Journée internationale des femmes : Libération en plein “bad buzz” pour sa double tarification

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Instituée par l’ONU en 1977, la Journée internationale des droits des femmes est célébrée tous les ans le 8 mars. L’occasion pour médias et groupes militants de mettre en avant les situations d’inégalité demeurant entre les hommes et les femmes.

C’est ce qu’a fait, à ses risques et périls, le quotidien Libération, s’inspirant d’une initiative similaire menée par l’hebdomadaire canadien Maclean, en proposant une double tarification pour son numéro du 8 mars au nom de la lutte contre les inégalités salariales : un numéro pour les femmes à 2 € (son tarif habituel) et un numéro pour les hommes à 2,50 €, soit un écart de +25%, ce qui correspond, selon son rédacteur en chef Laurent Joffrin, à l’écart de salaire entre les hommes et les femmes en France.

Sauf que… Le chiffre de 25% annoncé en Une est erroné. En effet, selon Séverine Lemière, maîtresse de conférences à l’université Paris-Descartes, si “l’écart salarial annuel net est de 25,7 % (données 2012, Dares) (…), les économistes mesurent l’écart de salaire « toutes choses égales par ailleurs », c’est-à-dire en regardant à même temps de travail, même secteur, même taille d’entreprise, même catégorie professionnelle… L’écart de salaire restant est alors d’environ 9 % !” (entretien paru dans Le Monde, 08/11/2016). Ce qui eût porté notre numéro de Libé à 2,18 €, voire 2,20 € si l’on arrondit.

Ce double tarif, annoncé par Laurent Joffrin sur Twitter, n’a pas manqué de provoquer des réactions pour le moins ironiques pour la plupart, indignées pour d’autres, et ce par dizaines, dans un fil presque ininterrompu. Il est même extrêmement malaisé de trouver des commentaires enthousiastes ! Outre la question du tarif pratiqué (pourquoi un tarif majoré et non minoré ?), le rappel des subventions distribuées au journal au demeurant propriété d’un milliardaire, la grande majorité des commentaires ironise sur les questions de “genre” pourtant chères à Libé : il fallait y penser ! La théorie du genre, défendue par Libé, va-t-elle être appliquée par les marchands de journaux ? Quid en effet des hermaphrodites, des “non binaires”, des “trottinettes à moteur”, “cisgenre pansexuels athées” et autres “gender fluid” ? Cerise sur le gâteau, la direction presque exclusivement masculine du quotidien est également montrée du doigt… Bref, effet boomerang et bad buzz sur les réseaux sociaux sont au rendez-vous, indicateurs, s’il en était besoin, de la très mauvaise santé du journal.