Accueil E Veille médias E Jugement en Allemagne : la suppression de comptes est opérée par Facebook selon des critères politiques et arbitraires

Jugement en Allemagne : la suppression de comptes est opérée par Facebook selon des critères politiques et arbitraires

18 juillet 2022 | Temps de lecture : 3 minutes

Faire un don à l'OJIM S1 2026

Faire un don à l'OJIM S1 2026
Levé 230,00€
Objecif 10 000,00€
Donateurs 2
2,3%

Un nouveau jugement du Tribunal régional supérieur de Hambourg dénonce l’arbitraire avec lequel Facebook supprime les publications qui ne lui conviennent pas et bloque les internautes. Ce, en dépit du fait « qu’il n’y a pas de base légale pour cela », comme le sait fort bien la plate-forme.

Revoilà les « discours de haine »

Ce juge­ment clôt une affaire, rem­portée par l’av­o­cat Joachim Stein­höfel, spé­cial­iste des médias soci­aux, opposant une inter­naute à Face­book en rai­son d’une cita­tion du philosophe nat­u­ral­iste et pub­li­ciste catholique Joseph Gör­res (1776–1848), cri­ti­quant la naïveté des Allemands :

« Il n’y a pas de peu­ple plus gen­til, mais aus­si de plus cré­d­ule que les Alle­mands. Je n’ai jamais eu à semer la dis­corde entre eux. Je n’avais qu’à éten­dre mes filets, ils y couraient comme un gibier timide. Ils se sont entre-tués, croy­ant faire leur devoir. Pas un seul peu­ple sur terre n’est aus­si insen­sé ; aucun men­songe ne peut être assez gros, les Alle­mands y croient. Pour un slo­gan, ils ont per­sé­cuté leurs com­pa­tri­otes avec plus d’acharne­ment que leurs véri­ta­bles ennemis ».

Face­book a sup­primé la pub­li­ca­tion parce qu’elle « vio­lait les normes de la com­mu­nauté », blo­quant égale­ment l’in­ter­naute sous pré­texte qu’elle se serait ren­due coupable de « dis­cours de haine ». Le tri­bunal de Ham­bourg a néan­moins statué que la sup­pres­sion de la pub­li­ca­tion tout comme le blocage de l’u­til­isatrice étaient con­traires à la loi.

Les conditions générales de Facebook sont « contraires à la loi »

Les juges ont cri­tiqué le fait que la société mère de Face­book, Meta, nonob­stant une déci­sion de la Cour fédérale de jus­tice il y a un an, s’en tient tou­jours à ses con­di­tions générales de 2018, jugées con­traires à la loi alle­mande, les util­isant même comme fonde­ment pour pour­suiv­re sa pra­tique de sup­pres­sion arbi­traire. Selon les mag­is­trats de Ham­bourg, le média social con­tin­ue sa « pra­tique de sanc­tion fondée sur des claus­es et con­di­tions générales con­traires à la loi », les « normes de com­mu­ni­ca­tion » spé­ci­fiées étant nulles.

Après le ver­dict, Stein­höfel a vive­ment cri­tiqué la société de Zucker­berg : « Selon le tri­bunal région­al supérieur de Ham­bourg, Face­book est un con­trevenant délibéré et en série à la loi. Meta niv­elle la lib­erté d’ex­pres­sion sur ses plates-formes, au mépris des principes de l’É­tat de droit », a déclaré l’av­o­cat au jour­nal Bild ; par ailleurs, il demande au lég­is­la­teur de fix­er « une indem­nité for­faitaire pour sup­pres­sion injus­ti­fiée et pour chaque jour de blocage illicite ».

Source : Junge Frei­heit, 08/07/2022. Tra­duc­tion : AC