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Télé 7 Jours passe sous pavillon allemand : Křetínský solde un actif grand public

22 janvier 2026

Temps de lecture : 3 minutes
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Télé 7 Jours passe sous pavillon allemand : Křetínský solde un actif grand public

Temps de lecture : 3 minutes

Télé 7 Jours passe sous pavillon allemand : Křetínský solde un actif grand public

Le mag­a­zine Télé 7 Jours, lancé en 1960 et longtemps incon­tourn­able des grilles TV, a été cédé par CMI France (Daniel Křetín­ský) au groupe alle­mand Bauer Media Group, avec effet au 1er jan­vi­er 2026. Une trans­ac­tion sans mon­tant affiché, sur fond de recen­trage et de ten­sions sociales chez l’éditeur.

Le sym­bole est fort : un des derniers poids lourds de la presse mag­a­zine française quitte le porte­feuille de Daniel Křetín­ský. Bauer Media con­firme avoir repris Télé 7 Jours ain­si que ses décli­naisons Télé 7 Jeux et Télé 7 Jours Jeux, après des dis­cus­sions engagées depuis l’été et une opéra­tion désor­mais effective.

Un gros tirage, malgré l’érosion structurelle

Dans un marché lam­iné par les appli­ca­tions, box et plate­formes, Télé 7 Jours reste une machine à vol­umes : 660 415 exem­plaires par numéro sur la péri­ode mi-2024 / mi-2025 (dif­fu­sion France payée, ACPM). Les décli­naisons de jeux affichent encore 79 305 (Télé 7 Jeux) et 50 146 (Télé 7 Jours Jeux).

Côté repre­neur, Bauer met en avant le main­tien d’une « mar­que emblé­ma­tique » et des « syn­er­gies » avec ses titres français (dont Maxi ou Télécâble Sat Heb­do), dans un groupe famil­ial basé à Ham­bourg revendi­quant une présence européenne de grande échelle.

Křetínský : recentrage… et casse sociale en toile de fond

Pour CMI France, la vente s’inscrit dans une série d’arbitrages : l’éditeur a récem­ment cédé Ici Paris et France Dimanche à Pris­ma Media, tout en con­ser­vant Elle, Mar­i­anne et Franc-Tireur.

Surtout, l’annonce inter­vient après l’évocation d’un plan de sup­pres­sions de postes pou­vant aller jusqu’à 87 chez CMI France. Dif­fi­cile, dans ce con­texte, de ne pas voir dans ces ces­sions une logique finan­cière froide : l’actionnaire con­serve les mar­ques à pres­tige et les paris audio­vi­suels, mais se sépare d’un titre pop­u­laire qui assur­ait encore une dif­fu­sion mas­sive et qui demeure encore un incon­tourn­able aux caiss­es de supermarchés.

Un titre français… déjà passé sous contrôle étranger

Créé en 1960, 16 ans après le lance­ment de son ancêtre Radio 44 qui indi­quait les pro­grammes des sta­tions de radio de la RTF, Télé 7 Jours a longtemps été asso­cié à l’écosystème Hachette Fil­i­pac­chi (groupe Lagardère).

Le bas­cule­ment inter­na­tion­al ne date toute­fois pas d’hier : la branche mag­a­zine de Lagardère Active a été cédée à Czech Media Invest (CMI) – donc à un action­naire étranger – avant la revente actuelle vers un groupe allemand.

Reste une ques­tion de fond : quand un titre aus­si instal­lé change deux fois de pavil­lon en quelques années, que devient l’ambition édi­to­ri­ale ? À force de pilotage pat­ri­mo­ni­al par tableur, les « his­toriques » finis­sent sou­vent par n’être plus que des lignes d’actifs — jusqu’au jour où la mar­que, elle aus­si, se met à décrocher.

Rodolphe Cha­la­mel

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