Porté par l’intégration de MultiChoice, Canal+ affirme avoir atteint ses objectifs financiers en 2025. Fort d’une base d’abonnés élargie et d’une rentabilité en hausse, le groupe poursuit parallèlement son virage technologique avec OpenAI et Google Cloud pour personnaliser davantage son offre résolument tournée vers le futur.
Canal+ revendique une année 2025 réussie. Le groupe audiovisuel, désormais renforcé par l’intégration du géant sud-africain MultiChoice, assure avoir atteint ses objectifs de chiffre d’affaires et dépassé ses cibles de rentabilité et de génération de trésorerie. Parallèlement, il entend approfondir sa mutation industrielle en misant sur l’intelligence artificielle, à la fois pour la recommandation de contenus, l’indexation vidéo et certains usages de production. Canal semble ainsi parvenir à s’adapter sur un marché concurrentiel et changeant et dans un paysage médiatique dans lequel la marque n’hésite pas à s’affirmer.
Une année 2025 marquée par le changement d’échelle
Pour Canal+, 2025 aura été celle de la « taille critique ». Avec le rachat de MultiChoice en septembre, le groupe indique compter désormais plus de 40 millions d’abonnés dans plus de 70 pays, contre 25,7 millions auparavant. En dix ans, cette base a ainsi été multipliée par quatre.
Sur le plan financier, les indicateurs publiés sont orientés à la hausse. Le résultat opérationnel ajusté (EBITA) atteint 542 millions d’euros, contre 503 millions en 2024. Le taux de marge progresse lui aussi, passant de 7,8 % à 8,7 %. Le chiffre d’affaires combiné de Canal+ et MultiChoice s’élève à 8,7 milliards d’euros.
Le groupe souligne aussi deux autres éléments importants pour son avenir : la fin de ses contentieux avec l’administration fiscale française et le renouvellement jusqu’en 2031 des droits exclusifs de l’intégralité des compétitions de l’UEFA en France (football européen), valeur sûre en matière d’audiences. Des dossiers importants pour un acteur qui cherche à consolider son modèle entre sport, distribution et production.
L’IA au service du « divertissement personnalisé »
C’est aussi sur le terrain technologique que le groupe veut progresser. À partir de juin, Canal prévoit de déployer dans son application la technologie d’OpenAI afin d’affiner la découverte de contenus. L’idée est d’aller au-delà de la simple recherche par mots-clefs : l’abonné pourra ainsi formuler une envie, une humeur ou un type de programme, et obtenir des recommandations adaptées.
Dans le même mouvement, Canal+ s’appuiera sur Google Cloud pour accélérer l’indexation vidéo de ses contenus en Europe et en Afrique. Cette brique technique doit nourrir une connaissance plus fine du catalogue et permettre, à terme, des pages d’accueil davantage personnalisées.
Le groupe présente cette évolution comme une réponse logique à son statut de « super-agrégateur » : plus l’offre est vaste, plus l’orientation du spectateur devient un enjeu décisif.
Production, coûts et expansion : les autres chantiers
L’intelligence artificielle ne doit pas seulement améliorer l’interface utilisateur. Canal+ entend aussi la mettre au service de ses partenaires de production, notamment via des outils de prévisualisation ou d’effets spéciaux. Le groupe se veut néanmoins rassurant en assurant qu’il n’est pas question de « substitution des acteurs ».
2026 doit aussi prolonger l’effort de rationalisation. Canal+ vise 400 millions d’euros d’économies annuelles à partir de 2030 grâce aux synergies avec MultiChoice. Un plan d’investissement de 100 millions d’euros est aussi annoncé pour redresser cette filiale africaine, tandis qu’en Europe une revue systématique des coûts est engagée. La démarche est d’ailleurs déjà engagée depuis plusieurs années.
Le groupe entend enfin poursuivre son expansion dans la production, en Europe comme en Afrique, pour faire « voyager » davantage ses contenus. Au fond, l’équation de Canal+ reste la même : grossir, mieux rentabiliser, et utiliser la technologie pour se renforcer.
Voir aussi : Canal+, infographie
Adrien Cordin

