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« Marine Le Pen candidate » : dix réactions qui racontent déjà la campagne de 2027 

8 juillet 2026 | Temps de lecture : 8 minutes

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Marine Le Pen a offi­cial­isé sa can­di­da­ture à l’élection prési­den­tielle de 2027 au lende­main d’une déci­sion judi­ci­aire qui la rend de nou­veau éli­gi­ble. Sur X, jour­nal­istes, édi­to­ri­al­istes et influ­enceurs ont aus­sitôt com­men­té cette entrée en cam­pagne sous haute sur­veil­lance judi­ci­aire. Sélection. 

Une cer­ti­tude s’est imposée en quelques heures : en annonçant simul­tané­ment son pour­voi et sa can­di­da­ture, Marine Le Pen a évité que la soirée du 7 juil­let soit racon­tée médi­a­tique­ment comme celle d’une condamnation.

Sélection : la campagne judiciaire devient campagne présidentielle

Nous avons sélec­tion­né dix posts, dix regards provenant d’univers médi­a­tiques et idéologiques dif­férents. Ces réac­tions mon­trent que l’annonce n’a réglé aucun des débats ouverts par le procès. Pour les uns, la can­di­da­ture de Marine Le Pen banalise la présence d’une per­son­nal­ité con­damnée au pre­mier plan de la vie publique. Pour les autres, sa capac­ité à demeur­er dans la course con­firme son endurance et pour­rait ren­forcer son dis­cours con­tre un pou­voir aus­si cri­tiqué par les Français, ici celui des juges.

Mar­di 7 juil­let, au jour­nal de 20 heures de TF1, Marine Le Pen a con­fir­mé sa qua­trième can­di­da­ture à l’Élysée. Con­damnée en appel à trois ans de prison, dont deux avec sur­sis, et à quar­ante-cinq mois d’inéligibilité, dont trente avec sur­sis, la prési­dente du groupe RN a déjà purgé la par­tie ferme de cette dernière peine. Elle a simul­tané­ment annon­cé un pour­voi en cas­sa­tion, qui devrait sus­pendre l’exécution du port du bracelet élec­tron­ique. Sur X, les réac­tions ont rapi­de­ment dess­iné des récits.

Les détracteurs ne lâcheront rien

1. Ilan Gabet : démon­ter la légitim­ité de la candidature

« Juriste » et mil­i­tant de gauche rad­i­cale, auteur d’un blog sur Medi­a­part, Ilan Gabet s’est con­sti­tué une audi­ence impor­tante grâce à ses com­men­taires juridiques et poli­tiques. Il réu­nit env­i­ron 116 000 abon­nés sur X. Après le juge­ment, il a pub­lié un long fil affirmant :

« Le RN va encore men­tir pour manip­uler l’opinion. »

Il entre­prend notam­ment de réfuter les argu­ments sur l’absence d’enrichissement per­son­nel ou le sim­ple « désac­cord admin­is­tratif ». Il fustige un détourne­ment mas­sif de 4,5 mil­lions d’euros publics sur plus de 12 ans, et voit dans la rémunéra­tion de proches (son ex-com­pagnon Louis Aliot, sa sœur Yann Le Pen, etc.) un « enrichisse­ment per­son­nel ». Sa réac­tion est une attaque visant la légitim­ité de la candidature.

2. Ant­ton Rouget : s’at­ta­quer aux contradictions

Jour­nal­iste au pôle Enquêtes de Medi­a­part, Ant­ton Rouget tra­vaille notam­ment sur les affaires politi­co-finan­cières et les réseaux de droite. Son compte rassem­ble env­i­ron 43 500 abonnés.

Il s’est fendu de très nom­breux mes­sages, dont un dans lequel il place Marine Le Pen devant la con­tra­dic­tion de ses précé­dentes déc­la­ra­tions sur des per­son­nal­ités poli­tiques, ici avec Jean-François Copé.

3. Jean-Michel Aphatie : le poids du précédent 

Ancien vis­age de RTL, de Canal+ et de France Info, Jean-Michel Aphatie pour­suit ses édi­to­ri­aux poli­tiques dans Quo­ti­di­en, sur TMC, et a glis­sé vers des analy­ses de plus en plus à gauche.
Avec env­i­ron 522 000 abon­nés, il pos­sède la plus large audi­ence de cette sélec­tion. Sur X, son com­men­taire résume la séquence en une com­para­i­son « historique » :

« Il y a dix ans, on n’imaginait pas un can­di­dat mis en exa­m­en. En 2027, une per­son­ne deux fois con­damnée pour détourne­ment de fonds publics sera candidate. »

Le chroniqueur a pub­lié un très long mes­sage. En effet, il paye un abon­nement à X (à Elon Musk donc) et peut donc tartin­er à souhait ! Il pub­lie par ailleurs une for­mule ironique sur une can­di­da­ture sous bracelet élec­tron­ique, sit­u­a­tion que, selon lui, le général de Gaulle n’avait pas anticipée.

4. Raphaël Enthoven : l’alternative résumée en une pique

Essay­iste, agrégé de philoso­phie et homme de radio et de télévi­sion, Raphaël Enthoven est notam­ment con­nu pour l’émission Philoso­phie sur Arte et pour avoir cofondé l’hebdomadaire Franc-Tireur. Twit­tos fréné­tique, il est suivi par env­i­ron 295 000 per­son­nes sur X. Sa réac­tion ne s’embarrasse guère de précautions :

 « En 2027, le RN va-t-il envoy­er un ado­les­cent ou un repris de justice ? »

L’« ado­les­cent » désigne évidem­ment Jor­dan Bardel­la et la sec­onde expres­sion Marine Le Pen. Une for­mule polémique, pen­sée pour résumer bru­tale­ment le dilemme auquel le RN sem­blait encore con­fron­té quelques heures auparavant.

5. Renaud Dély : relever le change­ment de stratégie

Jour­nal­iste poli­tique passé notam­ment par Libéra­tion, Le Parisien, L’Obs et Mar­i­anne, Renaud Dély (« mètre-étalon du poli­tique­ment cor­rect », selon l’OJIM) ani­me aujourd’hui 28 min­utes same­di sur Arte et inter­vient comme édi­to­ri­al­iste sur France Info. Il compte près de 100 000 abonnés.

Il rap­pelle que Marine Le Pen répé­tait qu’elle ne se pour­voirait pas en cas­sa­tion en cas de nou­velle con­damna­tion, afin de laiss­er le RN engager sa cam­pagne prési­den­tielle. Le com­men­ta­teur reprend moins la légal­ité de sa can­di­da­ture que, lui aus­si, la con­tra­dic­tion entre ses déc­la­ra­tions antérieures et la tac­tique finale­ment choisie.

Entre analyse stratégique et soutien assumé

6. Christophe Bar­bi­er : la cam­pagne com­mence réellement

Ancien directeur de la rédac­tion de L’Express, Christophe Bar­bi­er est désor­mais édi­to­ri­al­iste sur LCI et pour Actu­al­ité juive, tout en assur­ant une chronique théâ­trale sur Radio J. Son compte X rassem­ble env­i­ron 415 000 abonnés.

Avant même le ver­dict, il esti­mait sur LCI que « la cam­pagne prési­den­tielle com­mencera vrai­ment le 7 juil­let ». Le chroniqueur reprend sur X des exem­ples de binômes président/premier min­istre et estime, assez lucide­ment, que Marine Le Pen se prive d’un effet de levi­er pour un sec­ond tour en s’imposant Jor­dan Bardel­la comme chef de gou­verne­ment d’office.

7. Pierre-Alexan­dre Bouclay : Marine Le Pen, bien­tôt le tsunami ?

Prési­dent de Radio Cour­toisie, ex-dir. com’ de l’ONG SOS Chré­tiens d’Orient, Pierre-Alexan­dre Bouclay a estimé que « la con­damna­tion pou­vait (…) devenir une force déter­mi­nante pour 2027 ». Pour lui, pas de doute : même si elle venait à faire cam­pagne avec un bracelet élec­tron­ique, Marine Le Pen pour­rait en faire un car­bu­rant sup­plé­men­taire de la défi­ance envers les insti­tu­tions. Alors devien­dra-t-elle une « authen­tique rebelle » ?

« Si Marine Le Pen fait cam­pagne avec son bracelet élec­tron­ique, ce serait un réc­it médi­a­tique plané­taire, elle serait une icône anti-système ».

8. Arnaud Stéphan : l’ancien com­mu­ni­cant applau­dit la prestation

Fon­da­teur de l’agence La Note de Com’, auteur de doc­u­men­taires et con­sul­tant en com­mu­ni­ca­tion, Arnaud Stéphan a autre­fois con­seil­lé Jean-Marie Le Pen, Mar­i­on Maréchal et Marine Le Pen. Chroniqueur passé par LCI et Sud Radio, il inter­vient désor­mais régulière­ment dans Ligne droite, la mati­nale de Radio Cour­toisie. Il est suivi par un peu plus de 4 000 per­son­nes sur X.

Au lende­main de l’entretien, il juge sur l’antenne de Radio Cour­toisie dans la mati­nale Ligne droite qu’il s’agit du « meilleur 20 Heures » réal­isé par Marine Le Pen. Là où ses adver­saires reti­en­nent la con­damna­tion, l’ancien com­mu­ni­cant analyse la maîtrise du plateau, la capac­ité de rebond et la reprise immé­di­ate de l’initiative politique.

9. Tug­dual Denis : « son plus gros uppercut »

Jour­nal­iste poli­tique et auteur de La Cen­dre et le Feu, Tug­dual Denis dirige Valeurs actuelles et inter­vient comme édi­to­ri­al­iste à la télévi­sion et à la radio. Il compte env­i­ron 20 200 abon­nés sur X.

Sur RTL, dans une séquence aus­sitôt relayée sur X, il a résumé l’opération poli­tique par une métaphore pugilis­tique : « Au moment où elle devait céder, elle lâche son plus gros uppercut. »

Pour Denis, l’annonce du pour­voi et de la can­di­da­ture per­met à Marine Le Pen de ren­vers­er une soirée qui devait théorique­ment con­sacr­er son affaiblissement.

10. Charles Sapin : le réc­it de la survivante

Spé­cial­iste de la droite et du Rassem­ble­ment nation­al, Charles Sapin est jour­nal­iste poli­tique au Point, où il cou­vre les recom­po­si­tions par­ti­sanes et les ambi­tions prési­den­tielles. Son compte rassem­ble près de 11 000 abon­nés. Son recrute­ment prochain par Valeurs actuelles a par ailleurs été annon­cé début juillet.

Quelques min­utes après l’annonce, il pub­lie un arti­cle au titre évo­ca­teur : « Marine Le Pen, la sur­vivante », qu’il partage sur X en évo­quant une can­di­da­ture s’ac­com­pa­g­nant de « paris à hauts risques » et une cam­pagne reposant désor­mais sur trois incon­nues : un juge (la déci­sion à venir), un dauphin (Bardel­la) et un ban­quier (pour financer sa campagne).

Bref. Les très nom­breuses réac­tions et le main­tien de son nom comme « ten­dance » sur le réseau social X témoignent que Marine Le Pen ne laisse pas indif­férent. C’est sans doute elle qui a lancé la cam­pagne ce 7 juil­let. Restera-t-elle en pole position ?

Olivi­er Frèrejacques

 

Voir aus­si : ÉTUDE INÉDITE. Plu­ral­isme dans l’audiovisuel : com­ment l’Arcom a fer­mé les yeux sur LCI et France Info

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