L’École supérieure de journalisme a été visée par des activistes d’ultragauche. Des insultes visant Vincent Bolloré ont été taguées. La direction de l’établissement dénonce un climat délétère et revendique sa liberté d’enseigner.
« No borders, no barriers, no Bolloré » : dans la nuit du 10 au 11 avril, la façade de l’École supérieure de journalisme (ESJ) dans le XVe arrondissement parisien était vandalisée. Les trottoirs aussi, des pochoirs « école raciste » ou « fasciste » ayant été peints. La grille a quant à elle été bloquée par de lourdes chaînes cadenassées.
Une véritable tentative d’intimidation. Car la date n’a pas été choisie au hasard : la journée portes ouvertes était programmée le 11 avril. Destinée aux futurs candidats de l’école, elle a finalement été reportée à mercredi prochain.
Les locaux actuels sont récents mais cet établissement est ancien, fondé en 1899. Il est la première école de journalisme au monde.
« Révoltant »
« C’est un scandale d’attaquer un lieu d’enseignement, qui devrait d’une certaine façon être un lieu sacré quelles que soient les opinions des uns et des autres », a déploré Emmanuel Ostian, le directeur général de l’établissement, dans les colonnes du Parisien. « Ici, on ne fait qu’apprendre le journalisme sans aucun militantisme. On a le droit de ne pas être d’accord sur un actionnariat, mais c’est révoltant de l’exprimer de cette façon. »
Le média de la gauche radicale Blast diffusait d’ailleurs dès le 12 avril une vidéo réalisée par son journaliste Jose Rexach, diffusant des images de l’action activiste et soutenant celle-ci. Le reportage évoque d’ailleurs une campagne intitulée « Désarmons Bolloré » visant à « dénoncer certaines influences ».
Source : @rexachjose (Instagram)
Une campagne de dénigrement
Car bien entendu, l’action visait les actionnaires : l’école a en effet été rachetée en 2024 par un consortium regroupant notamment Vincent Bolloré, Bernard Arnault et Rodolphe Saadé. Depuis, elle attire les foudres de la gauche radicale. Médiapart, Libération, Les Inrocks, Blast… tous croient en effet voir dans le rachat de l’ESJ Paris une offensive des milliardaires pour « conquérir » la formation des journalistes et accentuer la « droitisation » du paysage médiatique français.
Avec des intervenants comme le philosophe Rémi Brague ou la présentatrice Sonia Mabrouk, l’ESJ défend de son côté un enseignement d’excellence « ouvert sur les mutations contemporaines du monde de l’information ». Une approche qui ne pouvait qu’inquiéter la gauche culturelle, soucieuse de préserver son monopole sur les journalistes en devenir.
Médiapart hystérise (encore) le débat
« L’ESJ Paris, une école de journalisme qui se bollorise à toute vitesse », titrait par exemple Médiapart le 24 janvier dernier. Dans un papier à charge, le média d’Edwy Plenel dénonçait les remplacements de professeurs, les accusations de discriminations et bien sûr des « intervenants d’extrême droite ». Un appel à peine déguisé à l’action. Car dans le milieu clos de l’extrême gauche, toute tentative de pluralisme apparaît comme une menace existentielle.
Selon nos informations, l’un des militants ayant participé à cette action de vandalisme a été filmé à visage découvert par les caméras de sécurité.

