La nouvelle a explosé comme une bombe le 31 mars à minuit : après une démission au sein de l’ARCOM, le président du Sénat Gérard Larcher a proposé au président de l’Observatoire du journalisme de rejoindre l’institution en tant que vice-président.
Notre entretien exclusif avec Claude Chollet
La nouvelle est un peu surprenante, vous n’avez pas ménagé l’ARCOM dans vos articles, sous-entendant, voire affirmant, que c’est une institution de censure politique plus que de régulation.
Je comprends que nos lecteurs puissent être désorientés, comme je l’ai été moi-même quand le président du Sénat m’a fait cette proposition.
Comment cela s’est-il passé ?
Je connais Gérard (Larcher) depuis longtemps. Non pour des raisons politiques, mais de convivialité. Nous sommes chasseurs tous les deux et amateurs de Bourgogne. C’est d’ailleurs au Sénat, autour d’une bouteille de Nuits-Saint-Georges 2005 (excellente), que la proposition m’a été faite. Après la deuxième bouteille, nous en étions aux cigares et au calvados de Domfront (1) que j’avais apporté. Tout à trac, la proposition m’a été faite et je devais répondre immédiatement oui ou non.
Vous avez hésité ?
Franchement oui. Vu de l’extérieur et du point de vue de l’OJIM, l’institution n’est pas franchement sexy. Pas loin de 400 personnes qui consacrent l’essentiel de leurs efforts à condamner les médias de Bolloré en travaillant au reste quand ils n’ont rien d’autre à faire, l’environnement humain doit être un peu glauque.
Alors, pourquoi accepter ?
Soit vous êtes à l’extérieur du pouvoir pour le critiquer, soit vous êtes à l’intérieur pour l’influencer. Le rôle de l’OJIM est de faire une critique positive, de l’extérieur, mais pourquoi ne pas tenter de peser sur le système cette fois-ci de l’intérieur ? Je réfléchissais depuis un moment à transmettre l’OJIM à une personne plus jeune. L’ayant trouvée et comme elle va prendre ses fonctions en avril, accepter ce poste à l’ARCOM est devenu plus facile. Depuis l’intérieur, j’espère comprendre pourquoi ce rôle indispensable de régulateur est aussi mal exercé et l’améliorer. 50 M€ de budget, on doit pouvoir faire mieux avec moins.
Quelles sont les conditions économiques ?
Le poste est bénévole, mais je vais disposer d’un bureau, d’une assistante et bien entendu d’une voiture avec chauffeur. Je ne sais pas encore si j’aurai le choix du modèle. Si c’est le cas, je penche pour une hybride de fabrication française. Une Renault Rafale, DS 7 Étoile ou Peugeot 408, bleu marine métallisé de préférence.
Le mot de la fin ?
Que les lecteurs de l’OJIM ne se méprennent pas, mon combat pour la plus grande liberté d’expression ne s’arrête pas, il prend une autre forme que j’espère efficace. Ah ! J’oubliais, merci Gérard !
Note
- Les amateurs de calvados savent que celui du domaine de Domfront (Orne) comporte une proportion de poires. Ce qui lui donne une saveur très particulière. On peut recommander celui qui a été dégusté avec Gérard Larcher, le hors d’âge du domaine Olivier de Thierry et Fabienne à La Ferrière-aux-Étangs. Un calvados onctueux, parfaitement équilibré.

