Comme chaque année, le journal La Croix (avec l’Institut Verian et La Poste) vient de publier jeudi 15 janvier 2026 son traditionnel baromètre sur la confiance des Français dans les médias. Perte de confiance, demande de transparence, de vérité et de proximité… Voici les enseignements à retenir de cette édition 2026.
Un intérêt pour l’actualité
La défiance des Français à l’égard des médias ne faiblit pas. Médias « éloignés de leurs préoccupations », manque d’indépendance, trop d’opinions… Le 39e baromètre « La Croix — Verian — La Poste », diffusé ce jeudi 15 janvier, sur « la confiance des Français dans les médias » révèle en effet que les Français sont toujours une majorité à ne pas faire confiance aux médias sur les grands sujets d’actualité (à hauteur de 61%).
Attention, cela signifie pas pour autant qu’ils boudent les médias — bien que beaucoup ressentent de la fatigue informationnelle (47%) — puisqu’ils sont 71% à suivre l’actualité « avec un grand intérêt », la majorité (56%) se tenant même au courant de ce qui se passe dans l’actualité « une ou deux fois dans la journée ».
Voir aussi : Le Trust Barometer : des médias aux institutions, les Français toujours plus méfiants
La préférence partisane au cœur de la confiance
Fait intéressant : la confiance dans les médias varie de manière significative en fonction de la préférence partisane. Ainsi, 66% des Français interrogés sympathisants du Rassemblement national déclarent ne pas avoir confiance dans les médias sur les grands sujets d’actualité, suivis juste derrière par les Français disant n’avoir aucune préférence politique.
Arrivent ensuite les sympathisants LFI et PS qui estiment à part égale (58%) qu’il faut se méfier de ce que disent les médias sur les grands sujets d’actualité. « Ce chiffre descend à 51% pour les sympathisants du parti écologiste ». Enfin, les partisans de Renaissance et des Républicains sont ceux qui ont le plus confiance dans les médias, à hauteur de 46%.
Forcément, avec une telle méfiance, la question se pose de la manière dont les Français s’informent. Selon La Croix, c’est naturellement — en premier lieu — vers les proches (67%) qu’ils se tournent pour s’informer. Ils sont tout de même 65% à plébisciter les journaux télévisés d’information ainsi que la presse régionale (63%).
Concernant les experts de plateau, « universitaires ou scientifiques », les Français sont là mi-figue mi-raisin, près de la moitié seulement leur faisant confiance (54%) ; soit une chute de 7 points en un an.
Ceux qui en revanche suscitent le plus de doute sont les influenceurs (72% n’ont pas confiance), les réseaux sociaux (65%) et les services d’intelligence artificielle (60%).
Les journalistes n’ont pas si mauvaise presse
Autre enseignement à retirer du baromètre La Croix : les Français font une distinction claire entre médias et journalistes. Ces derniers n’ont en effet pas si mauvaise presse : 56% des personnes interrogées ont une bonne opinion d’eux.
« Le chiffre a de quoi étonner, au regard des 61 % de sondés qui déclarent se méfier de ce que disent les médias, alors qu’ils ne sont que 34 % à avoir une mauvaise opinion des journalistes – 10 % des sondés ne se prononcent pas », s’étonne-t-on dans les colonnes de La Croix. Et le quotidien d’ajouter : « Ce contraste laisse supposer que la défiance se situe davantage à l’endroit du système et des entités médiatiques qu’envers les personnes qui les informent ».
S’ils sont en effet 60 % de Français à trouver les journalistes « clairs et faciles à comprendre », ils sont tout de même 54 % à juger que les journalistes sont « éloignés des préoccupations des Français ». Une critique formulée en premier lieu par les partisans de La France insoumise (69 %).
Rétablir la confiance ?
Dès lors, pour les médias, une question fondamentale se pose : comment recréer la confiance et le lien entre les Français et les journalistes ? Des idées pour cela, les sondés en ont plein, révèle La Croix.
D’abord, les sondés estiment à 78% qu’il faut désormais « une séparation claire (…) entre ce qui relève de l’information et des opinions ». Dans le même sens, à la question ouverte : « Qu’est-ce que les médias devraient mettre en place concrètement pour que vous ayez davantage confiance en eux ? », plus d’un tiers des sondés (34 %) les appellent à « dire la vérité » ou à « vérifier, citer et diversifier leurs sources ».
Les sondés estiment en outre (à 77%) comme fondamental « qu’il y ait des garanties d’indépendance des journalistes par rapport aux propriétaires des médias pour lesquels ils travaillent ».
Au contrat de vérité et d’indépendance des médias, s’ajoute également une demande de proximité : ils ne sont pas moins de 74% à demander à ce que les journalistes s’intéressent — enfin — davantage à la vie des Français.
Lorelei Bancharel


