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Viols en série au Royaume-Uni : connaissez-vous Tommy Robinson ?

8 février 2022

Temps de lecture : 4 minutes
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Viols en série au Royaume-Uni : connaissez-vous Tommy Robinson ?

8 février 2022

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Tommy Robinson est un personnage que la gauche libérale libertaire et les médias de grand chemin aiment détester. Le documentaire que ce citoyen britannique vient de rendre disponible sur le net ne va sûrement pas faire remonter sa côte de popularité auprès de l’establishment politiquement correct. Le fait qu’il revienne sur l’un des plus gros scandales de ces dernières années au Royaume-Uni mérite néanmoins que l’on s’y attarde.

Les viols en série au Royaume-Uni, un phénomène social

Entre 2005 et 2012, de très nom­breuses jeunes femmes ont été vic­times de vio­ls au Roy­aume-Uni. Si les vio­ls sont mal­heureuse­ment courants dans ce pays comme ailleurs, ceux en ques­tion présen­tent la par­tic­u­lar­ité d’avoir les mêmes car­ac­téris­tiques : les vic­times sont des jeunes femmes blanch­es de milieu mod­este et les agresseurs des hommes d’origine « asi­a­tique », le terme util­isé out­re-manche pour désign­er notam­ment les Pak­istanais. Les enquêtes réal­isées à la suite de ces vio­ls per­me­t­tent avec le recul de con­stater que nous sommes en présence d’un phénomène col­lec­tif impli­quant de très nom­breuses per­son­nes, très prob­a­ble­ment organ­isées, qui ne répond pas aux car­ac­téris­tiques habituelles des vio­ls « d’impulsion ».

Rother­ham, Oxford, Rochdale, Der­by, Ban­bury, Telford, Peter­bor­ough, Ayles­bury, Bris­tol, Hal­i­fax, Keigh­ley, New­cas­tle : les villes con­cernées sont longues à énumér­er, comme la liste des per­son­nes dont la vie a été dévastée par les agisse­ments d’individus malfaisants.

En novem­bre 2018, l’Observatoire du jour­nal­isme soulig­nait la con­spir­a­tion du silence qui a longtemps pré­valu autour de ces faits par­ti­c­ulière­ment graves.

Il fau­dra peut-être un jour faire le procès de tous ceux qui savaient et se sont tus, tra­vailleurs soci­aux, jour­nal­istes, policiers, etc. pour ne pas être accusé de racisme. Et qui ont con­tribué à accroitre le nom­bre des vio­ls com­mis. Car comme le dit Tom­my Robin­son dans son doc­u­men­taire au sujet des très nom­breux vio­ls présen­tant les mêmes car­ac­téris­tiques « de race », ne pas dire les choses par crainte de racisme, cela peut être aus­si du racisme. Car c’est con­sid­ér­er que des vio­leurs auraient des cir­con­stances atténu­antes au seul motif de leurs orig­ines, et qu’il vaut mieux ne pas en par­ler, pour favoris­er l’intégration de la « com­mu­nauté » à laque­lle les vio­leurs appartiennent.

Cette per­ver­sion de l’antiracisme, qui aboutit à taire des faits étab­lis, aurait dans le cas présent pu faire l’objet d’études soci­ologiques, si cette dis­ci­pline n’était pas gan­grénée par l’idéologie « woke ». Car il y a bien une dimen­sion soci­ologique, au sens d’un phénomène col­lec­tif présen­tant des car­ac­téris­tiques com­munes, dans ces affaires.

Ces vio­ls en série ren­voient à des prob­lèmes que le sys­tème refuse de voir : les dif­fi­cultés de cohab­i­ta­tion entre indi­vidus de cul­tures rad­i­cale­ment dif­férentes, la con­cep­tion du rôle de la femme dans la société, le « seuil de tolérance » de l’immigration, ce con­cept si rapi­de­ment évo­qué en 1989 par François Mit­ter­rand et si rapi­de­ment oublié sous la pres­sion du clergé médi­a­tique qui sévis­sait déjà alors. Des exem­ples plus récents de cette céc­ité, à Cologne, Milan et ailleurs, nous mon­trent que le voile du silence recou­vre tou­jours pudique­ment tous ces évène­ments gênants

Le « sulfureux » Tommy Robinson

Tom­my Robin­son a un C.V. qui rebute les recru­teurs en mal de respectabil­ité : il a été con­damné pour quelques dél­its de droit com­mun, il a appartenu à l’English Defence League et au mou­ve­ment Pegi­da au Roy­aume-Uni. Il a filmé à la sor­tie du tri­bunal des per­son­nes inculpées de viol, ce qui lui a valu une con­damna­tion à de la prison ferme. Son témoignage à Tuck­er Carl­son sur la chaîne Fox news sur ses con­di­tions de déten­tion en dit long sur l’acharnement à vouloir faire taire quelqu’un qui n’hésite pas à enfrein­dre les lois pour faire toute la lumière sur ce que l’on pour­rait appel­er pudique­ment « les événements ».

Tom­my Robin­son vient de ren­dre disponible sur le net un doc­u­men­taire inti­t­ulé « Le viol de la Grande Bre­tagne ». Il présente – unique­ment en anglais pour le moment – le témoignage d’une jeune femme, Nicole, vio­lée à plusieurs repris­es. Elle y accuse nom­mé­ment plusieurs per­son­nes d’origine pak­istanaise de l’avoir vio­lé. Elle dénonce le classe­ment sans suite de sa plainte bien qu’elle ait été enceinte de l’un des vio­leurs et que son ADN pou­vait établir l’identité du géni­teur. Elle indique avoir fourni 3 heures de vidéos de preuves. Elle accuse un polici­er de la ville où elle vit, Telford, de cor­rup­tion pour avoir accep­té une « enveloppe » de l’un de ses agresseurs. Toutes ces accu­sa­tions sont graves, comme sont graves les faits reprochés s’ils sont avérés.

L’enquête de Tom­my Robin­son sem­ble gên­er au plus haut point : à la toute fin de son doc­u­men­taire, on apprend que depuis le début de l’enquête, une dizaine de voitures de per­son­nes ayant par­ticipé à l’enquête, dont la sienne, ont été incendiées. Sur YouTube, la vidéo du doc­u­men­taire a bien évidem­ment été sup­primée après une courte péri­ode de dif­fu­sion. La ver­sion pub­liée sur GETTR est tou­jours disponible à ce jour.

Aux frontières de la légalité

On peut faire beau­coup de reproches à Tom­my Robin­son. Il n’hésite pas à enfrein­dre la loi quand il estime sa cause juste. Ain­si, mal­gré une inter­dic­tion de la jus­tice bri­tan­nique, il a filmé des per­son­nes accusées de vio­ls à la sor­tie du tri­bunal lors de leur procès, à Can­ter­bury en 2017 et à Leeds en 2018. Ce qui selon une juriste bri­tan­nique au micro de la BBC est « préju­di­cia­ble aux droits de la défense ». Il a été con­damné à de la prison ferme pour ces faits, dans des con­di­tions qu’il décrit comme par­ti­c­ulière­ment vexatoires.

Pour le doc­u­men­taire qui vient de sor­tir, il a ten­té – sans suc­cès – d’« inter­view­er » de façon assez inquisitrice des per­son­nes que Nicole accuse de l’avoir vio­lée. Mais sa démarche ne peut être com­prise qu’en prenant en compte la con­fi­ance per­due par de nom­breux Bri­tan­niques dans leurs insti­tu­tions à la suite de ces affaires. Et l’une des expli­ca­tions à la pop­u­lar­ité de Tom­my Robin­son out­re-manche vient très cer­taine­ment du besoin de libéra­tion de la parole au sujet de ce phénomène que l’establishment souhaite par-dessus tout cacher, car il en porte une par­tie de la responsabilité.

Tom­my Robin­son sera très prob­a­ble­ment de nou­veau con­damné avant que le nou­veau doc­u­men­taire qu’il compte réalis­er sur « les événe­ments » sorte. Son casi­er judi­ci­aire sera peut-être un peu plus chargé. Comme nous l’apprend la BBC, la jus­tice vient d’ailleurs de lui réclamer le paiement d’amendes non réglées. Mais il n’est pas sûr que cela suff­ise pour le faire taire.

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