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Mediawan : concentration en façade, malaise social en coulisses

27 mai 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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Dans le viseur de l’inspection du tra­vail pour ses pra­tiques sur les émis­sions « C à vous » et « C dans l’air », la mai­son de pro­duc­tion Medi­awan pré­pare la fusion de qua­tre sociétés. Mais der­rière le cham­pi­on français van­té à Cannes, le four­nisseur favori de France Télévi­sions mon­tre une face moins glamour.

À peine les pro­jecteurs de Cannes éteints, Medi­awan retrou­ve une lumière moins flat­teuse. Selon La Let­tre ce 26 mai, le groupe de Pierre-Antoine Cap­ton s’apprête à fusion­ner Réser­voir Prod, Max­i­mal Pro­duc­tions, Troisième Œil Pro­duc­tions et Hide Park Pro­duc­tions dans une entité com­mune appelée « Medi­awan France Unscripted ».

Une opéra­tion présen­tée en interne comme une sim­pli­fi­ca­tion admin­is­tra­tive, mais qui inter­vient alors que le groupe est suivi de près sur le ter­rain social, notam­ment pour la pro­duc­tion de « C à vous » et « C dans l’air » sur France 5.

Quatre sociétés pour une seule maison

Offi­cielle­ment, Medi­awan veut ratio­nalis­er ses struc­tures, mutu­alis­er les fonc­tions juridiques, finan­cières et RH. En d’autres ter­mes, créer des « syn­er­gies ». L’expression est com­mode : elle donne tou­jours à une réor­gan­i­sa­tion indus­trielle l’allure d’une évi­dence man­agéri­ale. Les mar­ques, elles, ne dis­paraî­traient pas : elles resteraient vis­i­bles, inscrites au Kbis de la nou­velle entité.

Le cal­en­dri­er, toute­fois, est trou­blant, comme le relève La Let­tre. En févri­er dernier, cette dernière relayée avait déjà révélé qu’une fil­iale de Medi­awan avait reçu une mise en garde de l’inspection du tra­vail sur le recours à des dou­bles con­trats à durée déter­minée d’usage, les fameux CDDU, pour des tech­ni­ciens tra­vail­lant sur « C à vous » et « C dans l’air ». Un con­trôle avait eu lieu en octo­bre 2025 dans les locaux du groupe.

Voir aus­si : Pierre-Antoine Cap­ton, portrait

« C à vous », « C dans l’air » : l’envers du plateau

Le mécan­isme décrit est sim­ple : un tech­ni­cien peut, dans la même journée, pass­er d’une société à l’autre, par exem­ple de Troisième Œil à Max­i­mal, selon qu’il tra­vaille pour « C à vous » ou pour « C dans l’air ». À l’écran, deux émis­sions bien instal­lées du ser­vice pub­lic. En couliss­es, selon les représen­tants des inter­mit­tents cités par la presse, deux employeurs, deux bul­letins de paie, des con­trats courts, des effets défa­vor­ables sur les droits soci­aux et une respon­s­abil­ité juridique moins lisible.

Encore selon La Let­tre, plusieurs recours en jus­tice ont été menés par des salariés con­tre Medi­awan, pour tra­vail dis­simulé et recours abusifs à des CDD. Les plaintes soulign­eraient toute­fois le rôle de France TV, copro­duc­teur des émissions.

La fusion serait-elle une ten­ta­tive de remet­tre de l’ordre dans une mécanique dev­enue trop vis­i­ble qui jure avec l’image lisse du grand cham­pi­on audio­vi­suel français ? À l’heure où Medi­awan et son patron Pierre-Antoine Cap­ton jouent la carte de l’anti-Bolloré après avoir reçu des lau­ri­ers à Cannes, l’envers du décor fait tache.

France Télévisions, client public très généreux

L’affaire est d’autant plus intéres­sante que Medi­awan n’est pas un four­nisseur mar­gin­al du ser­vice pub­lic. Lors de la com­mis­sion d’enquête sur l’audiovisuel pub­lic, il a été rap­pelé que le groupe est le pre­mier pro­duc­teur audio­vi­suel en vol­ume de con­trats signés avec France Télévi­sions, pour plus de 100 mil­lions d’euros et env­i­ron 400 heures de pro­grammes. Pierre-Antoine Cap­ton a de son côté expliqué que France Télévi­sions représen­tait moins de 5 % de l’activité con­solidée mon­di­ale de Medi­awan, mais 25 % de son activ­ité en France.

On com­prend mieux, dès lors, l’attachement du patron de Medi­awan à la défense de l’audiovisuel pub­lic. Quand la « télé publique » arrose large­ment un pro­duc­teur privé, celui-ci décou­vre volon­tiers les ver­tus civiques du ser­vice pub­lic. Mais Medi­awan n’est pas un groupe de Bol­loré, il est beau­coup moins cri­tiqué. En dépit de ses coulisses.

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