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Commission sur l’audiovisuel public : Léa Salamé auditionnée à l’Assemblée nationale

5 février 2026

Temps de lecture : 5 minutes
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Commission sur l’audiovisuel public : Léa Salamé auditionnée à l’Assemblée nationale

Temps de lecture : 5 minutes

Commission sur l’audiovisuel public : Léa Salamé auditionnée à l’Assemblée nationale

À l’occasion de la série d’auditions des acteurs de France Télévi­sions, la com­mis­sion sur la neu­tral­ité et le finance­ment de l’audiovisuel pub­lic a inter­rogé Léa Salamé ce lun­di 2 févri­er 2026, aux côtés des rédac­teurs en chef du jour­nal de 20h.

« Je suis jour­nal­iste depuis plus de vingt ans et […] ai fait de l’intégrité et du plu­ral­isme mes lignes direc­tri­ces. » Audi­tion­née dans le cadre de la com­mis­sion UDR sur la neu­tral­ité et le finance­ment de l’audiovisuel pub­lic, Léa Salamé a présen­té, ce 2 févri­er 2026, les raisons qui l’avaient con­duite à choisir l’audiovisuel pub­lic pour carrière.

L’audiovisuel public : un choix militant

Avec « 5 000 entre­tiens au comp­teur », la jour­nal­iste s’est tar­guée à plusieurs repris­es de ne jamais avoir cédé à l’appel d’un privé qui aurait pu lui faire gag­n­er « beau­coup beau­coup plus » – sans qu’elle ne souhaite jamais, au fil des plus de 2h30 d’audition, don­ner un ratio ou une esti­ma­tion des rémunéra­tions perçues ou espérées en cas de change­ment de poste, au nom de l’obligation faite par France Télévi­sions de ne pas dévoil­er les salaires.

Sur le plu­ral­isme, la jour­nal­iste a revendiqué qu’il s’agissait d’une con­vic­tion per­son­nelle, « avant d’être une oblig­a­tion pro­fes­sion­nelle », soulig­nant au pas­sage qu’être au ser­vice de son pays, dont elle prit la nation­al­ité à 10 ans, la France, con­sti­tu­ait un hon­neur. Durant l’entretien, elle a égale­ment révélé ne jamais avoir été la cible de pres­sion, qu’elles soient poli­tiques ou issues de tout autre rang. « L’audiovisuel pub­lic nous per­met d’informer sans être obligé de plaire », a con­clu Léa Salamé dans son pro­pos liminaire.

Sur les audi­ences, inter­rogée par le rap­por­teur UDR Charles Allon­cle qui con­statait que les audi­ences de France Télévi­sions étaient en berne, Léa Salamé a souligné que les équipes étaient en train d’inverser la tendance.

En matière de déon­tolo­gie, la présen­ta­trice du JT de France 2 a indiqué refuser sys­té­ma­tique­ment de pré­par­er les ques­tions avec ses invités poli­tiques, comme cela pou­vait se faire dans « l’ancien temps ». Elle a souligné refuser de déje­uner ou de boire des cafés avec des per­son­nal­ités poli­tiques parce que « ça viendrait vici­er ma manière de les inter­roger. Je préfère met­tre de la dis­tance. » Sur le sujet de la déon­tolo­gie, elle n’a pas souhaité répon­dre à l’affaire Thomas Legrand/Cohen, esti­mant qu’elle ne la con­cer­nait pas, mais s’est déclarée choquée que des jour­nal­istes aient pu être enreg­istrés à leur insu.

Raphaël Glucksmann : un bien inconvénient compagnon

Léa Salamé a été à de nom­breuses repris­es sur son com­pagnon Raphaël Glucks­mann : beau­coup de pré­cau­tions ora­toires ont été pris­es de toute part, y com­pris de celle du rap­por­teur, pour indi­quer qu’il ne s’agissait pas de lier néces­saire­ment sa car­rière à sa vie privée, notam­ment en sa qual­ité de femme. Inter­rogée sur les garanties de son indépen­dance et du traite­ment des invités, Léa Salamé a indiqué qu’elle avait tou­jours anticipé le con­flit d’intérêt : à titre d’exemple, en 2019, pour les élec­tions européennes, elle s’est mise en retrait de l’antenne « le jour de la déc­la­ra­tion de can­di­da­ture » de Raphaël Gluks­mann… « con­tre l’avis de [s]a hiérar­chie […] qui ne voy­ait pas pourquoi [elle] devait sor­tir de l’antenne ».

Hors des élec­tions, elle dit avoir mené son tra­vail en toute impar­tial­ité, soulig­nant qu’une femme ne « pen­sait », ne « pri­ait » pas, en 2026, néces­saire­ment comme son mari. « Mon indépen­dance est mon tal­is­man », a‑t-elle souligné. « Si un jour, [Raphaël Gluks­mann] se décide à être can­di­dat [à la prési­den­tielle], je quitte le 20h immé­di­ate­ment », a‑t-elle con­clu.

« Si vous étiez la com­pagne de Jor­dan Bardel­la, seriez-vous tou­jours à la tête du JT de France 2 ? », a cepen­dant insisté Charles Allon­cle. La jour­nal­iste a indiqué qu’elle espérait que si « la com­pagne de Jor­dan Bardel­la était jour­nal­iste », elle « espérait » qu’elle puisse exercer son méti­er jusqu’à ce que son com­pagnon se présente à la présidence.

Quelques égratignures pour une commission légèrement chahutée

Out­re quelques pass­es d’armes entre le prési­dent Jérémie Patri­er-Lei­tus et le rap­por­teur Charles Allon­cle, l’audition a été émail­lée de quelques remon­trances du pre­mier à l’encontre de députés de la France insoumise. Ain­si, Aurélien Sain­toul s’est fait repren­dre par le prési­dent qui a déploré qu’il ait man­qué aux règles de cour­toisie élé­men­taires. « On par­le pas des gens à la 3ᵉ per­son­ne quand ils sont en face de vous. […] Il y a dans notre pays des règles de civil­ité ! […] Mais on est où ici ?? », a explosé le prési­dent de la com­mis­sion. L’intervention du député s’est d’ailleurs illus­trée par sa stéril­ité, puisqu’elle n’a con­sisté qu’à soulign­er le fait que M. Sain­toul perce­vait cette com­mis­sion comme « inutile ».

Par ailleurs, le député social­iste Ayda Hadizadeh est inter­v­enue pour indi­quer qu’elle pro­duirait un nou­veau cour­ri­er à la prési­dente de l’Assemblée nationale pour se plain­dre des pro­pos du rap­por­teur à l’occasion d’une précé­dente audi­tion. Ambiance !

Sébastien Chapouti­er

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