sur la table. En 2014, la question des avantages, dus au statut des journalistes mais aussi à des accords internes, sera une question centrale pour la presse, laminée par la crise.

La partie développement (réseau social, centre culturel) n’est pas mieux ressentie par la base qui, à raison, défend le maintien du caractère spécifique de la presse et de la qualité de l’information. La diversification des marques de presse, pratiquée depuis des décennies, y compris à Libération, dans les groupes (événementiel, croisières, billetterie, édition de livres) n’est pourtant pas contradictoire avec cette question de principe. En permettant de compenser la baisse des ventes papier, difficile à reconquérir sur les canaux numériques, elle contribue même clairement au maintien d’une information de qualité, par nature non rentable.

Crédit photo : Ojim / ap-photographie (cc)