Le mardi 17 mars 2026, une simple mauvaise audition sur un duplex nocturne a suffi à déclencher une tempête médiatique et politique.
Une confusion audio qui vire au mauvais procès en racisme
Apolline de Malherbe, journaliste vedette de la matinale RMC-BFMTV, interroge Bally Bagayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis. Elle croit entendre « ville des Noirs » dans les propos de victoire du candidat lors d’un duplex avec Darius Rochebin dimanche soir. La question fuse.
Puis vient le mea-culpa sur X. Mais pour la gauche radicale, même l’aveu d’erreur est un crime. Une séquence qui en dit long sur l’hystérie antiraciste du moment.
« Dans le brouhaha du plateau ».
Aha.
Le propos de @BallyBagayoko était parfaitement audible. pic.twitter.com/nTqK4Y5E2S
— Laawnik (@Laawnik) March 17, 2026
« Ville des rois » ou « ville des noirs » ? L’erreur qui a tout fait basculer
Dimanche soir, vers minuit, Bally Bagayoko célèbre son élection dès le premier tour à Saint-Denis, cité historique des rois de France. Dans le brouhaha, une phrase passe :
« ville des rois et du peuple vivant ».
Beaucoup, dont la journaliste, perçoivent juste avant l’expression « ville des Noirs ». Le lendemain matin, en direct, Apolline lance :
« Vous disiez que c’est aussi la ville des Noirs, est-ce que ça compte pour vous ? »
Bally rectifie aussitôt :
« Ce n’est pas la ville des Noirs, c’est la ville des Rois, et du peuple vivant. »
L’erreur est humaine et l’audio portait à confusion. Fin de l’histoire ? Pas pour tout le monde.
Le tweet d’excuse qui met le feu aux poudres
Quelques heures plus tard, Apolline poste sur X un message d’excuse :
« J’ai reçu ce matin Bally Bagayoko. Dans le brouhaha du duplex, j’avais mal entendu ses propos dimanche soir minuit, et j’en suis désolée. Ses mots exacts étaient “ville des rois et du peuple vivant”. Il a eu l’occasion de le dire ce matin à mon micro. »
Un aveu franc, sans langue de bois. On pourrait y voir de la déontologie journalistique basique : corriger une approximation. Mais pour certains, c’est une provocation supplémentaire.
J’ai reçu ce matin Bally Bagayoko, nouveau maire de St-Denis. Dans le brouhaha du duplex j’avais mal entendu ses propos dimanche soir minuit, et j’en suis désolée. Ses mots exacts etaient “ville des rois et du peuple vivant”. Il a eu l’occasion de le dire ce matin à mon micro. https://t.co/zgZv0zkFfs
— Apolline de Malherbe (@apollineWakeUp) March 17, 2026
Les réactions ne se font pas attendre. Des députés LFI et des influenceurs d’extrême gauche déchaînent les réseaux. On reproche à la journaliste de ne pas s’être excusée sur l’antenne, comme si un tweet ne suffisait pas à laver l’affront. Un compte influent résume l’ambiance :
« Pourquoi tu présentes pas tes excuses sur ton plateau, l’endroit même où tu as causé du tort à Bally Bagayoko en relayant une fake news ?! Probablement parce que t’es une sombre merde, Apolline. »
Le ton est posé.
Trop facile de balancer des fakesnews . Où sont vos excuses ????
Depuis hier toute le monde sait que c’est faux.
Faites votre travail de journaliste
— Duval Philippe (@p_duval) March 17, 2026
D’autres élus insoumis exigent une « mise au point publique » plus humiliante, comme si l’erreur audio valait un délit d’opinion.
Vous avez relayé une fake news raciste de l’extrême-droite sans prendre aucune précaution.
« La ville des Noirs »… Mais qui peut sérieusement croire que @BallyBagayoko aurait pu dire cela ?Nous attendons une rectification claire à l’antenne. Y compris mentionnant l’origine de… https://t.co/SiX5PE5xhp
— Nadège Abomangoli 🐢 (@abomangoli) March 17, 2026
Le mal est fait. Bally est d’autant plus victime de harcèlement raciste.
Facile de s’excuser sur X avec un tweet invisible. Nous souhaitons une rectification diffusée plusieurs fois à l’antenne et des excuses en direct pour que les centaines de milliers de gens qui ont vu… https://t.co/QCbNRMvQ4b
— Gabrielle Cathala (@GabrielleCthl) March 17, 2026
Quand la gauche transforme une méprise en arme politique
Cette affaire révèle un mécanisme bien rodé. Bally Bagayoko, cadre RATP peu connu nationalement mais porté par LFI et le PCF, incarne la « nouvelle France » des “quartiers”. Qu’une journaliste ose poser une question sur une phrase mal entendue, et c’est le procès en racisme. Qu’elle s’excuse publiquement, et l’excuse elle-même est jugée insuffisante. Double peine : on lynche d’abord, on refuse le pardon ensuite.
Jean-Charles Soulier

