Accueil E Veille médias E Après l’expulsion, le gel des fonds : Xenia Fedorova fustige « une forme nouvelle de pression politique »

Après l’expulsion, le gel des fonds : Xenia Fedorova fustige « une forme nouvelle de pression politique »

31 juillet 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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Le gou­verne­ment français a pris un nou­v­el arrêté gelant les avoirs de Xenia Fedoro­va. Assignée à rési­dence et con­trainte de point­er quo­ti­di­en­nement au com­mis­sari­at, l’ancienne direc­trice de RT France et chroniqueuse de CNews dénonce la cen­sure des opin­ions qui s’écartent du dis­cours officiel.

L’arrêté d’expulsion « en urgence absolue » ne suff­i­sait pas : dans la nuit du 30 au 31 juil­let, Roland Les­cure, min­istre de l’Économie, et Lau­rent Nunez, min­istre de l’Intérieur, ont pris un nou­v­el arrêté pour gel­er les avoirs de Xenia Fedoro­va. La chroniqueuse de CNews et ex-direc­trice de RT France ne pour­ra plus accéder à ses « fonds et ressources économiques » pen­dant au moins six mois, selon une infor­ma­tion du Parisien, con­fir­mée depuis par la pre­mière intéressée.

Précipitation gouvernementale ?

Tout porte à croire que cette nou­velle mesure, vis­i­ble­ment prise en urgence, sert à priv­er Xenia Fedoro­va de tout moyen d’existence pour la forcer à quit­ter le ter­ri­toire nation­al. Peut-être en rai­son des dif­fi­cultés d’application d’une expul­sion déjà con­testée par les avo­cats de Xenia Fedoro­va. Elle trahit de nou­veau une cer­taine impré­pa­ra­tion de l’exécutif, qui avait ini­tiale­ment « tem­po­risé » avant de céder à la pré­pa­ra­tion médiatique.

« Il m’est reproché de chercher à “saper la con­fi­ance des citoyens européens, et en par­ti­c­uli­er des citoyens français, en leurs insti­tu­tions et à instiller le doute sur le bien-fondé du sou­tien apporté à l’Ukraine” », a répon­du la Russe ce 31 juil­let sur X. Elle a ajouté que ses avo­cats con­tes­teront aus­si cette déci­sion, dénonçant une « forme nou­velle de pres­sion poli­tique ayant un seul objec­tif, la cen­sure des opin­ions qui ne cor­re­spon­dent pas au dis­cours officiel ».

Elle est pour l’heure assignée à rési­dence et doit quo­ti­di­en­nement point­er au commissariat.

Lau­rent Nunez esti­mait hier sur BFMTV que Xenia Fedoro­va remet­tait en cause « les intérêts fon­da­men­taux de la Nation » et « sapait le fonc­tion­nement démoc­ra­tique en France ». Il a écarté toute entorse à la lib­erté d’expression.

Qui sont les propagandistes ?

Sur les réseaux soci­aux, le pre­mier flic de France a ses par­ti­sans. L’influenceur aux 90 000 abon­nés sur X, Clé­ment Garin, esti­mait sur X que ces sim­ples pro­pos « con­fir­maient » l’ingérence. Selon lui, qui a sou­vent eu maille à par­tir avec Xenia Fedoro­va, celle-ci était « en ser­vice com­mandé » pour « intro­duire sur le sol français des pro­pos dic­tés par le Krem­lin ». Sans apporter de preuve.

Autre influ­enceur, cette fois au ser­vice du Quai d’Orsay et très favor­able à Kiev, Louis Duc­los salu­ait l’« excel­lente » réac­tion du gou­verne­ment et un enchaîne­ment d’actions visant « claire­ment à la dégager une bonne fois pour toutes de notre pays ».

Ironie de l’histoire : l’amalgame et la sim­pli­fi­ca­tion sont deux élé­ments indis­pens­ables à toute pro­pa­gande efficace.

La chroniqueuse a de sur­croît regret­té l’hostilité à l’égard de la Russie, dev­enue nar­ratif dom­i­nant : « la déci­sion est jus­ti­fiée par le fait que je suis russe et que le ter­rain d’une “rus­so­pho­bie publique­ment admise” a mal­heureuse­ment été pré­paré depuis plusieurs années. »

Réjouissances de courte vue

« Ceux qui célèbrent cette déci­sion man­quent de clair­voy­ance, car aujourd’hui, c’est moi, et demain, ce sera toute per­son­ne qui osera s’exprimer en dehors de la pen­sée unique », a de sur­croît prévenu Xenia Fedorova.

Il est vrai, des voix récla­ment déjà d’autres mesures : « Les choses sérieuses com­men­cent enfin », a aus­si com­men­té l’intellectuel néo­con­ser­va­teur Nico­las Ten­z­er, con­clu­ant : « La deux­ième étape qui devra suiv­re : les pro­pa­gan­distes français… » Sur BFMTV, Lau­rent Nunez a pour l’heure répon­du que « Mon­sieur Philip­pot et Mon­sieur Mar­i­ani vont con­tin­uer à être dif­fusés », rap­pelant qu’ils étaient de nation­al­ité française.

« La France ne se grandit pas en écar­tant les voix diver­gentes », a dénon­cé le 30 juil­let sur X le directeur des pro­grammes de Canal + Gérald-Brice Viret. « En démoc­ra­tie, les opin­ions se com­bat­tent par le débat, les argu­ments et les faits, non par l’exclusion, dès lors qu’elles s’expriment dans le cadre de la loi », a‑t-il souligné, regret­tant « un véri­ta­ble acharne­ment » et surtout l’existence « d’autres influ­ences, par­fois plus dif­fus­es, plus struc­turées et plus dan­gereuses pour notre pays » ne sus­ci­tant, elles, ni fer­meté ni vigilance.

Le groupe subit de vives attaques : le 29 juil­let aus­si, l’Arcom annonçait sanc­tion­ner à hau­teur de 200 000 euros CNews pour des pro­pos tenus en juin et sep­tem­bre par Erik Teg­n­er dans l’émission 100 % politique.

Edouard Chan­ot

Voir aus­si : Expul­sion de Xenia Fedoro­va : rideau de fer sur le pluralisme

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