Accueil E Veille médias E Les silences complices du Progrès (Lyon) sur les violences de la Jeune Garde

Les silences complices du Progrès (Lyon) sur les violences de la Jeune Garde

9 mars 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Pen­dant plusieurs années, le quo­ti­di­en Le Pro­grès, basé à Lyon, a été extrême­ment silen­cieux sur les nom­breuses vio­lences com­mis­es par la Jeune Garde dans la cap­i­tale des Gaules. Quand on com­pare au traite­ment des exac­tions com­mis­es par l’autre camp, l’ultra-droite, la dif­férence est visible.

Saint Raphaël Arnault, priez pour eux

C’est sim­ple, il n’y a qua­si­ment rien (à part sur la mise en cause d’un cadre de la Jeune Garde pour apolo­gie de ter­ror­isme) entre 2018 (date de sa créa­tion à Lyon) et l’annonce de sa dis­so­lu­tion par Bruno Retail­leau en 2025.

Cette mon­tée en puis­sance des mil­i­tants de la Jeune Garde qui les a amenés à bat­tre à mort Quentin Der­anque n’a fait l’objet d’aucune enquête ou arti­cle, même pas d’une brève.

Au con­traire, Raphaël Arnault, leader de la Jeune Garde et désor­mais député de la France Insoumise, a eu droit à un traite­ment très révéren­cieux de la part du Pro­grès pen­dant plusieurs années.

Une cécité volontaire ?

Ce quo­ti­di­en n’est pas le seul, puisque la plu­part des médias nationaux (de Libéra­tion au Monde) ont fait preuve d’un aveu­gle­ment volon­taire sur les agres­sions com­mis­es par la Jeune Garde. Une céc­ité incom­préhen­si­ble puisque la Jeune Garde revendi­quait sur ses réseaux offi­ciels (Face­book, X, Insta­gram) ou offi­cieux (canal Antifa Squad) ses attaques violentes !

Par un drôle de hasard, à chaque fois que des mem­bres de la Jeune Garde à Lyon se retrou­vaient devant les tri­bunaux, les arti­cles du Pro­grès évo­quaient des mem­bres de « l’extrême gauche » ou de « l’ultra-gauche », sans citer nom­mé­ment ce grou­pus­cule. Comme si les jour­nal­istes rechig­naient à éclair­er les exac­tions du groupe de Raphaël Arnault.

Pour com­pren­dre ce par­ti pris, il faut d’abord enquêter sur un silence : des arti­cles du Pro­grès dans les archives sur la trentaine d’agressions de la Jeune Garde à Lyon, il y en a très peu… À notre con­nais­sance, à part un arti­cle Un mil­i­tant d’ul­tra-gauche accusé d’apolo­gie du ter­ror­isme, rien de vrai­ment négatif n’a été écrit entre 2018 jusqu’à sa dis­so­lu­tion en 2025 et le meurtre de Quentin Der­anque en févri­er 2026.

Un fil conducteur militant

Alors pen­dant plusieurs années, le fil con­duc­teur du traite­ment médi­a­tique de la Jeune Garde et des Raphaël Arnault par les jour­nal­istes du Pro­grès sem­ble avoir été :

  • de soulign­er les actions pos­i­tives comme des rassem­ble­ments ou man­i­fes­ta­tions con­tre l’extrême droite, la Jeune Garde est alors mise en avant.
  • de rel­a­tivis­er les vio­lences des mem­bres de la Jeune Garde (revendiquées par ce grou­pus­cule) qui devi­en­nent celles de « l’extrême gauche » ou de « l’ultra-gauche ».
  • d’indiquer comme seules vic­times les mil­i­tants de la Jeune Garde.

Quatre exemples

Voici donc, à par­tir de quelques arti­cles, com­ment le quo­ti­di­en Le Pro­grès a traité les vio­lences de la Jeune Garde.

Août 2020 : Attaque de mil­i­tants patri­otes attablés à une ter­rasse de bar : Le Pro­grès ne voit pas la Jeune Garde mais « un groupe d’ultragauche ».

Pour­tant, plusieurs mois plus tard, au détour d’un arti­cle sur un mil­i­tant de la Jeune Garde accusé d’apologie de ter­ror­isme, Le Pro­grès con­firme cette information :

« Selon nos infor­ma­tions, H. A. est l’un des six mem­bres pré­sumés de l’ul­tra­gauche, mis en exa­m­en, en août, notam­ment pour vio­lences aggravées, après l’a­gres­sion de trois clients d’un bar dans le Vieux-Lyon, sur fond de ten­sions avec l’ul­tra-droite. La Jeune garde refuse de s’ex­primer sur ce volet. » (Le Pro­grès, Un mil­i­tant d’ul­tra-gauche accusé d’apolo­gie du terrorisme).

Et depuis 2021, dans les nom­breux por­traits ou arti­cles con­sacrés à Raphaël Arnault, jamais le porte-parole de la Jeune Garde n’a été ques­tion­né sur cette agression…

Sep­tem­bre 2021 : attaque du cortège anti-passe san­i­taire par une quin­zaine de mil­i­tants de la Jeune Garde. Pour le Pro­grès, c’est « l’extrême gauche ».

Un pas­sant est vio­lem­ment frap­pé à coups de casque et d’ar­ma­ture de chaise métallique sur la tête par un mil­i­tant de la Jeune Garde. Bilan : plusieurs plaies au vis­age, une frac­ture de l’in­dex et la perte de qua­tre dents sous les coups. L’auteur du coup de casque sera arrêté et con­damné. En « garde à vue, il a con­fir­mé son appar­te­nance au groupe d’ex­trême gauche, dont l’ac­tion était cen­sée prévenir les débor­de­ments de groupes d’ex­trême droite, qui les auraient pris à par­tie. »

Mal­gré le procès et la reven­di­ca­tion de l’attaque sur les réseaux soci­aux, la Jeune Garde n’a jamais été citée dans les arti­cles con­sacrés à cette attaque par Le Pro­grès. À l’inverse, Valeurs actuelles avait relayé l’information :

« À Lyon, ce groupe a un nom : la Jeune Garde. Same­di 8 sep­tem­bre [4 sep­tem­bre], une quin­zaine d’en­tre eux ont attaqué le cortège lyon­nais com­posé de familles et de man­i­fes­tants jusqu’alors paci­fiques. Repoussés mal­gré tout, cette attaque n’est pas la pre­mière à leur act­if, à en croire le casi­er judi­ci­aire de cer­tains de leurs lead­ers, comme Gré­go­ry F., sous con­trôle judi­ci­aire après avoir agressé deux jeunes à la ter­rasse d’un bar. »

Quand, début octo­bre 2021, plusieurs mil­i­tants de la Jeune Garde affir­ment avoir été attaqués par des mil­i­tants de l’autre bord, Le Pro­grès n’hésite pas à faire un arti­cle et à citer nom­mé­ment le grou­pus­cule de Raphaël Arnault comme la vic­time des vio­lences de l’extrême droite…

Dans le même temps, lorsque la Jeune Garde man­i­feste con­tre sa dis­so­lu­tion en mai 2025, Le Pro­grès leur donne la parole sans jamais oser leur pos­er des ques­tions qui fâchent, sur les mul­ti­ples agres­sions que leurs mem­bres avaient com­mis­es à Lyon et que le quo­ti­di­en connaissait !

Céc­ité involon­taire ou organ­isée ? À cha­cun de juger sur pièces…

Claude Lenor­mand

Mots-clefs :