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[Rediffusion] Ces propositions de Trump dont les médias ne parlent jamais

27 décembre 2016

Temps de lecture : 2 minutes
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[Rediffusion] Ces propositions de Trump dont les médias ne parlent jamais

Dans les médias du monde entier, l’image qui est véhiculée de Donald Trump est très souvent liée à ses sorties volontairement provocatrices et caricaturales.

Ancien directeur du Monde Diplo­ma­tique, le jour­nal­iste Igna­cio Ramon­et a fait l’ef­fort de s’in­téress­er à ce qui se cachait (ou à ce qui était caché) der­rière ce voile tein­té de fan­taisie. « Com­ment un per­son­nage avec de si mis­érables idées peut ren­con­tr­er un tel suc­cès chez les électeurs améri­cains qui, évidem­ment, ne sont pas tous décérébrés? Quelque chose ne cadre pas », écrit-il sur le site Mémoires des luttes.

Ain­si, en se pen­chant de plus près sur le pro­gramme du can­di­dat Répub­li­cain à la Mai­son blanche, le jour­nal­iste a décou­vert sept « options fon­da­men­tales qu’il défend, et que les grands médias passent sys­té­ma­tique­ment sous silence ». Certes, Trump met en scène des propo­si­tions et des déc­la­ra­tions sur les immi­grés, les femmes ou encore les hand­i­capés qui feraient fuir le pre­mier social­iste (ou com­mu­niste) venu. Mais ce dernier a égale­ment promis de « dimin­uer les prix des médica­ments, d’aider à régler les prob­lèmes des “SDF”, de réformer la fis­cal­ité des petits con­tribuables, et de sup­primer un impôt fédéral qui touche 73 mil­lions de foy­ers mod­estes », note Igna­cio Ramon­et.

Et ça, aucun média ne prend le risque d’en par­ler. Pas plus que de sa propo­si­tion d’aug­menter « les tax­es sur tous les pro­duits importés » avec égale­ment des « droits de douanes de 40% sur les pro­duits chi­nois ». Aus­si, Trump a frap­pé un grand coup en pro­posant d’aug­menter les impôts des traders tra­vail­lant pour des fonds spécu­lat­ifs. En effet, ce dernier pro­pose « le rétab­lisse­ment de la loi Glass-Stea­gall (votée en 1933 pen­dant la Dépres­sion et abrogée en 1999 par William Clin­ton), qui séparait la banque tra­di­tion­nelle de la banque d’affaires pour éviter que celle-ci puisse met­tre en péril l’épargne pop­u­laire par des investisse­ments à haut risque », souligne Ramon­et.

Opposé au traité de libre échange nord-améri­caine (ALENA) et transpaci­fique (TPP), Trump n’ex­clut pas de quit­ter l’or­gan­i­sa­tion mon­di­ale du com­merce. Un pro­tec­tion­nisme ayant pour seul objec­tif de pro­téger les plus faibles et les plus lésés par la mon­di­al­i­sa­tion sauvage. « Dans des régions comme le rust belt, la “cein­ture de rouille” du nord-est où les délo­cal­i­sa­tions et la fer­me­ture d’usines ont fait explos­er le chô­mage et général­isé la pau­vreté, ces pro­pos sont reçus avec ent­hou­si­asme et font renaître tous les espoirs », recon­naît ain­si le jour­nal­iste.

Enfin, Trump est aus­si l’un des seuls can­di­dats à s’être posi­tion­né fer­me­ment con­tre l’im­péri­al­isme et l’in­ter­ven­tion­nisme éta­suniens. Pour lui, il faut en finir avec cette poli­tique étrangère d’in­ter­ven­tions tous azimuts car l’Amérique n’en a plus les moyens ni même la voca­tion. Aus­si, le mil­liar­daire compte bien réformer l’Otan afin qu’il n’y ait plus de « garantie d’une pro­tec­tion automa­tique des États-Unis envers les pays mem­bres ».

Pour Ramon­et, au-delà du bruit médi­a­tique autour du can­di­dat et de ses sor­ties tapageuses, qu’il con­damne par ailleurs, ces propo­si­tions orig­i­nales « expliquent sans doute un peu mieux les raisons de son suc­cès auprès de larges secteurs de l’électorat améri­cain ».

Crédit pho­to : nathancon­gle­ton via Flickr (cc)

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