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La presse écrite et numérique marseillaise en pleine débandade

5 mars 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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La presse écrite et numérique marseillaise en pleine débandade

Rien ne va plus au sein des titres de presse écrite et numérique dans la cité phocéenne. Sur fond de difficultés économique, mais aussi de pressions politiques, elle se décompose littéralement…au profit de La Provence de Bernard Tapie.

Marsactu.fr (210 000 VU en décem­bre 2014, selon l’édi­teur) est la dernière vic­time du chaos en cours. Raj medias, la société d’édi­tion du pure play­er d’in­for­ma­tion, a été liq­uidée mer­cre­di 4 mars par le Tri­bunal de com­merce de Mar­seille. Créée en 2008, elle s’é­tait placée en ces­sa­tion de paiement le 28 févri­er. Avec une perte de 140 000 euros (pour seule­ment 200 000 euros de chiffre d’af­faires en 2014), RAJ médias n’a pu béné­fici­er d’une mesure de redresse­ment judi­ci­aire. En cause, un endet­te­ment de l’or­dre de 100 000 euros et une absence de per­spec­tive de redresse­ment. Le mod­èle, gra­tu­it et basé unique­ment sur la pub­lic­ité, de Marsactu.fr n’a été jugé ten­able par le tri­bunal qui a préféré arrêter les frais. Le PDG de la struc­ture, Pierre Bou­caud, qui souhaitait repren­dre Marseco.fr, la let­tre économique de Raj medias, a été débouté de ses pré­ten­tions. Les act­ifs de Raj médias (essen­tielle­ment les mar­ques Marsactu.fr et Marseco.fr) pour­ront être repris d’i­ci quelques mois à la barre.

Privé d’annonces légales-comme l’ensemble des pure players d’information, Marsactu.fr a de surcroît fait les frais du boycott larvé des collectivités marseillaises. En raison d’un ton souvent impertinent, elles ont toujours réservé leur manne publicitaire aux titres “historiques”, bien plus dociles.

Cette baisse de ces recettes est aus­si sen­si­ble pour le quo­ti­di­en com­mu­niste La Mar­seil­laise, mais pour d’autres raisons. Le PCF a per­du plusieurs dizaines de mairies aux élec­tions munic­i­pales de mars 2012. Résul­tat : une perte de 1,5 mil­lions d’eu­ros en 2014 pour un chiffre d’af­faires total de 12, 5 mil­lions d’eu­ros pour La Mar­seil­laise. Le titre, placé en redresse­ment judi­ci­aire le 25 novem­bre 2014, devrait être lui repris. Deux can­di­dats sont en lice : Les Édi­tions des fédérés, proche du PCF, et Les Nou­velles édi­tions mar­seil­lais­es (NEM). Cette société, créée pour l’oc­ca­sion, est présidée par Fab­rice Ker­ayan, patron de la société de con­sult­ing Alef Kon­seil. Cet ancien directeur de l’in­ser­tion au Con­seil général des Bouch­es du Rhône est assisté par le jour­nal­iste Jean-Marc Adolphe, dont le jour­nal cul­turel, Mou­ve­ment, a été liq­uidé en juin 2014. Autre pièce maitresse du dis­posi­tif, John Palacin. Cet ancien mem­bre du cab­i­net d’Ar­naud Mon­te­bourg, exclu pour “gauchisme”, a pré­paré les élé­ments financiers de l’of­fre.

Quelle que soit la solu­tion retenue par le tri­bunal, qui devrait être con­nue le 16 mars, la douche sera glacée, notam­ment en ter­mes d’emplois. Sur un effec­tif de 205 postes, les sup­pres­sions vari­ent de 90 chez les Fédérés à 57 pour NEM. La Provence, même chahutée par les récents déboires de son pro­prié­taire, Bernard Tapie, peut dormir tran­quille. Son mono­pole de fait sur les médias écrits mar­seil­lais sort de toute évi­dence ren­for­cé de la crise accélérée de ses con­cur­rents.

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