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Pub­lié le 14 novembre 2018 | Éti­quettes : , ,

Qatar et Lagardère, des relations tumultueuses

Nous avons souvent évoqué le désengagement du groupe d’Arnaud Lagardère des médias, réduits pratiquement à Paris Match, le JDD et Europe 1. Les mésaventures des investissements sportifs (quasi liquidés) d’Arnaud Lagardère et une gestion parfois primesautière ont entrainé une forte décote du titre depuis 2012. À cette date l’action valait 35 €, mais elle avait perdu presque la moitié de sa valeur début 2017 à 19 €. Depuis le cours est remonté à 26 € tout début novembre 2018, il n’est pas certain que l’actionnaire du Qatar s’en contente.

Qatar premier actionnaire en actions mais pas en droits de vote

La structure en commandite (SCA) de la société permet à Arnaud Lagardère et ses alliés (Arjil) d’avoir la majorité des votes avec une minorité d’actions. La société familiale est ainsi à l’abri d’une OPA en contrepartie d’une responsabilité des commanditaires sur leurs biens propres. Le Qatar est le premier actionnaire en nombre de droits de votes en dehors des commanditaires.

Les fonds activistes en embuscade

Les fonds activistes prennent une participation dans une société avec pour objectif de valoriser le cours de bourse en infléchissant la stratégie et si nécessaire en changeant le management. Les contestataires rassemblent un peu plus de 10% des droits de votes. DNCA avec 5%, Amber avec 4% et Rothschild Asset Management avec 1%. Amber qui voulait imposer deux administrateurs au conseil de surveillance a échoué lors de l’assemblée générale du printemps 2018.

Contestations par voie d’huissier

Un huissier de l’Association de Défense des Actionnaires Minoritaires (ADAM, présidée par Colette Neuville) avait été dépêché pendant l’AG. Mais la direction du groupe a refusé de lui communiquer les pièces demandées. En parallèle la personne chargée de vérifier le bon déroulement de l’assemblée (un administrateur de DNCA) avait instamment requis d’avoir accès à l’intégralité des votes. Ce que la direction a également refusé, renvoyant l’accès au document à 2019, ce qui pourrait cacher quelques surprises.

Certains achats de titres paraissent suspects aux yeux de la direction de Lagardère. À ce titre plusieurs plaintes ont été déposées pour délits d’initiés contre les trois fonds contestataires.

Voir aussi

Infographie : le groupe Lagardère

Attitude ambiguë du Qatar

Plus fâcheux pour le groupe, le Qatar se serait apprêté à voter contre la direction avant de se raviser. Dans un premier temps le fonds Qatari QIA a bien voté contre les deux administrateurs soutenus par la direction avant de changer son fusil d’épaule et de soutenir ces mêmes administrateurs quelques jours plus tard.

Officiellement les relations sont depuis redevenues excellentes avec le QIA et ses représentants. Mais en votant d’abord contre la direction puis en sa faveur, les Qataris ont envoyé un avertissement à Arnaud Lagardère. Avertissement sans frais pour le moment…

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