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Rapport Alloncle : l’adoption déclenche la fureur des journalistes et des députés de gauche

29 avril 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

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Validé à seule­ment deux voix près, le rap­port du député Charles Allon­cle sur l’audiovisuel pub­lic a aus­sitôt provo­qué une vive lev­ée de boucliers. Les députés LFI, PS et écol­o­gistes ont été rejoints par Medi­a­part, Le Monde et Libéra­tion, qui ont dénon­cé en chœur un doc­u­ment « par­tial », « com­plo­tiste » et rem­pli d’« attaques per­son­nelles ». Une réac­tion d’une rare vio­lence qui ressem­ble à s’y mépren­dre à une cam­pagne de dén­i­gre­ment con­tre un tra­vail par­lemen­taire pour­tant documenté.

Lun­di 27 avril, 14h30, une rib­am­belle de jour­nal­istes est rassem­blée dans la salle des Qua­tre Colonnes de l’Assemblée nationale (France Inter, France 2, LCP, RTL, CNews). Tous atten­dant impatiem­ment le résul­tat du vote sur la pub­li­ca­tion du rap­port de Charles Allon­cle à la suite de la com­mis­sion d’enquête sur la neu­tral­ité, le fonc­tion­nement et le finance­ment de l’audiovisuel pub­lic. Quelques députés ren­trent et sor­tent mais l’on apprend que le vote à huis clos n’est pas ter­miné et que les députés n’ont tou­jours pas tranché.

Après 4h30 d’attente, le ver­dict tombe : le rap­port va être pub­lié à deux voix près. Les députés de gauche hurlent. En effet, par­mi les 31 députés de la com­mis­sion d’enquête, à l’exception d’une absten­tion, les 10 élus de gauche ont voté de con­cert con­tre la pub­li­ca­tion du rap­port, mais cela n’a pas suf­fi. L’abstention de dix élus cen­tristes et les douze voix des députés de droite, accom­pa­g­nés du prési­dent Jérémie Patri­er-Lei­tus (Hori­zons), auront eu rai­son de leur mobilisation.

Ils n’ont pas caché leur colère.

Quelques heures avant le vote, le député écol­o­giste Ben­jamin Lucas déclarait au micro de l’OJIM : « J’e­spère que son rap­port sera rejeté et qu’on ne pol­luera pas la bib­lio­thèque de l’Assem­blée nationale avec ce pseudo-rapport ! »

Dans un com­mu­niqué, le Par­ti social­iste a qual­i­fié le texte de « com­pi­la­tion d’attaques ad hominem, d’insinuations, de diffama­tions et de men­songes ». À la suite du vote, la députée PS Sophie Tail­lé-Polian a déploré que l’on appose « le sceau de l’Assemblée nationale » sur des « pro­pos biaisés ». Sa col­lègue Ayda Hadizadeh y a vu l’influence de « l’empire Bol­loré » visant à affaib­lir le ser­vice pub­lic. Cette même députée a d’ailleurs été accusée d’avoir divul­gué des extraits du rap­port avant sa pub­li­ca­tion offi­cielle afin de nuire à Charles Alloncle.

Jérémie Patrier-Leitus accusé de complicité

L’écologiste Jérémie Lor­dan­nof a dénon­cé un rap­port « par­tiel et par­tial, bour­ré d’insinuations et d’attaques per­son­nelles », tan­dis qu’Arthur Dela­porte (PS) l’a résumé comme « un tract poli­tique qui n’aurait pas dû engager la respon­s­abil­ité de la représen­ta­tion nationale ».

Au cœur de la tor­nade : le prési­dent de la com­mis­sion Jérémie Patri­er-Lei­tus, accusé de s’être « couché devant l’extrême droite ». Le 19 avril dernier dans La Tri­bune, il avait annon­cé qu’il voterait pour la pub­li­ca­tion du rap­port. Hier, le député LFI Aurélien Sain­toul l’a accusé devant la presse d’avoir « changé son vote au dernier instant ». Selon l’insoumis, Patri­er-Lei­tus, qui s’est mon­tré cri­tique à l’endroit d’Alloncle ces dernières semaines, aurait penché vers l’abstention lors du débat à huis clos. Con­vo­qué sur France Inter le 28 avril au matin, il s’est défendu, assur­ant « com­bat­tre celle-ci », tout en refu­sant ses méth­odes, notam­ment « la cen­sure et la remise en cause de la lib­erté d’expression ».

La gauche médiatique renchérit et conspue le rapport

En ren­fort des députés, les médias de gauche et une par­tie des rédac­tions de l’audiovisuel pub­lic n’ont pas tardé à ampli­fi­er ces cri­tiques virulentes.

Medi­a­part a mul­ti­plié les arti­cles présen­tant l’adoption du rap­port comme une vic­toire de « l’extrême droite » qui « se frotte les mains », dénonçant des méth­odes « inquisi­to­ri­ales », une com­mis­sion trans­for­mée en « farce » et un tra­vail mené « sans souci de la preuve ». Edwy Plenel a qual­i­fié le rap­port sur X de « délire com­plo­tiste spon­sorisé par le sys­tème Bolloré ».

De son côté, le quo­ti­di­en Le Monde a longue­ment décrit une journée sous haute ten­sion et cri­tiqué sévère­ment la con­duite du rap­por­teur, accusé d’avoir monop­o­lisé le temps de parole (jusqu’à 14 % selon leurs cal­culs), de s’être servi de la com­mis­sion pour gag­n­er en vis­i­bil­ité et d’avoir priv­ilégié les cap­sules réseaux soci­aux plutôt que le con­tra­dic­toire. On notera que Le Monde a tou­jours comme action­naire Xavier Niel, qui avait refusé dans un pre­mier temps de se ren­dre à la com­mis­sion d’enquête sur l’audiovisuel pub­lic pour prof­iter de la sta­tion de Courchevel.

Libéra­tion n’est pas en reste : le quo­ti­di­en par­le d’un rap­port « très polémique » et « par­tial », accuse Allon­cle de manip­uler les chiffres de la Cour des comptes et qual­i­fie les audi­tions de véri­ta­bles « réquisi­toires » et « cabales » con­tre France Télévi­sions et Radio France.

Une véri­ta­ble cam­pagne de dén­i­gre­ment est à l’œuvre pour dis­créditer un tra­vail par­lemen­taire pour­tant rigoureux et documenté.

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