Emmanuel Lechypre
Djamel Mazi

Djamel Mazi : l’« indic de Sarko » en banlieue

Né en 1986 à Argenteuil de parents algériens, Djamel Mazi a été relié au journalisme par les réseaux de la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007. Passé par M6 ou encore i>Télé, il a intégré les codes du milieu et s’est imposé comme l’un des visages de l’information en continu. Contributeur de la nouvelle chaîne d’informations en continu publique France Info, il se présente comme un héraut de la diversité dans l’audiovisuel français.

Formation

Primaire et secondaire à Argenteuil (école Anatole France de 1991 à 1997, collège Claude Monet de 1997 à 2001, lycée Jean Jaurès de 2001 à 2004), licence de droit à l’université de Cergy-Pontoise (2005-2006), puis centre de formation professionnelle des journalistes (Paris) de 2007 à 2009

Parcours professionnel

  • Il est stagiaire à la rédaction parisienne d’Europe 1 en 2007
  • pendant ses études au CFPJ, il est journaliste pour la rédaction d’Enquête Exclusive à C.Productions filiale de M6.
  • De juillet 2009 à avril 2014 il est journaliste à M6, d’abord à Paris où il participe au 6 minutes, fait des reportages pour le pilote du 19.45 puis le lancement de ce journal. Puis il est correspondant permanent à Lille (Nord-pas-de-Calais / Benelux) pour les journaux de 12.45 et 19.45. Puis il réalise de nombreux reportages sur des affaires sociales et judiciaires d’actualité. Il se fait remettre à l’automne 2014 le grand prix jeune journaliste 2014 du club de la presse Nord – Pas de Calais.
  • De juillet à octobre 2014, il est pigiste au desk de BFMTV (Montage, écriture et mixage de PAD, International – Politique – Société)
  • D’octobre 2014 à juillet 2016, il est à i>Télé (groupe Canal+) où il sert de joker aux présentateurs d’i>Télé, réalise occasionnellement des chroniques d’actualité aux matinales de 5 à 7h et des reportages.
  • Depuis juillet 2016 il est présentateur de la chaîne d’information continue France Info.

Parcours militant

Il a fait partie de l’association Bleu Blanc Rouge, créée par des personnes issues des quartiers sensibles. Bien qu’elle se soit revendiquée neutre et apolitique, elle a été désignée comme vecteur du sarkozysme par Caroline Fourest : « Deux ans après ses propos sur les jeunes des quartiers, Nicolas Sarkozy a bien du mal à mettre un pied en banlieue […] Alors Sarkozy a fait dans le “neuf-trois” comme on fait dans le “neuf-deux“, il a sélectionné quelques bonnes têtes parmi la centaine de jeunes venus l’accueillir avec des insultes la dernière fois, leur a filé son carnet d’adresses, les a invités Place Beauvau et proposé une subvention de 20 000 euros. L’association s’appelle BBR (Bleu-Blanc-Rouge), comme la fête du FN (une vraie trouvaille). […] L’association, que certains ont rebaptisée “Les indics de Sarkozy“, est à peu près aussi populaire qu’un char homophobe à la Gay Pride, mais au moins Sarkozy a quelques têtes d’Arabes sur la photo. Grâce à la subvention et au carnet d’adresses de monsieur Sarkozy, l’association a trouvé cinq emplois pour des jeunes de quartiers, qui disent merci Sarko. »

Le Parisien (29/12/2006) en dit un peu plus. C’est en effet Djamel Mazi qui a été à l’origine de l’association BBR : «  Avec une poignée de copains, il avait eu le culot d’interpeller le ministre de l’Intérieur lors de sa visite nocturne sur la Dalle. Face à Nicolas Sarkozy, ils avaient évoqué leurs idées pour améliorer le quotidien de leur quartier et leurs difficultés à monter leur projet. Très vite, Djamel et ses copains ont été reçus très officiellement Place Beauvau, puis par le préfet du Val-d’Oise qui a organisé des réunions avec les différents acteurs de la vie locale ». Le journal affirme que l’association à peine déclarée a reçu « sans peine une subvention de 40 000 € au titre de la politique de la ville », ce qui est en partie confirmé par Djamel Mazi : « Il s’agit d’une subvention de démarrage de 20 000, le reste est dédié au salaire du coach chargé d’aider les jeunes à trouver leur voie ou même un emploi ».

Interrogé par Neworadio en juillet 2016, il revient sur cette expérience : « A l’époque, c’était à Argenteuil en 2005. J’ai fait toute ma scolarité là-bas, j’ai grandi là-bas. Le 11 octobre 2005, il y avait le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, qui était venu pour une visite surprise. Il s’est promené sur la dalle, il est arrivé en bas d’une tour et c’était au moment de ses propos sur  » la racaille ».  Ça ne m’a clairement pas plu et à partir de ça, on a eu une discussion un peu houleuse. Un membre de son cabinet de l’époque avait relevé mes coordonnées pour qu’on puisse se rencontrer, et lui faire des propositions. A l’époque j’étais jeune étudiant en droit à Cergy, et j’ai trouvé la proposition séduisante. On a pu lui faire quelques propositions relevant des problèmes qu’on retrouve dans les quartiers. On a aussi fait de nombreuses rencontres, on a organisé des tables rondes… Cette expérience a aidé du monde, ça a aussi permis à certaines personnes detrouver du travail. » Il affirme aussi dans cette interview avoir « participé à ces états généraux des banlieues et pas mal de tables rondes avec des invités de marques », et avoir pris ses distances lorsque Nicolas Sarkozy est devenu candidat à l’élection présidentielle.

Collaborations

  • Alors qu’il est « stagiaire à M6 », il est cité parmi les membres et experts de la Maison de l’Union Méditerranéenne, qui se réclame de l’Union pour la Méditerranée ébauchée alors par Nicolas Sarkozy comme une union calquée sur le modèle de l’UE pour les pays situés sur les deux rives de la Méditerranée ; ce projet finit par s’ensabler.
  • Il traduit de l’anglais des informations sur le football anglais pour le blog Relais du Foot
  • Il est aussi enregistré comme traducteur sur le site translated.net. Il traduit notamment de l’anglais, de l’italien et de l’espagnol vers le français, notamment des documents liés au tourisme, aux relations publiques et aux médias.
  • En décembre 2014, en partenariat avec l’association Force des mixités, il initie des jeunes d’Argenteuil au journalisme, afin de leur enseigner les règles auxquelles doit répondre un article (« Un article doit répondre aux questions qui, quoi, où, quand, pourquoi, comment… »), les « sensibiliser au journalisme », et «peut-être susciter des vocations », explique Djamel Mazi au Parisien.
  • Djamel Mazi a aussi participé à plusieurs reprises (notamment le 13/3/2016 à Nantes) à la Dictée des cités, créée par Abdellah Boudour, militant associatif d’Argenteuil qui préside l’association Force des mixités, qu’il a lancée en 2005. Comme Djamel Mazi, Abdellah Boudour a eu une brève aventure politique rappelée par Streetpress (6/7/15) « quand un cabinet ministériel de droite l’appelle en 2008 et lui demande d’organiser des rencontres dans les quartiers ».
  • Depuis 2010, il a créé une société de production de films.
  • Sur son profil Facebook il affirme avoir été juriste stagiaire au Ministère de l’Intérieur [probablement pendant ses études de droit, avant 2007] et avoir écrit pour le Midi Olympique.

Publications

Il n’a pas écrit de livre.

Ce qu’il gagne

Non renseigné (il gagnait entre 1800 et 2000 € net comme journaliste polyvalent pour M6 dans le Nord, selon le club de la presse du Nord-pas-de-Calais).

Sa nébuleuse

Il l’a dit

« Ces nombreuses chaînes d’infos, à l’image des nombreux magazines ou autres supports, ça laisse augurer de la bonne santé de la démocratie selon moi. On va se retrouver avec quatre chaînes d’infos à la rentrée, c’est beaucoup, mais je comprends aussi la démarche du service public, qui a envie d’avoir sa propre chaîne d’informations. Au niveau des audiences, et en France comme ailleurs, les chaînes d’infos réunissent en moyenne 3% de part de marché. BFM fait 2 points d’audience, ITELE autour de 1 point et LCI 0.2. Donc effectivement, on peut se demander comment cette nouvelle chaîne trouvera son public », Newvoradio, 14/7/2016

« A titre personnel, un mort en France ou à Bagdad, c’est la même chose. Après il y a cette fameuse règle du mort au kilomètre, qui fait qu’un événement plus proche géographiquement est supposé être plus concernant. Au fur et à mesure, cette règle devient de plus en plus désuète parce que les gens sont de plus en connectés, et ont de l’information en temps réel sur les réseaux sociaux », ibid.

« Mes parents sont nés en Algérie avant d’arriver en France. Pour eux, c’était difficilement imaginable que leur fils devienne journaliste. C’est un parcours déjà conséquent qui a été fait au fil des années. Quand on parle avec les patrons de chaînes, ils disent que la diversité c’est important pour eux mais qu’ils ont du mal à trouver les candidats. Il y a une barrière sociale aussi pour que la télévision soit le miroir de la société. Je reste optimiste sur cette question, ça va bientôt faire dix ans que je travaille dans ce milieu et je vois de plus en plus de diversité, ça évolue dans les rédactions. », ibid.

« Raconter des histoires humaines…c’est pourquoi j’ai choisi ce job ! », sur le réseau social des journalistes de l’audiovisuel Paf&Co. Il s’y est inscrit le 22/5/2013.

«  Nous avons très peu de temps pour réaliser les vidéos du midi. Il est difficile de trouver un interlocuteur avant les horaires d’ouverture des bureaux, généralement à 9h00, et nous prenons souvent la route sans savoir si quelqu’un pourra nous recevoir et nous renseigner », Club de la Presse NPDC 30/9/2011

« Les journalistes parisiens ont tous fait leurs armes en province. A Paris, tout le monde se tire dans les pattes, alors qu’ici nous avons de bons rapports avec nos confrères des autres rédactions. Nous travaillons avec eux en bonne intelligence », idem

« BBR est totalement apolitique. On s’est adressé à Nicolas Sarkozy en tant que ministre et non au président de l’UMP ni au candidat à l’Elysée. Nous avons été invités à Bordeaux [au forum de l’UMP en 2006] , mais c’était vraiment à titre personnel et un seul membre de l’association a pu s’y rendre. Si le PS ou le FN nous invitaient, on irait aussi ! […] C’est clair, si j’étais un citoyen lambda, je me dirais qu’on a été récupéré, concède-t-il. Mais il nous fait profiter de son carnet d’adresses. Si ça peut être pour lui un argument à des fins électoralistes, il fait ce qu’il veut, du moment que nous, on avance… », Le Parisien, 29/12/2006

On l’a dit à son sujet

« En octobre 2005, les banlieues s’enflamment. Le ministre de l’Intérieur se rend à Argenteuil dans le Val-d’Oise. Excédé par les huées et les projectiles, il traverse péniblement une dalle d’une centaine de mètres. Entouré de journalistes et de gardes du corps, Nicolas Sarkozy s’arrête un instant et s’adresse à un groupe d’habitants réfugiés sur un balcon : ”Vous en avez assez de cette bande de racailles, et bien on va vous en débarrasser”. Conseillère chargée de la prévention de la délinquance, Rachida Dati, qui a joué le rôle de rabatteuse de réseaux en banlieue, avait minutieusement préparé ce déplacement à Argenteuil en se branchant avec un jeune du quartier, Djamel Mazi, à qui elle propose un contrat de qualification à la chaîne de télévision M6. A la tête d’une association bleu-blanc-rouge, il joue donc les jeunes et polis interlocuteurs du ministre plongé en apnée dans cette banlieue hostile. La mise en scène est réussie. L’échange fort courtois a bien lieu à la fin de la visite ministérielle. Djamel Mazi est aujourd’hui un des journalistes vedettes d’i>Télé ». Nicolas Beau, les Beurgeois de la République, 2016. Nicolas Beau est journaliste et rédac-chef de Mondafrique.

Il est épinglé par Arrêts sur Images, en date du 22 septembre 2016 : « Mercredi, 13h01, en ouverture du journal de 13 heures de la chaine publique d’info en continu : les 15 ans de l’explosion de l’usine AZF. Pour rendre compte des commémorations qui se préparent ce jour à Toulouse, le reporter de France 3 Pyrénées est en duplex depuis la ville rose : “Nicolas Albrand bonjour, vous êtes avec nous en direct…”, lance face caméra le présentateur Djamel Mazi depuis le plateau. “Vous êtes avec nous en direct“, vraiment ? Mais d’où nous vient cette étrange impression de déjà-vu ? Rembobinons… Même jour, même chaîne, une demi-heure plus tôt. Ouverture du journal de 12h30 : “Bienvenue sur Franceinfo, si vous nous rejoignez. A la une de ce nouveau journal, ce triste anniversaire (…) Nicolas Albrand bonjour, vous êtes avec nous en direct…Non, vous ne rêvez pas. Il s’agit bien de la même séquence. La première fois, en direct (du moins on ose l’espérer), la seconde fois toujours présentée comme “en direct” alors qu’il s’agit… d’une rediffusion. Comment donc ? La nouvelle chaîne d’info publique en continu diffuserait donc des flash info… en différé ? A @si, on a vérifié. De fait, ce mercredi 21 septembre, le journal de 13 h de France Info n’est autre qu’une simple rediffusion de celui de 12h30 ».

« C’est aussi un homme qui monte du côté de Boulogne-Billancourt. Joker depuis son arrivée à iTELE, il assure de plus en plus de remplacements. Petit point faible : le duo avec Isabelle Moreau est moins rodé. Malgré tout, c’est lui qui assure le remplacement de Pascal Humeau depuis ce lundi », Newsroom.fr 29/6/2015, quand il était parmi les candidats pressentis pour prendre la suite de Pascal Humeau à la matinale des 5h d’i>Télé.

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Claude Chollet
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