Pourquoi Ouest-France bétonne

Le groupe breton va construire de nouveaux bâtiments à son siège dans la banlieue de Rennes. Il y rapatriera ses commerciaux en 2018.

D’ici 12 à 18 mois, les marteaux piqueurs et autres grues devraient faire une entrée en force dans l’enceinte de Chantepie où est basé Ouest-France. S’y installera un demi-millier de salariés issus de la régie publicitaire Precom et de la web agency du groupe. Ces derniers sont actuellement éparpillés sur trois sites différents au centre de la capitale bretonne.

Après la fusion en janvier au plan juridique de ces deux entités commerciales sous la bannière Addity, leur déménagement en un même lieu, au cœur du réacteur nucléaire d’Ouest-France, est censé leur assurer une meilleure efficacité et une cohérence accrue. Matthieu Fuchs, le gendre du PDG de Sipa Ouest-France, François-Régis Hutin, pilote désormais la nouvelle grande régie. La volonté de faire des économies est aussi à prendre en compte dans ces grandes manœuvres. Ouest-France, tout en capitalisant, évitera d’ici deux ans de payer des loyers onéreux dans le centre-ville rennais.

Le géant regroupe ses troupes dans une conjoncture économique contrastée. Les recettes numérique, encore marginales, peinent à se substituer à la baisse de la diffusion du quotidien (-3,1% en 2015). À plus de 700 000 exemplaires par jour, cette dernière reste toutefois colossale, et de loin la plus importante de l’ensemble des quotidiens hexagonaux. Idem au plan publicitaire, également en recul. Du coup, le chiffre d’affaires total, environ 300 millions d’euros en 2015, s’effrite chaque année. Un plan de départ volontaire de 70 personnes a été déclenché en 2014, permettant à Ouest-France d’être bénéficiaire sur trois ans.

La situation risque en revanche de se détériorer à nouveau à partir de 2017-2018. Elle pourrait se traduire par de nouveaux départs au sein du journal qui emploie 1000 salariés, pronostique un haut cadre en interne. Cette fragilité à brève échéance est encore plus prégnante du fait des incertitudes qui pèsent au plan de la gouvernance. À bientôt 87 ans, Hutin n’a toujours pas désigné officiellement son successeur.