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Journalistes en garde à vue : un premier témoignage
Publié le 

29 janvier 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Journalistes en garde à vue : un premier témoignage

Après la manifestation organisée par le collectif « Jour de colère » dimanche 26 janvier 2014, plusieurs journalistes et photographes indépendants ont été placés en garde à vue dans l’indifférence générale de leurs collègues mainstream. L’OJIM a retrouvé l’un de ces journalistes indépendants qui, en souhaitant demeurer anonyme, a accepté de nous livrer son témoignage.

Quel était le motif de la garde à vue ?

Le motif des gardes-à-vue était « par­tic­i­pa­tion à un attroupe­ment armé » et « vio­lences sur agent déposi­taire de la force publique ». Nous étions tous dans le même lot. Il y avait cinq étu­di­ants d’une autre école de jour­nal­isme venus en reportage, des pho­tographes indépen­dants et trois cam­era­men. Nous étions mélangés aux man­i­fes­tants et aucune dis­tinc­tion n’a été faite dans les arresta­tions.

Comment s’est déroulée cette garde à vue ?

De 18h00 à 22h30, nous sommes restés place Vauban sous la pluie, encadrés par les CRS. Vers 22h30, des bus de la BAPSA (« brigade d’assistance aux per­son­nes sans abris », ndlr) sont venus pren­dre les gens pour les emmen­er dans un « dépôt » du nord de Paris, près de la rue de l’Évangile. À cet endroit, entourés de bar­belés et de CRS, les gardés à vue se sont fait inter­roger un par un par les forces de l’ordre qui nous ont noti­fiés notre garde à vue à 4h00 du matin. Dans le ter­rain vague entouré de bar­belés, c’était ten­du. Exposés au froid, à la pluie, au vent, il y a eu un cas d’hypothermie et un jeune homme qui a vomi longtemps, sans être pris en charge. Légale­ment, entre la pri­va­tion de lib­erté et la noti­fi­ca­tion de garde à vue, il ne doit pas se pass­er plus d’une heure. Là, per­son­nelle­ment, nous avons atten­du jusqu’à 4h00 du matin avant d’être audi­tion­nés, ce qui est illé­gal et invalide la procé­dure. Sauf que le mag­is­trat en charge du dossier a délibéré­ment autorisé la vio­la­tion de la loi…

Et après l’audition ?

Après cette audi­tion, on a tous été dis­patchés dans des com­mis­sari­ats de ban­lieue, les com­mis­sari­ats parisiens étant déjà pleins à cra­quer. Je me suis retrou­vé avec une col­lègue dans un com­mis­sari­at d’Asnières-Gennevilliers. Là : pal­pa­tion, mise à nu et tripotage en règle, puis directe­ment en cel­lule… A par­tir de là, sans lit, sans manger ni rien, on a atten­du jusqu’à 17h00 notre libéra­tion. Les charges ont été aban­don­nées et nous avons été libérés. J’oublie cer­taine­ment pas mal de choses mais le décalage et le choc font que tout ce qui s’est passé n’est pas encore extrême­ment clair. Ce qui est sûr, c’est c’était quand même assez vio­lent…

Crédit pho­to : anfad via Flickr (cc)

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