Cannes, son festival mondial du cinéma, ses starlettes, ses robes savamment dénudées, les fameuses marches de l’escalier où il faut être vu et photographié, ses hôtels aux prix astronomiques. Et après les révélations sur le train de vie faramineux de la présidente de France Télévisions lors du festival de 2023, une action en justice contre Delphine Ernotte pour abus de bien social.
L’affaire du Majestic
Ce pourrait être un titre de roman policier, plus prosaïquement l’affaire concerne le séjour de l’état-major de France Télévisions du 16 au 27 mai 2023 à l’hôtel Majestic de Cannes. Delphine Ernotte, le directeur des antennes et programmes Sitbon Gomez, le directeur du cinéma Manuel Alduy et le secrétaire général Christophe Tardieu avaient été logés dans le palace de la Croisette pendant le festival de cinéma dans le cadre du partenariat de FT avec le festival.
Une jolie facture de 112 123 € s’en était suivie pour des suites comme la « Prestige Mer », avec la vue que l’on imagine. La facture a été rendue publique de manière anonyme, peut-être par un employé choqué de France Télévisions. Une partie de la facture (38 K€) correspondait à des invités de FT et leur aurait été refacturée. Le solde (74 K€) n’aurait pas été financé sur le budget de FT mais par un échange d’espace publicitaire à un prestataire contre services. Le service consistant ici en chambres d’hôtel de luxe. Ces espaces publicitaires considérés comme invendus avaient une valeur marchande, ont-ils été bradés pour couvrir des dépenses considérées à juste titre comme somptuaires ?
Voir aussi : Delphine Ernotte, portrait
La CGC porte plainte en 2024
En février 2024, c’est le syndicat CGC de l’audiovisuel qui avait porté plainte pour « abus de biens sociaux et recel » et « soustraction, détournement ou destruction de biens d’un dépôt public par le dépositaire ». Le jugement ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois.
Claude Lenormand

