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Dabiq, le magazine numérique de… l’État islamique

27 octobre 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Dabiq, le magazine numérique de… l’État islamique

La guerre passant également (voire surtout) par la propagande médiatique et le contrôle de l’information, il n’y avait pas de raison pour que l’État islamique s’en prive. Depuis juillet, l’organisation terroriste publie son propre magazine numérique.

Inti­t­ulé « Dabiq », cette revue dénom­bre une cinquan­taine de pages et entend pro­mou­voir le jihad dans le monde entier. Un jihad qui, évidem­ment, est présen­té comme un acte de résis­tance face à l’op­pres­sion, et non comme une démarche bar­bare et ter­ror­iste.

Anglo­phone, la revue s’adresse à la fois aux musul­mans du monde mais aus­si aux autres organ­i­sa­tions jihadistes que l’É­tat islamique souhaite fédér­er autour de lui. Aus­si, Dabiq vise les « loups soli­taires » des pays occi­den­taux, leur deman­dant d’a­gir dans l’in­térêt de l’EI depuis les pays où ils se trou­vent.

Tout comme son homo­logue (et con­cur­rent), le mag­a­zine Inspire, dif­fusé par Al-Qaï­da, la revue de l’É­tat islamique est mon­tée comme un vrai manuel de con­seils pra­tiques pour jihadistes en herbe.

« En décem­bre dernier, deux Soma­liens ont été arrêtés à Bonn par les Alle­mands. Ils pré­paraient un atten­tat avec une bombe qui était par­faite­ment com­pa­ra­ble à celles décrites dans Inspire. Inspire est la bible en matière de pro­pa­gande dji­hadiste. Surtout, elle est conçue comme une vraie revue et on y trou­ve absol­u­ment tout: des con­seils opéra­tionnels, de la réflex­ion idéologique, des témoignages, des reportages… Inspire dif­fuse du savoir-faire à grande échelle, comme autant de bouteilles lancées à la mer », rap­pelait l’an­née dernière Yves Trotignon, spé­cial­iste du ter­ror­isme, dans Slate. C’est ce même rôle que l’EI entend don­ner à sa revue.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les jihadistes ont bien assim­ilé les tech­niques de pro­pa­gande jour­nal­is­tique déjà bien rôdées dans la presse occi­den­tale : le poids des mots, le choc des images. Pas une page sans son com­bat­tant héroïque bran­dis­sant fière­ment le dra­peau de l’EI, quand celui-ci n’est pas plan­té au milieu d’un champ de bataille en ruines. Les corps de com­bat­tants tués sont égale­ment beau­coup mis en avant pour prou­ver indig­na­tion et désir de vengeance.

Les arti­cles, se référant sans arrêt au Coran, présen­tent un monde divisé en deux. D’un côté, le camp de l’is­lam et de la foi, avec ses braves moud­jahidin ; de l’autre, le camp de « l’in­cré­dulité et de l’hypocrisie » dirigé par l’Amérique et la Russie. Con­tre les « juifs, les croisés et leurs alliés », Dabiq appelle claire­ment à « se con­cen­tr­er sur le fait de provo­quer la mort de l’en­ne­mi, ou de lui infliger des blessures et des dégâts ».

Dans sa dernière édi­tion, le mag­a­zine de l’or­gan­i­sa­tion ter­ror­iste se vante même d’avoir réduit en esclavage les femmes et les enfants yazidis, cette minorité iraki­enne poly­théiste dont les adeptes sont con­sid­érés comme des « ado­ra­teurs de Satan ».

Avec ce qua­trième numéro paru sur inter­net, l’É­tat islamique a bel et bien lancé sa guerre médi­a­tique à des­ti­na­tion du monde entier. Et con­traire­ment à la guerre ter­restre local­isée au Moyen-Ori­ent, cette guerre est vouée à réveiller les voca­tions endormies des extrémistes vivant au sein même des pays de la coali­tion.

Pour infor­ma­tion, le numéro 2 de Dabiq a été traduit en français.

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