Le magazine Télé 7 Jours, lancé en 1960 et longtemps incontournable des grilles TV, a été cédé par CMI France (Daniel Křetínský) au groupe allemand Bauer Media Group, avec effet au 1er janvier 2026. Une transaction sans montant affiché, sur fond de recentrage et de tensions sociales chez l’éditeur.
Le symbole est fort : un des derniers poids lourds de la presse magazine française quitte le portefeuille de Daniel Křetínský. Bauer Media confirme avoir repris Télé 7 Jours ainsi que ses déclinaisons Télé 7 Jeux et Télé 7 Jours Jeux, après des discussions engagées depuis l’été et une opération désormais effective.
Un gros tirage, malgré l’érosion structurelle
Dans un marché laminé par les applications, box et plateformes, Télé 7 Jours reste une machine à volumes : 660 415 exemplaires par numéro sur la période mi-2024 / mi-2025 (diffusion France payée, ACPM). Les déclinaisons de jeux affichent encore 79 305 (Télé 7 Jeux) et 50 146 (Télé 7 Jours Jeux).
Côté repreneur, Bauer met en avant le maintien d’une « marque emblématique » et des « synergies » avec ses titres français (dont Maxi ou Télécâble Sat Hebdo), dans un groupe familial basé à Hambourg revendiquant une présence européenne de grande échelle.
Surtout, l’annonce intervient après l’évocation d’un plan de suppressions de postes pouvant aller jusqu’à 87 chez CMI France. Difficile, dans ce contexte, de ne pas voir dans ces cessions une logique financière froide : l’actionnaire conserve les marques à prestige et les paris audiovisuels, mais se sépare d’un titre populaire qui assurait encore une diffusion massive et qui demeure encore un incontournable aux caisses de supermarchés.
Un titre français… déjà passé sous contrôle étranger
Créé en 1960, 16 ans après le lancement de son ancêtre Radio 44 qui indiquait les programmes des stations de radio de la RTF, Télé 7 Jours a longtemps été associé à l’écosystème Hachette Filipacchi (groupe Lagardère).
Le basculement international ne date toutefois pas d’hier : la branche magazine de Lagardère Active a été cédée à Czech Media Invest (CMI) – donc à un actionnaire étranger – avant la revente actuelle vers un groupe allemand.
Reste une question de fond : quand un titre aussi installé change deux fois de pavillon en quelques années, que devient l’ambition éditoriale ? À force de pilotage patrimonial par tableur, les « historiques » finissent souvent par n’être plus que des lignes d’actifs — jusqu’au jour où la marque, elle aussi, se met à décrocher.
Rodolphe Chalamel


