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Émeutes climatiques à Lidl : les médias aussi responsables ?

4 juillet 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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Vio­lences, bagar­res, cris, bous­cu­lades… La Nou­velle France a chaud, surtout quand les médias rabâchent qu’une nou­velle canicule approche. Alors si une enseigne de la grande dis­tri­b­u­tion met en vente des cli­ma­tiseurs en quan­tité lim­itée, le chaos est inévitable.

Nan­terre, 8h02. La porte coulis­sante du Lidl cède sous la pres­sion et s’écrase au sol. Der­rière, une cen­taine de clients qui atten­dent pour cer­tains depuis 1h du matin se ruent sur 10 cli­ma­tiseurs. Bien­v­enue dans les émeutes climatiques.

L’enseigne de super­marchés dis­count Lidl a mis en vente ce jeu­di 2 juil­let 200 000 cli­ma­tiseurs et ven­ti­la­teurs, dans toute la France.

« Soyez prêt à vous battre »

« Ça risque de ter­min­er en bagarre chez Lidl », avaient prophétisé des obser­va­teurs avisés sur X. D’ailleurs, selon L’Internaute, Lidl avait posté ironique­ment la veille « Soyez prêt à vous bat­tre » sur le réseau. Un post depuis sup­primé… ou n’ayant même jamais existé. Dans la pre­mière hypothèse, alors le com­mu­ni­ty man­ag­er con­nais­sait sans doute à mer­veille ses clients, qui ont pris ce post au pied de la let­tre : à Évry, deux per­son­nes ont été piét­inées lors de mou­ve­ments de foule à l’ou­ver­ture du magasin.

Nous avons assisté aux pre­mières émeutes cli­ma­tiques de l’histoire de France. Des émeutes qui ne sont pas sans rap­pel­er cer­tains débor­de­ments qui survi­en­nent fréquem­ment out­re-Atlan­tique lors du Black Fri­day, et qui se sont depuis répan­dus en France. Elles font suite aux « émeutes de la faim », pour des pots de pâte à tartin­er ou du poulet Tasty Crousty, aux « émeutes numériques », pour des con­soles de jeu PS4 ou des mon­tres Swatch, aux « émeutes du foot­ball », pour les soirs de vic­toire du PSG, et aux « émeutes musi­cales », pour la fête de la Musique.

Les médias relativisent

Mal­gré ce défer­lement de com­porte­ments vio­lents relayés mas­sive­ment sur les réseaux soci­aux, les fau­teurs de trou­ble sont défendus et excusés par cer­tains com­men­ta­teurs, jour­nal­istes et politi­ciens de la gauche rad­i­cale au centre.

Lidl con­cen­tre les cri­tiques. Dans la mati­nale de RTL, la chroniqueuse Isabelle Sapor­ta, com­pagne du séna­teur écol­o­giste Yan­nick Jadot, estime que la faute incombe à Lidl qui « savait très bien que ce serait le chaos, car tout le monde cherche sa clim et savait que le niveau de ten­sion allait être fou », avant de résumer : « C’était cou­ru d’avance que ce serait l’émeute ».

Même son de cloche pour Estelle Denis sur RMC, qui s’est insurgée : « Ils savaient très bien que ça allait provo­quer ces scènes-là ! Ils peu­vent dire “par­don !” », exigeant ain­si de Lidl des excus­es. « Honte à Lidl de prof­iter de la mis­ère des gens pour en faire un événe­ment sor­dide de com­mu­ni­ca­tion », surenchéris­sait le com­men­ta­teur Math­ieu Slama.

« Ils sont présen­tés comme des per­son­nes qui ne savent pas se tenir », plaidait dans Les Grandes Gueules l’éducateur et chroniqueur Abel Boyi, prenant dans Les Grandes Gueules la défense des per­son­nes qui ont com­mis les inci­vil­ités. Et celui-ci d’ajouter : « on a joué sur la mis­ère sociale des gens »

« Des charognards de la canicule » ?

Chez les poli­tiques, les réac­tions ont égale­ment large­ment dédouané les respon­s­ables des vio­lences. Pour le député LFI Antoine Léau­ment le coupable est… le cap­i­tal­isme : « Lidl organ­ise la cohue pour son prof­it », avant de con­clure : « pure méth­ode capitaliste ».

La députée écol­o­gistes Del­phine Batho a quant à elle dénon­cé des scènes « organ­isées inten­tion­nelle­ment par Lidl », un « appel explicite à la vio­lence, pra­tique habituelle de Lidl », pro­pres à plac­er « ses clients dans une sit­u­a­tion dégradante ».

Bref, sans remet­tre en ques­tion la vio­lence ou les incivilités.

Mais l’enseigne Lidl est-elle la seule respon­s­able de ces émeutes ? Sur RTL, Anouck Pau­mard, direc­trice des affaires publiques de Lidl, s’est défendue : « On est les pre­miers à déplor­er l’incident ». Répon­dant aux accu­sa­tions d’organisation de la pénurie, elle a expliqué que les com­man­des non-ali­men­taires « se font un an à l’avance » et que la canicule de juin « n’était pas prévisible ».

Tour de passe-passe médiatique

Imprévis­i­ble… à moins de con­sul­ter les médias. Car ces derniers, en pointant du doigt Lidl comme prin­ci­pal coupable de ces scènes chao­tiques, détour­nent habile­ment l’attention de leur pro­pre respon­s­abil­ité dans l’émergence de ces « émeutes cli­ma­tiques ». Faut-il s’étonner de l’angoisse ambiante si les médias prévi­en­nent les Français qu’ils vont cuire sous 48 heures ? Reste que cela fait tourn­er les affaires : les cli­ma­tiseurs Lidl sont reven­dus trois fois leur prix (700€) sur Le Bon coin.

Antho­ny Marinier

Voir aus­si : Hamza « La Douane » : quand la petite délin­quance devient téléréalité

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