« Lügenpresse » : la confiance entre médias et citoyens allemands est rompue

« Lügenpresse » : la confiance entre médias et citoyens allemands est rompue

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[Première diffusion le 3 février 2016] Rediffusions estivales 2016

Dans un climat de défiance générale à son égard, la presse allemande n’a jamais été aussi mal en point.

Comme l’a rappelé Hildegard von Hessen am Rhein sur Boulevard Voltaire, les Allemands « se détournent non seulement des éditions papier, mais aussi des sites. Ce qui se passe en Allemagne est énorme ». En effet, depuis 2014, la chute est douloureuse pour les grands titres d’outre-Rhin.

En septembre 2015, six quotidiens étaient dans le rouge, et le mois suivant n’aura fait qu’aggraver les choses. Chez nos voisins, on décrit cette agonie comme étant le résultat de « l’effet Ulfkotte », du nom de cet ancien rédacteur en chef du FAZ ayant révélé, dans son livre, comment la CIA contrôlait toute la presse allemande pour manipuler l’opinion.

Ajoutez à cela l’anti-poutinisme délirant des principaux quotidiens, qui s’alignent outrageusement, couvertures après couvertures, sur la ligne atlantiste anti-russe, et surtout le silence de plomb entourant les viols de masse de la nuit du Nouvel an, et le public se met à scander « Lügenpresse » (« presse menteuse ») à l’unisson.

Le 29 avril 2014 dans la revue Cicero, Alexander Kissler écrivait : « Les journaux meurent. La raison en est que l’on écrit totalement hors-sol. En particulier sur les sujets qui concernent la Russie ou sur Akif Pirinçci (accusé de manière manipulée d’avoir tenu des propos incitant à la haine raciale durant une manifestation PEGIDA à Dresde). Ce n’est pas ainsi qu’il convient de traiter les lecteurs. »

Cette tendance à la dissimulation des problèmes « politiquement incorrects » et à l’absence de tout esprit critique vis-à-vis de la politique américaine ont conduit les lecteurs à la méfiance vis-à-vis des médias traditionnels et à leur réinformation par leurs propres moyens sur internet. En France, la presse traditionnelle, ultra-subventionnée (par l’État comme par Google), ne peut se vanter de meilleurs résultats et semble suivre, irrémédiablement, la même pente.

Dessin : © Milady de Winter pour l’Ojim

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