Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Marche des fiertés banlieues : l’AFP informe mais… pas sur tous les faits

12 juin 2019

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Veille médias | Marche des fiertés banlieues : l’AFP informe mais… pas sur tous les faits

Marche des fiertés banlieues : l’AFP informe mais… pas sur tous les faits

Chaque année, l’AFP est plutôt fière du démarrage du « mois des fiertés » et, outre le summum que représente la gay pride en ce domaine, part à la recherche d’initiatives originales. Cette année, l’AFP s’est intéressée de près à la première marche des fiertés en banlieue. À saint Denis, pour être plus précis, ce dimanche 9 juin 2019.

Ce que dit (ou pas) la dépêche de l’AFP

« Un mil­li­er de per­son­nes à saint Denis pour la gay pride des ban­lieues » : le ton est à la fierté devant une réus­site. Pour­tant, mille per­son­nes ? Sans doute parce que cette marche a lieu à saint Denis, ter­ri­toire où il serait dif­fi­cile d’être LGBT ?

Rien ne le laisse enten­dre, ce qui fait une éton­nante dépêche : d’un côté, l’AFP se félicite que cette marche en ban­lieue soit pos­si­ble, de l’autre elle n’indique pas en quoi il serait éton­nant qu’elle ne le soit pas. Com­prenne qui pour­ra.

Le « défilé fes­tif » a eu lieu « sous le regard par­fois ahuri mais le plus sou­vent amusé des pas­sants ». Peut-être. Reste que la pho­to accom­pa­g­nant la dépêche le mon­tre : la marche se déroule à la fron­tière de saint Denis, là où passe le tramway, les gays marcheurs ne pénètrent pas dans le cœur de la com­mune aux 14 % de femmes excisées et à la majorité musul­mane et/ou immi­grée.

Citations

Cita­tion 1 : « Par le fait même qu’on vit en ban­lieue, on est ramenés au fait qu’on est pau­vres, qu’on est racisés, qu’on est immi­grés », en plus du fait d’être homo­sex­uels, affirme à l’AFP Yanis Khames, 20 ans et organ­isa­teur de la marche. Avec son asso­ci­a­tion « Saint-Denis ville au cœur », il veut mon­tr­er que la ban­lieue est aus­si un lieu de mil­i­tan­tisme pour les per­son­nes trans et homo­sex­uelles et pas une « zone de non droit », comme cer­tains veu­lent le faire croire ». Il n’a pas entière­ment tort, les zones de non droit réel pour des hommes comme lui se trou­vent surtout dans leurs pays d’origine, où l’homosexualité est sou­vent pas­si­ble de la peine de mort.

Cita­tion 2 : « Du latex pour ton gros sexe, des molécules pour qu’on s’en­cule », enton­nent des mil­i­tants d’Act Up, arrachant un sourire aux com­merçants et badauds de la rue de la République, une artère com­merçante de la ville ». De la poésie, sans doute un effet des poli­tiques cul­turelles menées dans la ville depuis une cinquan­taine d’années.

Cita­tion 3 : « En règle générale, les gens ont peur des ban­lieues, c’est une image qui est véhiculée par les imag­i­naires col­lec­tifs per­sis­tants et aus­si par la sphère médi­a­tique et par une grosse par­tie de la classe poli­tique », assure Youcef Bel­gh­mai­di, habi­tant d’Aubervil­liers ». Un bon sujet pour le bac­calau­réat qui approche : La ban­lieue est-elle seule­ment le pro­duit d’un imag­i­naire réac­tion­naire ? Et de quelle façon ?

Cita­tion 4 : « Je suis con­va­in­cu que ce n’est pas plus com­pliqué d’être LGBT à Saint-Denis qu’à Paris », affirme Mad­jid Mes­saoudene, élu de Saint-Denis et venu soutenir la man­i­fes­ta­tion ». Qui en doute ? Pourquoi donc serait-il com­pliqué d’être gay à saint Denis, ville phare d’un départe­ment, le 93, recon­nu pour être à plus de 50 % musul­man. Autre sujet du bac : Homo­sex­u­al­ité et Islam, vous com­par­erez le 93 et l’Arabie Saou­dite, vous avez deux heures.

Ce que ne dit pas du tout la dépêche de l’AFP

  • Inter­rogées par des jour­nal­istes de Valeurs Actuelles, plusieurs man­i­fes­tantes indiquent avoir peur de venir man­i­fester dans le 93.
  • C’est le Marais de Paris qui vient en ban­lieue, cette ban­lieue islamisée que ce Marais ignore mais qu’il défend volon­tiers à coup d’invectives et de mil­i­tan­tisme bobo.
  • Inter­rogés par d’autres médias que l’AFP, laque­lle vise à mon­tr­er les bien­faits de l’opération, les habi­tants sont indif­férents, gênés (« on a d’autres soucis que cela » ; « c’est leur vie privée ») ou car­ré­ment hos­tiles (« ce sont des pécheurs, sodomites »).
  • L’observateur aperçoit beau­coup plus de femmes voilées dans la rue que de les­bi­ennes « éman­cipées ».
  • Des com­men­taires fusent, que les jour­nal­istes de l’AFP n’entendent pas, sans doute ont-ils des boules quies : « Ouah, le noir là-bas c’est un PD, enculé de sa race ! » . « Je ne suis pas pour la peine de mort, mais c’est con­tre-nature d’être homo­sex­uel. Cha­cun fait ce qu’il veut mais c’est mal ce qu’ils font. Ils devraient plutôt se soign­er ! ». « C’est une honte ! Après il y a l’enfer ! ».

Nul doute que Mar­lène Schi­ap­pa a déjà lancé une procé­dure d’enquête afin d’identifier les auteurs de ces pro­pos sex­istes. Et que les instances de lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions de l’État sont sur la brèche. On susurre même dans les milieux infor­més que le prési­dent de la République pour­rait inter­venir sur les dif­férentes chaînes de ser­vice pub­lic afin de deman­der aux forces de l’ordre de rétablir les valeurs de la République dans le 93. Ce serait une pre­mière étape avant de s’attaquer aux écoles, où l’on joue par­fois à tuer du chré­tien, et cer­tains quartiers turcs, comme l’Arc de Tri­om­phe, où l’hymne nation­al peut par­fois être sif­flé.

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).

Derniers portraits ajoutés

Sonia Devillers

PORTRAIT — Née le 31 jan­vi­er 1975, Sonia Dev­illers est la fille de l’architecte Chris­t­ian Dev­illers. Jour­nal­iste sur France Inter, anci­enne du Figaro, elle s’occupe de cul­ture et des médias sur le ser­vice pub­lic et est en même temps la voix de la bobosphère, tou­jours prête à pour­fendre les « fachos » de Valeurs Actuelles et à offrir un refuge com­plaisant à Aude Lancelin, patronne d’un Média en pleine tour­mente.

Laurent Ruquier

PORTRAIT — Lau­rent Ruquier est né le 24 févri­er 1963 au Havre (Seine-Mar­itime). Tour à tour ani­ma­teur, présen­ta­teur, humoriste, pro­duc­teur et directeur de théâtre, Lau­rent Ruquier est omniprésent dans le Paysage audio­vi­suel français (PAF).

Michel Denisot

PORTRAIT — Michel Denisot est né en avril 1945 à Buzançais en Indre, il est jour­nal­iste, pro­duc­teur et ani­ma­teur de télévi­sion, il a égale­ment été prési­dent de deux clubs de foot­ball français.

Laetitia Avia

PORTRAIT — Laeti­tia Avia : « Kara­ba la sor­cière, pourquoi es-tu si méchante ? » Née en 1985 à Livry-Gar­gan de par­ents togo­lais, Laëti­tia Avia a con­nu le par­cours qui fait l’orgueil d’une République s’efforçant pénible­ment de main­tenir un sem­blant d’apparences méri­to­cra­tiques.

Patrick Drahi

PORTRAIT — À la tête d’un empire économique colos­sal, Patrick Drahi a com­mencé à s’intéresser aux médias à par­tir des années 2000, rachetant Libéra­tion, L’Express, L’Expansion, Stu­dio Ciné Live, Lire, Mieux vivre votre argent, Clas­si­ca, etc., avant de lorgn­er vers le groupe Nex­tRa­dioTV.