Accueil E Veille médias E L’examen du rapport Alloncle a débuté à l’Assemblée, les circonstances jouent pour lui

L’examen du rapport Alloncle a débuté à l’Assemblée, les circonstances jouent pour lui

24 avril 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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Sus­pense : le rap­port du député Charles Allon­cle, fruit de plusieurs mois d’enquête sur l’audiovisuel pub­lic, est depuis ce 23 avril exam­iné dans des con­di­tions strictes par les par­lemen­taires. Son avenir dépend d’un vote cru­cial prévu le 27 avril, qui pour­rait sceller sa pub­li­ca­tion… ou son efface­ment. Mais le député a déjà fait œuvre utile.

Le rap­port de 300 pages rédigé par Charles Allon­cle est entré ce matin dans une phase déci­sive. Les trente et un députés de la Com­mis­sion d’enquête sur l’audiovisuel pub­lic dis­posent de quelques jours, entre le 23 et le 27 avril, pour con­sul­ter ce doc­u­ment dans un cadre extrême­ment sécurisé : con­sul­ta­tion sur place, sans copie ni dif­fu­sion pos­si­ble. Ils peu­vent toute­fois pren­dre des notes, rap­porte Le Figaro.

Si une majorité des mem­bres de la com­mis­sion approu­ve le texte, celui-ci sera ren­du pub­lic. En revanche, en cas de rejet, il restera con­fi­den­tiel et ne pour­ra être ni dif­fusé ni com­men­té pen­dant plusieurs décen­nies, sous peine de sanc­tions pénales. Le député Charles Allon­cle a prévenu que le tra­vail titanesque de la Com­mis­sion (près de 70 audi­tions de 250 per­son­nal­ités en cinq mois) était claire­ment menacé.

Vote à main levée lundi

« Un vote défa­vor­able à la pub­li­ca­tion du rap­port con­stituerait un fait d’une extrême grav­ité », aler­tait Charles Allon­cle auprès de l’OJIM il y a quelques jours. Et d’ajouter :

« L’en­jeu dépasse large­ment la seule ques­tion de la pub­li­ca­tion : il touche au fonc­tion­nement même de nos insti­tu­tions démocratiques. »

Dans le fond, l’élu a révélé de nom­breuses gabe­gies et la ges­tion peu vertueuse de l’audiovisuel pub­lic. Ses con­clu­sions et propo­si­tions sont attendues.

Lun­di prochain, dans l’après-midi, les trente et un députés se réu­niront. Ils voteront pour ou con­tre la pub­li­ca­tion du rap­port, à main levée.

Par­mi eux, dix élus de droite (RN/UDR, LR), a pri­ori tous favor­ables à la pub­li­ca­tion du rap­port. La Com­mis­sion compte aus­si dix élus de gauche, réputés pour leur sou­tien à l’audiovisuel pub­lic et leur hos­til­ité de principe à la droite, mais trop peu nom­breux pour enter­rer à eux seuls le rap­port ou ren­vers­er les circonstances.

« Le travail est déjà fait »

En effet, même par­mi eux, le sens des réal­ités gagne du ter­rain. « Si on le cen­sure, ce sera pire », a estimé l’élue Ayda Hadizadeh le 19 avril sur LCP, s’interrogeant sur « le moins pire des pièges ». Face aux cen­taines de vidéos des audi­tions ayant d’ores et déjà été dif­fusées sur les réseaux soci­aux, même les députés hos­tiles doutent eux-mêmes de l’intérêt d’un vote défa­vor­able, refu­sant de faire de Charles Allon­cle un mar­tyr pour sa cause.

« Le tra­vail est déjà fait », nous con­fi­ait ce 23 avril la députée RN/I­den­tité-Lib­erté Anne Sicard, se réjouis­sant de la mobil­i­sa­tion populaire :

« Aucune com­mis­sion n’a été à ce point suivie. »

En 2011, un rap­port par­lemen­taire sur les finance­ments des syn­di­cats avait été enter­ré. Quinze ans plus tard, à l’ère des réseaux soci­aux, le coup de force appa­raît aus­si impens­able qu’inutile.

Au cen­tre, les deux élus Modem envis­agent selon Le Figaro de s’abstenir. Bien sûr, le député Erwan Bal­anant, qui avait men­acé Charles Allon­cle en févri­er dernier (« t’inquiète, on va te régler »), pour­rait vot­er con­tre pour raisons per­son­nelles, mais il rap­pellerait au pas­sage son manque d’élégance. En votant pour, il révélerait au con­traire un bel esprit sportif.

Les opposants d’Alloncle au pied du mur

Jérémie Patri­er-Lethuis, prési­dent de la com­mis­sion et mem­bre du par­ti Hori­zons, se dis­ait le 19 avril dernier dans La Tri­bune « favor­able par principe à sa pub­li­ca­tion », avant même de l’avoir lu. Selon lui, « les Français sont des citoyens respon­s­ables capa­bles de juger par eux-mêmes des méth­odes employées, de faire le tri entre les propo­si­tions et de se forg­er leur pro­pre opin­ion ». Et le député d’ajouter que le rap­port inclu­ra aus­si ses propo­si­tions et des con­tri­bu­tions de chaque groupe poli­tique. Si les cinq élus du par­ti prési­den­tiel s’alignent sur ce con­stat de bon sens, Charles Allon­cle aura son rapport.

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