Pour les Français qui s’intéressent à l’Italie, les noms des quotidiens La Repubblica et La Stampa sont familiers. Les deux titres sont – pour peu de temps encore – propriété de la famille Agnelli qui annonce les céder, marquant ainsi un recentrage vers les États-Unis de John Elkann, héritier de l’empire Fiat.
John Elkann a échoué dans les médias
Lorsque Elkann rachète le groupe GEDI à la famille De Benedetti en 2019/2020, il a de grandes ambitions dans le numérique. Il crée GEDI News Network avec profilage des visiteurs sur le site, plateforme d’abonnements, hub de contenus, le service audio OnePodcast.
Ces ambitions seront déçues : entre 2021 et fin 2025, la diffusion de La Stampa plonge 46%, celle de La Repubblica de 40%. Les deux titres diffusent à peine 150 000 exemplaires par jour en 2025, le groupe de médias doit passer une dépréciation d’actifs de 492 M€ en 2024 et perd encore 14 M€ cette même année.
Un Grec et un Italien pour racheter
La Stampa, titre historique de Turin et longtemps l’image de Fiat, se retrouve dans les mains du groupe italien SAE, déjà propriétaire de quotidiens régionaux. La Repubblica de Rome ira au groupe grec Antenna qui opère essentiellement dans le numérique dans 22 pays et toucherait 140 millions de clients. Les journalistes du quotidien romain ont déjà annoncé des mouvements de grève pour s’opposer à la cession.
Ciao Italia ? Hello USA ?
Pour les observateurs, cette décision s’inscrit dans un mouvement vers l’ouest d’Elkann qui a la double nationalité italienne et américaine mais a été éduqué aux États-Unis GEDI représente moins de 1% des activités du groupe Exor contrôlé par les héritiers Agnelli et – signe des temps – Elkann vient de rentrer au conseil d’administration de Meta de Zuckerberg. Sans compter que les relations d’Elkann avec le gouvernement italien de Georgia Meloni sont des plus froides.
Claude Lenormand

