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Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : voici les nouvelles règles instaurées pour essayer de bâillonner Charles Alloncle

12 janvier 2026

Temps de lecture : 4 minutes
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Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : voici les nouvelles règles instaurées pour essayer de bâillonner Charles Alloncle

Temps de lecture : 4 minutes

Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : voici les nouvelles règles instaurées pour essayer de bâillonner Charles Alloncle

Après deux semaines de sus­pen­sion, la com­mis­sion d’en­quête « sur la neu­tral­ité, le fonc­tion­nement et le finance­ment de l’audiovisuel pub­lic » va enfin pou­voir repren­dre. Mais désor­mais, il n’est plus ques­tion de laiss­er les mains libres au rap­por­teur Charles Allon­cle, accusé par ses détracteurs de pos­er des ques­tions trop à charge et de « dévoy­er les travaux » de la com­mis­sion. Le rap­por­teur sera désor­mais sous étroite sur­veil­lance de ses collègues. 

Il n’aura fal­lu que deux heures trente ; deux heures trente d’une réu­nion extra­or­di­naire pour tranch­er sur la suite à don­ner à l’explosive et très médi­a­tique com­mis­sion d’enquête sur l’audiovisuel pub­lic. Après les pres­sions de Yaël Braun-Pivet sur le député Charles Allon­cle et deux semaines de sus­pen­sion d’une com­mis­sion d’enquête jugée – par ses détracteurs – comme « trop à charge » et « dévoyée », les travaux vont enfin pou­voir reprendre.

Mar­di 6 jan­vi­er, lors de leur réu­nion, les mem­bres du bureau de la com­mis­sion d’enquête par­lemen­taire sont en effet par­venus à s’arrêter sur une date pour la reprise des travaux : ce sera le 19 jan­vi­er, soit près d’un mois (!) après la sus­pen­sion des con­vo­ca­tions. Mais désor­mais, les règles du jeu ont changé.

Voir aus­si : Neu­tral­ité de l’audiovisuel pub­lic : l’ARCOM audi­tion­née à l’Assemblée nationale

Charles Alloncle directement visé

Car les mem­bres du bureau de la com­mis­sion d’enquête par­lemen­taire veu­lent « calmer le jeu » et « éviter les débor­de­ments » après les plaintes des uns et des autres (com­pren­dre : les mem­bres du ser­vice pub­lic – jour­nal­istes et patrons – accusés de gabe­gies et de pro­pa­gande) face aux ques­tions « mus­clées » et directes du député Charles Alloncle.

Le prési­dent de la com­mis­sion, Jérémie Patri­er-Lei­tus (Hori­zons), l’a d’ailleurs dit claire­ment, les yeux rivés, sans trop se cacher, vers le rap­por­teur : il ne veut pas d’un « tri­bunal poli­tique ». Alors pour ce faire, qua­tre « principes » ont été actés dans les sous-sols du palais Bour­bon par le bureau extra­or­di­naire de la commission.

Le pre­mier :

« Pas de com­mu­ni­ca­tion en temps réel sur les réseaux soci­aux pen­dant les auditions. »

Sans le citer directe­ment, le bureau cible là Charles Allon­cle et ses équipes qui, depuis le début de la com­mis­sion, dif­fusent en direct, notam­ment sur X, cer­tains extraits de la commission.

« Jusqu’ici, ces tweets sur les audi­tions représen­taient des cen­taines de mil­lions de vues et per­me­t­taient aux Français de décou­vrir l’ampleur des gabe­gies »,

rap­pelle sur le réseau social l’As­so­ci­a­tion de sou­tien aux lanceurs d’alerte (ASLA). Et d’ajouter :

« Les pou­voirs publics organ­isent un black-out pour pro­téger France Télévisions. »

Une parole censurée dans les médias

Désor­mais, la moin­dre com­mu­ni­ca­tion sus­pendra donc « aus­sitôt les séances ». « Il est clair que l’ob­jec­tif est aujour­d’hui de lim­iter le tra­vail du rap­por­teur Charles Allon­cle », note-t-on dans les colonnes du blog de Jean­mar­c­moran­di­ni.

Dans la même idée, le prési­dent demande en out­re « un engage­ment de dis­cré­tion, mod­éra­tion, sobriété des expres­sions du rap­por­teur, du prési­dent et des mem­bres du bureau dans les médias en par­al­lèle de la commission ».

« D’où un député peut-il dicter à un autre le con­tenu de son expres­sion publique ? », s’est indignée Mar­guerite Stern dans un post très com­men­té et relayé sur X.

En par­al­lèle, le prési­dent Jérémie Patri­er-Lei­tus a lui assuré dans les colonnes de Téléra­ma que son rôle « n’est pas de cen­sur­er le rap­por­teur, les députés mem­bres de la com­mis­sion, ni d’exercer une police des pen­sées ou d’éviter les ques­tions qui fâchent ».

Des questions que des millions de Français se posent

Les deux derniers principes actés par le bureau visent « non pas la forme, mais le fond ». Ordre est désor­mais passé de ne « pas trav­e­s­tir » ou « déformer » les pro­pos des per­son­nes audi­tion­nées ». Charles Allon­cle devra en out­re « com­mu­ni­quer » au bureau de la com­mis­sion « tous les doc­u­ments qu’il évoque ou men­tionne durant les audi­tions ». Une forme de con­trôle pour restrein­dre autant que pos­si­ble des ques­tions gênantes pour les auditionnés.

Inter­rogé par l’AFP à la suite de ces nou­velles règles annon­cées dans la presse, l’élu de l’Hérault s’est défendu : « Je tâche de pos­er des ques­tions que des mil­lions de Français se posent. » C’est peut-être ça le problème…

Lorelei Ban­charel