Observatoire du journalisme (OJIM)
Philippe Bouvard
Carte d'identité
Naissance
6 décembre 1929, Coulommiers (Seine-et-Marne). Décédé le 24 août 2026, Cannes (Alpes-Maritimes), à 96 ans
Formation
Scolarité chaotique dans plusieurs lycées parisiens, trois échecs au baccalauréat ; bref passage au Centre de formation des journalistes (1948), dont il est renvoyé. Autodidacte revendiqué
Fonctions
Journaliste, chroniqueur, rédacteur en chef et directeur de rédaction ; animateur et producteur de radio (« Les Grosses Têtes », 1977-2014) et de télévision (« Théâtre de Bouvard ») ; écrivain, dialoguiste, auteur de théâtre ; directeur de Bobino (1990-2006)
Médias
Le Figaro, France-Soir, Paris Match, Le Point, Nice-Matin, Le Figaro Magazine, Radio Luxembourg/RTL, Europe 1, Antenne 2, La Cinq, TF1, France 2, Paris Première, TV5MONDE
Réseaux
Le monde du spectacle et les grands médias de la seconde moitié du XXe siècle : la troupe des « Grosses Têtes » (de Jean Dutourd à Olivier de Kersauson), la génération de comiques révélée par le « Théâtre de Bouvard » (Mimie Mathy, Muriel Robin, Les Inconnus…)

Philippe Bouvard

L'oursin bonhomme qui avait toujours le dernier mot

Mis à jour le 25 août 2026 Temps de lecture : 16 min

Journaliste de presse écrite, patron de rédaction, homme de radio, présentateur et producteur de télévision, écrivain, auteur de théâtre, dialoguiste, directeur de salle et joueur invétéré : Philippe Bouvard, mort le 24 août 2026 à Cannes à 96 ans, aura pratiquement tout essayé.

Derrière l’« oursin » qu’il aimait mettre en scène se cachait un personnage beaucoup plus bonhomme, bourreau de travail, amoureux du français et doté d’une répartie qui lui permettait de transformer presque chaque contrariété en bon mot. Pendant plus de soixante-dix ans, il aura traversé presque toutes les mutations des médias français sans toutefois se convertir au numérique et aux réseaux sociaux.

Sa famille et une enfance traversée par la guerre

Philippe Pierre Louis Bouvard naît le 6 décembre 1929 à Coulommiers. Il est le fils unique de Marcel Bouvard et d’Andrée Gensburger, opticienne issue d’une famille juive alsacienne. Son père quitte le foyer le jour de sa naissance. Sa mère se remarie en 1939 avec Jules Luzzato, tailleur pour hommes et petit-fils de rabbin, qui devient son père adoptif.

La Seconde Guerre mondiale marque profondément son enfance. Jules Luzzato, engagé dans la Résistance, est arrêté par la Gestapo en 1942 après avoir fourni des vêtements civils à des déserteurs allemands. Il est finalement libéré après l’intervention de Si Kaddour Benghabrit, recteur de la Grande Mosquée de Paris. Philippe Bouvard et sa mère passent une partie de la guerre à se cacher et à multiplier les déménagements pour échapper aux arrestations.

En 1953, il épouse Colette Sauvage. Le mariage durera plus de soixante-dix ans. Deux filles naissent de cette union, Dominique en 1954 et Nathalie en 1964. Philippe Bouvard reconnaîtra avec une franchise assez peu sentimentale que son obsession du travail ne lui avait pas permis d’être aussi présent qu’il l’aurait souhaité auprès de ses enfants. Son épouse Colette est celle qui annonce sa mort à RTL, le 24 août 2026.

Formation : le cancre qui voulait écrire

La réussite de Bouvard est aussi une revanche sur l’école. Il fréquente une succession impressionnante d’établissements parisiens : Rollin, Chaptal, Condorcet, Carnot, Janson-de-Sailly ou Claude-Bernard, avec une assiduité relative et plusieurs renvois.

À huit ans, il aurait découvert sa vocation d’écrivain en apercevant Jean Cocteau sur la Croisette. En janvier 1944, adolescent, il crée déjà son propre journal de lycée, Schola 44, dans lequel il publie éditoriaux et nouvelles.

Puis viennent trois échecs au baccalauréat. En 1948, il parvient malgré tout à entrer au Centre de formation des journalistes. L’expérience tourne court. Il est renvoyé quelques mois plus tard avec cette appréciation devenue légendaire : « N’est pas doué pour le journalisme mais réussira dans les professions commerciales ». La direction avait notamment découvert qu’il faisait payer certains camarades pour rédiger leurs devoirs.

Le service militaire lui fournit sa première véritable rédaction : en Allemagne, il crée et dirige Kléber Digest, le journal de son régiment. Avant de vivre de sa plume, il vend également des encyclopédies et des lunettes de soleil.

L’élève médiocre était surtout un autodidacte vorace. Jacques Balutin, un compère des Grosses Têtes, résumera plus tard le paradoxe : Bouvard possédait « une énorme culture » grâce à une mémoire exceptionnelle et à une puissance de travail peu commune.

Du garçon de courses au patron de presse

Si la mémoire collective a surtout retenu l’homme de radio, Philippe Bouvard se considérait d’abord comme un journaliste de presse écrite.

En 1952, il entre au service photographique du Figaro comme garçon de courses. Il profite de cette position subalterne pour écrire des légendes, obtenir un stage aux informations générales puis décrocher sa carte de presse le 5 janvier 1953. Quelques mois plus tard, il entre dans le monde beaucoup plus réjouissant pour lui de la chronique parisienne et mondaine.

Vernissages, premières, restaurants, artistes et politiques deviennent sa matière première. Il comprend vite que l’information mondaine gagne à être relevée d’une pointe de vinaigre. Sa plume, courte, ironique, volontiers vacharde, devient suffisamment identifiable pour lui valoir le prix de la Chronique parisienne en 1957.

Il restera plus de vingt ans au Figaro, dont il dirige notamment les pages parisiennes de 1962 à 1973. Puis il rejoint France-Soir, encore au sommet de sa puissance. Il y occupera successivement des fonctions de rédacteur en chef, directeur de la rédaction, éditorialiste et directeur général adjoint.

Cette époque est celle d’une presse prospère et de journalistes vedettes. Bouvard travaille partout, tout le temps. Sa voiture devient un véritable bureau roulant équipé de téléphones afin que les embouteillages ne lui fassent pas perdre une minute. À l’INA, il résume son statut avec une formule parfaitement bouvardienne :

« Je ne suis pas le journaliste le mieux payé. Je suis seulement celui qui travaille le plus ».

Le cumul devient une méthode. Il collabore à Paris Match de 1977 à 1992, au Point, à L’Express, puis signe pendant quatorze ans un billet quotidien dans Nice-Matin. Lorsque celui-ci disparaît fin 2017 pour raisons économiques, il rédige lui-même son épitaphe professionnelle : « Je me suis moi-même salué, à défaut de l’être par mes employeurs ». Il conserve également jusqu’en 2020 un bloc-notes dans Le Figaro Magazine.

À 88 ans, après 5 225 billets pour Nice-Matin, il lance encore dans Le Figaro : « Billettiste relativement expérimenté […] cherche petit boulot ». Le journalisme n’était manifestement pas seulement son métier, mais sa manière de remplir les journées.

RTL et les « Grosses Têtes » : son royaume

Bouvard commence à intervenir sur Radio Luxembourg au début des années 1960. En 1965, il y tient une « Chronique parisienne ». Après le passage de la station au nom de RTL, il anime « RTL Non Stop », sorte de music-hall radiophonique, de la fin des années 1960 au milieu des années 1970. Une tentative de le transformer ensuite en journaliste plus sérieux au journal de 13 heures fonctionne beaucoup moins bien.

Jean Farran, patron de RTL, comprend que Bouvard est meilleur amuseur que présentateur hiératique. Le 1er avril 1977, date prémonitoire, naissent les « Grosses Têtes ».

Le concept paraît presque rudimentaire : quelques personnalités autour d’une table, des questions de culture générale, beaucoup de digressions et le droit de faire rire avant d’avoir raison. Jean Dutourd, Jacques Balutin, Roger Pierre et Jean Lefebvre figurent parmi les premiers participants. Puis viennent Jacques Martin, Thierry Le Luron, Thierry Roland, Alice Sapritch, Léon Zitrone, Jean Yanne, Olivier de Kersauson, Philippe Castelli et quantité d’autres. La culture sérieuse se mélange au calembour, à la grivoiserie et au rire de bistrot.

L’émission devient un phénomène populaire. À la fin de l’ère Bouvard, elle réunit encore près de deux millions d’auditeurs quotidiennement. Surtout, elle construit une communauté. Le patron distribue les bons et mauvais points, se moque de ses sociétaires, se fait moquer en retour et sait que son embonpoint, son âge, son argent ou ses manies constituent une matière comique comme une autre.

Sa rapidité de répartie fait partie du spectacle. En septembre 1985, un déséquilibré lui tire dessus à plusieurs reprises à la sortie de RTL. Bouvard, légèrement blessé, racontera ensuite avoir repéré l’homme dans le public les jours précédents : il était « le seul à ne jamais rire ». Même les faits divers finissent chez lui en chute de chronique.

En 2000, RTL veut rajeunir l’émission et le remplace par Christophe Dechavanne. Bouvard rejoint brièvement Europe 1. Neuf mois plus tard, l’expérience Dechavanne ayant échoué, RTL rappelle son ancien patron. Il retrouve son fauteuil en février 2001.

Le deuxième départ, en 2014, est plus définitif et plus douloureux. Laurent Ruquier lui succède après trente-sept ans de règne. Bouvard vit mal ce qu’il considère comme une éviction et ne s’en cache guère. Il demeure néanmoins à RTL avec « Allô Bouvard », puis de courtes chroniques et des émissions de souvenirs.

En juin 2024, il annonce enfin qu’il quittera définitivement le micro au 1er janvier 2025 : soixante ans de radio et soixante ans à RTL. « J’ai beaucoup aimé la radio, et la radio me l’a bien rendu », résume-t-il, bon joueur.

La télévision : interviewer, amuser et découvrir

La télévision lui offre une deuxième carrière parallèle.

Avec « Samedi soir », diffusée sur la deuxième chaîne de l’ORTF puis Antenne 2 au début des années 1970, Bouvard invente en partie la télévision de conversation mondaine. Depuis Maxim’s, il reçoit acteurs, chanteurs, écrivains, sportifs et politiques. Le ton est rapide, insolent, parfois cruel. L’INA décrit déjà un intervieweur « sagace, ironique, vif et impertinent ».

Mais sa principale réussite télévisuelle reste le « Théâtre de Bouvard ». À partir de 1982, Antenne 2 lui confie une quotidienne où de jeunes inconnus viennent jouer leurs sketches. L’émission devient un immense vivier : Mimie Mathy, Muriel Robin, Michèle Bernier, Isabelle de Botton, Chevallier et Laspalès, Pascal Légitimus, Didier Bénureau, Laurent Baffie, Didier Bourdon ou Bernard Campan y font notamment leurs premières armes. L’INA rappelle que le programme a servi de véritable tremplin à toute une génération.

Bouvard n’a pourtant rien du professeur bienveillant distribuant les encouragements. Lors des auditions, si le rire n’arrive pas assez vite, il coupe. Mais derrière la rudesse de la sélection se trouve aussi un vrai talent pour reconnaître une personnalité comique.

La formule connaîtra plusieurs déclinaisons sur Antenne 2, puis sur La Cinq. Certaines fonctionneront moins bien. Il apparaîtra ensuite sur TF1, France 2, France 3, Paris Première et, beaucoup plus tard, TV5MONDE. À 95 ans, en mai 2025, il donnait encore à cette dernière ses « Dernières confidences ».

Un touche-à-tout qui n’aimait pas perdre une minute

Bouvard rêvait d’être écrivain. Il est devenu célèbre comme amuseur. Cette légère frustration l’accompagnera toute sa vie.

Il publie plus de cinquante ouvrages, certains décomptes en recensent davantage, romans, souvenirs, recueils de chroniques, dictionnaires, livres sur le jeu ou sur la mort. Parmi les titres les plus caractéristiques : Carnets mondains, Un oursin dans le caviar, Impair et passe, Je suis mort, et alors ?, Je crois me souvenir…, Bouvard de A à Z, Mes dernières pensées sont pour vous ou Des grumeaux dans la passoire.

Son autodérision l’empêche toutefois de se prendre pour un grand écrivain : « Avoir autant écrit sans laisser une œuvre, c’est une belle performance », lâchait-il devant les caméras.

Il écrit aussi des dialogues de cinéma, des pièces de théâtre et des sketches, exerce un temps comme attaché de presse chez Barclay, joue son propre rôle dans L’Aile ou la Cuisse de Claude Zidi et dirige Bobino de 1990 à 2006.

De cette aventure, il dira qu’elle fut à la fois son meilleur souvenir et sa plus mauvaise affaire.

Le jeu constitue son autre grande passion. Roulette, baccara, blackjack, craps, poker, loterie : Bouvard aime les casinos au point de leur consacrer plusieurs livres. Collectionneur, amateur de belles voitures et de livres rares, il possède longtemps un patrimoine à l’image de la presse prospère qu’il avait connue. En 2016, il disperse quelque 4 000 livres, éditions rares et autographes. Sa formule, là encore, vaut mieux qu’un long commentaire : « Je pensais que ce seraient mes héritiers qui vendraient tout ça ; finalement je suis mon propre héritier ».

L’oursin et la bonhomie

Son personnage médiatique repose sur une contradiction efficace. Bouvard cultive l’image de l’« oursin », titre qu’il décline lui-même dans plusieurs ouvrages. La pointe est toujours prête. Les puissants, les confrères, les célébrités et surtout lui-même peuvent recevoir le coup d’aiguille.

Mais la méchanceté n’explique pas seule une telle longévité. L’homme a aussi une forme de bonhomie, un plaisir évident à être entouré et à faire circuler la parole. Dans les « Grosses Têtes », il ne cherche pas systématiquement à être celui qui fait rire : il organise le rire des autres. C’est sans doute l’une de ses qualités les plus durables.

Son humour est celui d’une génération où l’on sépare moins nettement culture générale, plaisanterie grivoise et insolence. La règle d’une émission spéciale des « Grosses Têtes » résumait assez bien l’esprit : « dire n’importe quoi, mais très joyeusement et très vite ».

Cette liberté de ton a naturellement vieilli par endroits avec la réduction du champ de la liberté d’expression en France, c’est notamment le cas d’une chronique consacrée aux personnes « transgenres » qui provoque les critiques de plusieurs médias de gauche et d’associations LGBT.

Bouvard n’a jamais vraiment cherché à rajeunir artificiellement son personnage. Il préférait assumer son époque, quitte à apparaître démodé.

Convictions et positionnement

Philippe Bouvard n’a jamais construit sa notoriété autour d’une appartenance politique. Il a fréquenté présidents, ministres, grands patrons, artistes et écrivains, mais son activité publique demeure celle d’un journaliste et d’un amuseur davantage que celle d’un militant.

Sa conviction la plus clairement affichée concerne finalement son métier et la langue française. En 2024, à Cannes, alors qu’on le qualifie d’« amoureux des mots », il répond : « Mes plus grandes ambitions ne se situent pas ailleurs que dans le respect du français ».

Spirituellement, il se disait agnostique, regrettant presque de ne pas parvenir à croire. Lors d’une interview avec Thierry Ardisson en 1991, il évoquait précisément ce « regret de ne pas avoir eu la foi ».

Il appartient surtout à une certaine France médiatique : celle des journaux puissants, des restaurants où se croisent journalistes et ministres, de la culture générale populaire, du trait d’esprit, de la conversation et d’un humour qui refuse de demander préalablement l’autorisation de rire.

Ce qu’il gagnait

Philippe Bouvard a indiscutablement très bien gagné sa vie durant les décennies fastes de sa carrière, mais aucune donnée suffisamment solide ne permet d’établir précisément ses revenus sur l’ensemble de sa vie professionnelle.

Il a lui-même beaucoup joué de son goût du luxe : maisons, voitures, chauffeur, bibliothèque importante, casinos. Le paradoxe est qu’il présentait ces signes extérieurs sans véritable complexe tout en affirmant devoir surtout son niveau de vie à une quantité de travail hors norme.

À partir des années 2010, il reconnaît au contraire la baisse de ses revenus. En 2016, lorsqu’il vend sa maison parisienne et une partie de ses collections, il invoque notamment « des impôts qui augmentent » et « des revenus plutôt en baisse ».

Prix et récompenses

Très tôt, sa plume est récompensée. Il reçoit le prix de la Chronique parisienne en 1957, puis le Grand Prix de l’Académie de l’humour en 1962 pour Carnets mondains. En 1973, Un oursin dans le caviar reçoit le prix Scarron.

Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 2005 et devient commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres en 2019. En 2014, il reçoit également un Laurier d’or de la radio pour les « Grosses Têtes » et l’ensemble de sa carrière.

Sa nébuleuse

La nébuleuse Bouvard couvre pratiquement tout le spectacle français de la seconde moitié du XXe siècle.

Le premier cercle est celui de la presse écrite : Le Figaro, France-Soir, Paris Match, Le Point, Nice-Matin et Le Figaro Magazine. Bouvard appartient à cette génération où un journaliste pouvait être simultanément reporter, chroniqueur, patron de rédaction et vedette.

Le deuxième est celui de RTL. Jean Farran lui donne les « Grosses Têtes », et autour de lui défilent Jean Dutourd, Jacques Martin, Thierry Le Luron, Jacques Balutin, Alice Sapritch, Léon Zitrone, Philippe Castelli, Jean Yanne, Olivier de Kersauson, Sim, Bernard Mabille ou Jean-Jacques Peroni. La troupe constitue pendant des décennies une sorte de Comédie-Française du rire radiophonique.

Le troisième est celui du « Théâtre de Bouvard », qui fait de lui un véritable découvreur : Mimie Mathy, Muriel Robin, Michèle Bernier, Pascal Légitimus, Didier Bourdon, Bernard Campan, Chevallier et Laspalès ou Laurent Baffie passent par son émission.

Le quatrième est celui des écrivains et des hommes d’esprit. Il collectionne les éditions rares, admire Flaubert, Jules Renard et Sacha Guitry, entretient des relations avec des académiciens et fait de la formule courte une discipline presque littéraire.

À sa mort, cette descendance médiatique se manifeste immédiatement. Laurent Ruquier, malgré les relations compliquées nées de sa succession en 2014, le qualifie de « maître », Jean-Pierre Foucault de « notre maître à tous » et Mimie Mathy rappelle combien le « Théâtre de Bouvard » fut déterminant pour elle.

Il l’a dit

«Je ne suis pas le journaliste le mieux payé. Je suis seulement celui qui travaille le plus » – portrait INA, 1977.

« Avoir autant écrit sans laisser une œuvre, c’est une belle performance » – portrait sur France 2, 2000.

« J’ai été un jeune sacripant, mais pas flemmard, avant de devenir un vieux con, mais pas blasé » – Je crois me souvenir…, 2013.

« Les Grosses Têtes, ce n’est pas un travail, c’est une partie de ma vie » – RTL.

« Je me suis moi-même salué, à défaut de l’être par mes employeurs » – après la fin de sa chronique dans Nice-Matin, 2017.

« J’ai beaucoup aimé la radio, et la radio me l’a bien rendu » – RTL, 2024.

« Mille vies, c’est peut-être beaucoup, mais j’en ai eu au moins 500 parce que j’ai fait tous les métiers » – RTL, 2024.

Ils l’ont dit

« Il a une énorme culture […] c’est un autodidacte […] une puissance de travail phénoménale » – Jacques Balutin, portrait de France 2, 2000.

« Il a créé l’impertinence à la radio et à la télévision » – Laurent Ruquier, RTL, 24 août 2026.

« Philippe a su mettre à la portée de tous la culture générale » – Jean-Pierre Foucault, 24 août 2026.

« Il m’a surtout mis le pied à l’étrier pour continuer depuis quarante ans » – Mimie Mathy, 24 août 2026.

« Philippe Bouvard aura accompagné des générations de Français par sa voix, son esprit, sa liberté de ton et son humour » – Emmanuel Macron, X, 24 août 2026.

La plus belle définition revient peut-être à Bouvard lui-même. À 94 ans, l’INA ressortait une réponse donnée près d’un demi-siècle auparavant à la question de son rêve : vivre « aussi vieux et longtemps que mes victimes ». L’oursin avait presque réussi son dernier bon mot, il emporte avec lui une époque qui semble désormais bien lointaine et dont Drucker et Jean-Pierre Foucault semblent être les derniers représentants encore en activité.

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La rédaction de l'OJIM
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Derrière cette signature collective : les contributeurs réguliers et correspondants de l'Observatoire du journalisme. Enquêtes à plusieurs mains, veille quotidienne, portraits actualisés : le travail de fond qui ne porte pas toujours un nom, mais toujours une méthode.

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