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Hongrie : la télévision publique devance ses concurrents en matière d’information

20 juin 2016

Temps de lecture : 3 minutes
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Hongrie : la télévision publique devance ses concurrents en matière d’information

« On joue ! », dans la version originale : « Jatékban vagyunk » – c’est le slogan de la télévision hongroise MTV qui commença à émettre quelques semaines après la répression sanglante de l’insurrection de 1956 par les chars soviétiques.

Une télévi­sion qui pen­dant de longues décen­nies res­ta la seule et unique chaîne et qui n’émet­tait pas le lun­di. L’ar­rivée mas­sive d’émet­teurs privés après 1989 a totale­ment trans­for­mé le paysage audio­vi­suel en Hon­grie. Mais ce n’est que ces dernières années que la télévi­sion publique a dévelop­pé son offre et amélioré la qual­ité de ses émis­sions.

Aujour­d’hui, la télévi­sion publique hon­groise, ce sont 4 chaînes thé­ma­tiques : M1 pour les infor­ma­tions, M2 pour les dessins ani­més et pro­grammes pour enfants, M3 pour les films et M4 pour le sport. Il y a encore la chaîne de ciné­ma et de diver­tisse­ment TV2 qui fait depuis des années une con­cur­rence acharnée à la chaîne alle­mande RTL Klub pour le titre de chaîne la plus regardée du pays, et aus­si Duna et Duna World qui s’adressent aux téléspec­ta­teurs en Hon­grie et à l’é­tranger.

C’est la chaîne d’in­for­ma­tion en con­tinu M1 qui joue le pre­mier rôle dans la vie poli­tique. Elle est con­sid­érée comme pro-gou­verne­men­tale par la gauche libérale-lib­er­taire. Ce n’est pas faux dans la mesure où la télévi­sion publique hon­groise a tou­jours été pro-gou­verne­men­tale, y com­pris à l’époque des gou­verne­ments de la gauche et des libéraux. La télévi­sion publique n’avait par con­tre encore jamais atteint un tel niveau de qual­ité et de pro­fes­sion­nal­isme, et cette affir­ma­tion vaut aus­si pour sa chaîne M1.

Out­re le bloc des pro­grammes du soir résumant la journée écoulée, le point fort de M1, c’est le bloc d’in­for­ma­tion qui dure 3 heures chaque matin avec notam­ment de cour­tes rela­tions en direct des cor­re­spon­dants de la chaîne à Bag­dad, Vienne, Paris, Wash­ing­ton, etc. Sans les rap­ports des cor­re­spon­dants de M1 depuis le Moyen-Ori­ent, le gou­verne­ment hon­grois aurait sans doute réa­gi à la vague d’im­mi­grants musul­mans moins vite et de manière moins décidée.

M1 pro­pose aus­si de nom­breuses dis­cus­sions avec des experts à la fois pour les ques­tions inter­na­tionales et nationales. Par con­tre, les hommes et femmes poli­tiques des par­tis au pou­voir et de l’op­po­si­tion ne sont pas sou­vent invités dans les stu­dios de M1. Et s’ils sont invités, ce ne sont pas les lead­ers de ces par­tis. Cette règle vaut aus­si pour les min­istres qui délèguent générale­ment dans les émis­sions de télévi­sion leurs adjoints com­pé­tents pour les ques­tions dis­cutées.

Le pre­mier min­istre Vik­tor Orbán lui-même préfère la radio pour son inter­view heb­do­madaire (le ven­dre­di ou le lun­di) de 30 à 60 min­utes. La stratégie de com­mu­ni­ca­tion du gou­verne­ment, pour ce qui est de la télévi­sion, s’ap­puie plutôt sur les con­férences de presse de János Lázár, min­istre sans porte­feuille et chef du cab­i­net du pre­mier min­istre. Lors de ces con­férences de presse fréquentes et qui durent par­fois plusieurs heures, János Lázár, juriste de for­ma­tion, brille générale­ment par sa con­nais­sance des sujets et son habileté ora­toire qui le pla­cent large­ment au-dessus des jour­nal­istes qui posent les ques­tions. Cela lui vaut de faire l’ob­jet de spécu­la­tions sur sa qual­ité de suc­cesseur poten­tiel de Vik­tor Orbán à la tête du gou­verne­ment et du par­ti Fidesz.

Pour revenir à la chaîne de télévi­sion M1, une autre chose qui mérite l’at­ten­tion, c’est l’an­nonce des infor­ma­tions du jour répétée plusieurs fois par heure, par blocs d’une minute à peine, avec un gros plan sur le vis­age du présen­ta­teur. Une autre curiosité, ce sont les infor­ma­tions émis­es entre 23h00 et 4h00 en anglais, alle­mand et… chi­nois (Duna World pro­pose encore plus d’in­for­ma­tions et d’émis­sions dans ces langues).

Si l’on ajoute à cela l’équipe de jour­nal­istes choi­sis non seule­ment pour leur présen­ta­tion mais surtout pour leurs com­pé­tences, et qui sont donc d’âge moyen ou même avancé, il n’est pas sur­prenant que la chaîne M1 ait été regardée par 4 % des téléspec­ta­teurs en moyenne l’an­née dernière, ce qui est plutôt beau­coup pour une chaîne d’in­for­ma­tions et ce qui laisse loin der­rière les con­cur­rents, HírTV et Echo.

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