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Le « cauchemar » de l’UE ? L’influenceuse « Sasha Meets Russia » sanctionnée

18 juin 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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Brux­elles a placé Alexan­dra Jost, influ­enceuse rus­so-améri­caine con­nue sous le nom de « Sasha Meets Rus­sia », sur sa liste de sanc­tions le 15 juin. Elle est accusée de dif­fuser de la pro­pa­gande du Krem­lin sous cou­vert de con­tenus « lifestyle » pour Rus­sia Today.

« Européens, deman­dez-vous, de quoi ont-ils si peur ? » a réa­gi dans une vidéo Alexan­dra Jost, dénonçant des autorités craig­nant « la vérité ». La jeune influ­enceuse a été placée sur la liste des per­son­nal­ités sanc­tion­nées de l’UE le 15 juin, elle est donc inter­dite de séjour en Europe et voit ses avoirs gelés.

En principe, rien d’original : des voy­ages, des fes­ti­vals, des scènes de vie quo­ti­di­enne et des paysages. Un hic : il s’agit de la Russie. Et cela déplaît au Con­seil de l’UE, qui a indiqué qu’Alexandra Jost a pro­duit du con­tenu rémunéré par TV-Novosti, l’entité der­rière Rus­sia Today, inter­dite de dif­fu­sion depuis 2022. Elle est accusée d’avoir perçu en moyenne 170 000 rou­bles russ­es (env­i­ron 2 000 dol­lars) par mois de RT au cours des trois pre­miers trimestres de 2024, une infor­ma­tion révélée par le média d’opposition russe instal­lé à Riga, Novaya Gaze­ta, en févri­er 2025, se référant à ses déc­la­ra­tions fis­cales. Elle et son mari auraient égale­ment béné­fi­cié de sub­ven­tions de la Fon­da­tion prési­den­tielle pour les ini­tia­tives cul­turelles du Krem­lin via l’agence « Limitless ».

Le compte EUvs­Dis­in­fo, offi­cielle­ment lié à l’UE, s’est réjoui de la nou­velle, la qual­i­fi­ant de « pro­pa­gan­diste russe con­nue pour dif­fuser de la pro­pa­gande du Krem­lin déguisée en con­tenu lifestyle pour le compte de Rus­sia Today ». « N’e­spérez pas voir ‘’Sasha Meets Europe’’ de sitôt. »

« Une excellente chose pour une propagandiste »

« Une excel­lente chose pour une pro­pa­gan­diste claire­ment iden­ti­fiée qui ne pour­ra désor­mais plus plac­er un pied en ter­ri­toire européen », a aus­si salué sur X l’influenceur Louis Duc­los, très engagé en faveur de l’Ukraine. Ce dernier a été impliqué dans des ren­con­tres et col­lab­o­ra­tions avec le Quai d’Orsay pour pro­mou­voir la ligne de l’exécutif, sans toute­fois être rémunéré par celui-ci, a‑t-il affirmé.

Duc­los voit dans les sanc­tions visant l’influenceuse une réponse à la guerre hybride russe sur les réseaux : « Il y a claire­ment une stratégie de manip­u­la­tion der­rière. Ce procédé va se mul­ti­pli­er dans les années à venir. Ne soyons pas naïfs et sanctionnons-les ».

« Je suis le pire cauchemar de l’UE »

Selon les motifs offi­ciels, Alexan­dra Jost aurait notam­ment dif­fusé des affir­ma­tions comme « la Crimée est la Russie et bien­tôt toute l’Ukraine le sera aus­si ». Alexan­dra Jost a moqué en retour la haute représen­tante de l’UE pour les affaires étrangères, surnom­mée ironique­ment « Kaka Kallas ».

De nation­al­ités améri­caine et russe, Alexan­dra Jost est née en 1998. Elle s’est réin­stal­lée à Saint-Péters­bourg à 19 ans, avant de com­mencer ses activ­ités sur YouTube en 2023. Son compte Tik­Tok a rapi­de­ment engrangé plus de 160 000 abon­nés. Ses vidéos y accu­mu­lent des mil­lions de vues, 13 mil­lions par exem­ple pour des babush­ki (grands-mères) russ­es chan­tant à l’accordéon. Son compte sur Insta­gram a été sup­primé en mars 2025 alors qu’il approchait les 300 000 abon­nés (avec plus de 100 mil­lions de vues cumulées). En juin dernier, elle pub­li­ait une vidéo avec l’activiste améri­caine Can­dace Owens à l’occasion du pas­sage de celle-ci à Saint-Pétersbourg.

Par­mi les autres per­son­nes sanc­tion­nées ce mois-ci : dix per­son­nes et une entité accusées de relay­er la pro­pa­gande russe ou de coor­don­ner des influ­enceurs via des finance­ments du Krem­lin. Par­mi les autres per­son­nes visées fig­urent notam­ment Maria Vladimirov­na Dud­ko (direc­trice de l’agence « Lim­it­less »), le pub­li­ciste Roman Yure­vich Antonovskii, la jour­nal­iste RT Olga Kiriy, l’ancien com­mis­saire aux droits de l’enfant Pavel Astakhov, ain­si que le mét­ro­po­l­ite Georgiy Shevkunov, que l’on dit con­fesseur de Vladimir Pou­tine. L’entité sanc­tion­née est la Fon­da­tion prési­den­tielle pour les ini­tia­tives culturelles.

Le proces­sus de dia­boli­sa­tion se pour­suit, pour ren­dre les voix liées à la Russie infréquenta­bles. En décem­bre 2025, l’Union européenne avait ajouté les noms des ana­lystes Jacques Baud et Xavier More­au à sa liste de sanc­tions, accusés d’être des « porte-parole de la pro­pa­gande pro-russe », notam­ment pour avoir con­testé la ver­sion offi­cielle du déclenche­ment du con­flit en Ukraine. Les deux hommes ont vive­ment dénon­cé des sanc­tions qu’ils con­sid­èrent comme une atteinte à la lib­erté d’expression. Xavier More­au, citoyen français expa­trié à Moscou et tra­vail­lant pour RT, a été sanc­tion­né sans procès.

En ce mois de juin 2026, plusieurs eurodéputés macro­nistes ont réclamé de sanc­tion­ner Xenia Fedoro­va, anci­enne direc­trice de RT France dev­enue chroniqueuse pour CNews.

Édouard Chan­ot

 

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