Pourquoi et comment Challenges étend sa marque

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Challenges soir, le nouveau quotidien numérique de Challenges, est sorti mercredi 10 septembre. L’extension tous azimuts de la marque, déficitaire en 2013 et 2014, est désormais une priorité pour son propriétaire, Claude Perdriel.

Avec quelques jours d’avance vis-à-vis du groupe La Tribune qui a prévu de dégainer sa propre application quotidienne le 19 septembre, Challenges passe à l’offensive. Son titre, disponible sur smartphones et tablettes, proposera tous les jours 10 pages sous format PDF ou en version dématérialisée. Challenges soir en comptera 12 le vendredi, pour intégrer une rubrique life-style avant le week-end. Le reste de la semaine, le quotidien proposera décryptages, tribunes et infographies à ses lecteurs. En s’éloignant de l’actualité chaude, Challenges soir évite sciemment de se heurter frontalement avec les deux majors de l’information économique, Les Echos et La Tribune. Vendu par abonnement 20 euros par an, le titre compte atteindre la barre des 20 000 abonnés d’ici deux ans. Challenges soir, qui a nécessité l’embauche de neuf jeunes journalistes, pour l’instant en CDD, représente un investissement de 800 000 euros environ. 60% de l’enveloppe a été financée par le Fonds pour l’innovation numérique dans la presse (FINP) abondé par Google. Nathalie Collin, qui portait la double casquette de DG du Nouvel observateur (à l’époque dans le giron de Perdriel) et co-présidente du FINP, avait largement poussé le dossier de Challenges en 2013.

Challenges soir fait suite à une première expérience de diversification de la marque, menée en octobre 2013 avec Before dinner. Cette application d’informations confidentielles, adressée à 18 heures à ses lecteurs comme le nouveau quotidien, connaîtrait pour l’instant des résultats décevants. Très loin de ses objectifs de 6000 abonnés en 2017, la diffusion de Before dinner plafonnerait à quelques centaines d’exemplaires. Le Sommet de l’économie, que Challenges organisera les 4 et 5 décembre au Grand palais à Paris, serait nettement mieux accueilli. Organisée en partenariat avec le think tank Osons la France cornaqué par Aude de Thuin, cette manifestation tablerait sur des invités prestigieux et un public de l’ordre de 500 personnes.

Challenges mise sur l’ensemble de ces diversifications pour récupérer 15% de recettes supplémentaires dès 2015. Il espère retrouver l’équilibre à cette date. Après avoir perdu 600 000 euros en 2013 (pour 20 millions d’euros de chiffre d’affaires), les résultats du titre ne seront pas meilleurs cette année. Challenges a perdu 4% de sa diffusion en 2013-2014 (DSH OJD: 216 210 exemplaires) et près de 16% de ventes kiosques. La publicité aurait elle été en retrait de 10% au premier semestre.